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instants philosophie

La conscience et le présent de « ce qui est »

15 Novembre 2014, 10:55am

Publié par pascal doyelle

Dans tous les mondes particuliers humains (ceux qui précèdent la pensée grecque et le réflexif chrétien et affiliés), il existe toujours un contenu dénommé qui situe tout le reste. Par les grecs et par l’hypothèse de dieu, ce qui soutient la réalité est une formule vide et sans rien.

De même toute personnalisation, tout moi se con-fond avec un contenu ; le moi est dynamiquement ce qu’il croit qu’il est ; son contenu, son identité est ce qui l’attire hors du donné là de son corps (qu’il n’est jamais, qu’il ne peut pas être ; un moi est toujours dynamiquement ce qu’il intentionnalise).

Le sujet, soit donc la structure antérieure à tout moi, est de même que l’être ou dieu, une impossibilité ; ça ne peut pas exister dans un monde, puisque cela constitue le bord du monde. Par quoi la transcendance est toujours adéquate à l’immanence, qui est cela seul qui existe, qui soit donné « là ». Il n’existe que de l’immanence mais elle possède un bord.

Le bord pour chaque humanisation ou personnalisation est la conscience-de (elle fait retour et se nomme « de »), le bord pour la réalité, le monde, le ou les univers, est le présent. Le présentement est l’accélération univoque, unilatérale qui transcende tout le donné, comme la conscience-de, la structure est ce qui déporte incessamment n’importe quel contenu (de conscience) vers le réel.

La conscience-de, soit le réflexif, est articulé au donné là, ou donc au « là » du donné ; est articulée au réel, au pur présent, sans jamais le quitter, et tandis que celui-ci splitte totalement et irrémédiablement tout ce qui est ; provoquant ou détruisant toutes ces totalisations que sont les choses qui existent ou les êtres donnés déterminés.

Il est clair que puisque nous existons comme conscience-de, nous nous situons sur le bord du monde (et peut-être de tout monde, à voir), propulsant et éjectant tous les contenus, mais comme c’est invivable, on croit à certains contenus qui fixent, figent, autorisent qu’il y ait une réalité stabilisée. Dans la structure, le sujet ou le réel, on ne peut pas exister, vivre, respirer ; la structure à proprement parler, n’existe pas ; n’existe que les mois et les mondes. (mais en aucun monde ou moi n’existe de vérité qui serait comme un super contenu ou le sujet n’est absolument pas du tout un « super moi », ça n’a rien à voir).

Il n’est donc pas d’éternité ou de vérité, mais par contre il est absolument un pur présent et un sujet, une structure. Dont par ailleurs on ne sait pas du tout à quoi ils correspondent ; on ne sait pas « ce que ça donne » que ça puisse exister ainsi. Ça n’a probablement rien à voir avec ce que l’imaginaire ou l’irréalité des contenus ou de la logique des contenus (en synthèses de mondes particuliers humains ou de désir du moi) nous inspire ; apparemment c’est un devenir réel absolument perturbant.

Ce qui se dit vérité se tient et se maintient d’un être qui ex-siste, sort-de, et qui par vérité » entame la réalité par le réel. Ce qui signifie que dans les réalités, diverses, cet être (qui surgit de la cervelle ou qui surgit hors des mondes humains particuliers) crée une dimensioN de cohérence ; c’est ici et maintenant, dans l’ici même (de l’être et du sujet) que « cela » va exister. Nulle part ailleurs.

Ainsi en tel point (du réel et de la conscience-de) se constitue le réflexif ; ici et maintenant, ça existe. Point. Ça ne se soumet à rien d’autre. Ça ne croit plus aux contenus engendrés spontanément (en tel groupe humain ou en tel moi vécu, et bricolés)ça commence donc à élaborer des contenus qui n’en sont plus ; soit des idées et des machines intentionnalisatrices (les systèmes de philo, ou les éthiques, esthétiques, acculturations, personnalisations, les personnalisations sont des machines intentionnalisatrices). Tout cela ne compose plus un monde humain, parmi les autres ou en concurrence avec les autres, mais un seul monde unique universel démultiplié en interne (en élaborations de systèmes) à propos et à partir d’un seul être-nôtre (la conscience-de qui veut réaliser ici et maintenant le réflexif absolument ; le réflexif, cad « ce qui se rapporte à (soi) » ; est déjà absolument toujours exigeant et un par intentionnalisation, extensivité, intensité et densité, de la pensée, du sujet et du moi).

L’articulation conscience-de et présentement dresse immanquablement et radicalement (ça est ou ça n’est pas) la structure de cohérence limite de tous les mondes, tous les mois, tous les systèmes, toutes les potentialités ; au sens que cela crée la possibilité même. Puisque c’et notre-être qui se réalise, se réal-lise , se rend réel, il est à la racine même déjà de tout ce qui est possible et doit être nommé « puissance », cad potentialité (réservant par ailleurs une pensée de la virtualité, de la possibilité et de la réalisation ; soit « ce qui est constamment possible », puis le possible dans tel présent, puis le réel même de « ce qui est déjà »).

Il est ainsi une tension absolue et radicale, (il n’est rien qui soit antérieur puisque c’est l’antériorité même, nous sommes depuis les grecs dans la limite même au-delà de laquelle il n’est rien d’autre), et qui est à elle-même sa possibilité ; tout moi peut s’atteindre comme sujet (sachant bien que ça n’est ni un super moi, ni que ce sujet puisse exister, il se tient sur le bord du monde) et tout monde humain doit requérir la seule et unique possibilité (celle de l’universel et du libre pur et simple, dans le concret de son corps, de son incorporation qui est l’enjeu absolu de ces temps réels).

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