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instants philosophie

Le catalogue élaboré du réel

18 Novembre 2014, 11:22am

Publié par pascal doyelle

Notre histoire comme exploration de notre être point à point.

Si c’est notre être qui est dé-couvert par les grecs, repris par les chrétiens, Descartes, etc, alors nous sommes au bord du monde, cad de nous-mêmes, depuis ce début. De même tout moi, qui est la dernière acquisition (dans le renouvellement de la déjà acquise universalisation et humanisation) est au bout de lui-même ; au bout du rouleau.

Un moi parcourt ses limites, constamment ; sa synthèse, qui est sa logique, qui est son bricolage, se heurte aux murs. Sa synthèse est elle-même le pivot articulatoire qui le délimite et l’enserre autant qu’il rend possible qu’une conscience soit à ce point, à ce degré de précision.

De précision parce qu’à partir de la pensée grecque qui ciblait naturellement le plus haut et la plus élevée analyse (du Un engendrant les séparations intentionnalisatrices), le réflexif veut atteindre l’épaisseur même du donné là, soit par les précisions de la détermination du connaitre (qui n’est pas le savoir, le se-savoir de la structure), soit par l’incorporation, par le moi.

Le bord du monde tend ainsi à se replier sur la matérialité ; au sens de matérialisation. Non pas matérialisation d’un contenu éthéré qui s’incarnerait dans la « matière », mais au sens d’une forme (bord du monde) qui s’invente comme matérialisation et ce en empruntant tous les chemins de la matérialité donnée là ; autrement dit cela aboutit à poursuivre, à ajouter à la matérialité.

La séparation qui voulut que la pensée soit autre que la réalité (et qui ne fut jamais tout à fait cette caricature figée, le monde participe des idées qui animent qui sont le vivant, le vif, le dynamisme ordonné du monde donné là pour Platon, et dieu n’est pas pour le christianisme une désincarnation du monde mais au contraire de porter à son comble que ce soit un monde peuplé, etc) était un détour qui offrit que la démultiplication des signes qui marquèrent les intentionnalisations, en cette trame les données du monde pouvaient se saisir ou tout autant ces données apparaitre à notre regard par la pensée, mais aussi par la conscience de soi du vécu chrétien, par cette architectonique qui souleva le monde et le vécu, l’objectivité ensuite et les subjectivités ; ça n’est pas seulement la raison ou le christ ou Descartes ou Nietzsche ; c’est une dimensioN, perspective ouverte qui se révèle l’unique et la seule perspective, bien que de perspective ça en soit une…

Ça n’existe pas autrement que dans une perspective, sauf qu’elle est unique. Enfin unique, ici, en son point de vue.

Or cela ne signifie pas que la perspective générale soit un subjectivisme, mais que cette perspective est elle-même l’objectivité ou l’hyper-archi objectivité. Et que précisément c’est cela qui est en jeu ; que nous puissions nous saisir de cette archi perspective de manière objectivée.

Or cela en se peut évidemment selon le même mode de l’objet de « science » ; non pas quant à l’épistémologie même (puisqu’il s’agit de connaitre, il faut connaitre), mais selon l’objet réel lui-même ; les sciences s’ajustent à un objet extérieur. La technologie qui permet d’approcher cet objet réel qu’est notre être, ne peut pas se contenter de le transformer en objet extérieur mais doit tenir compte de sa nature même ; ce à quoi prédispose …la philosophie même et depuis le début. Depuis le début ça n’est pas que ça mêle allégrement objectivité et subjectivité (qui n’apparaissent au fond que bien tardivement, les grecs ignorent cette séparation mais traitent de la pensée en une fois, en la considérant telle qu’elle s’apparait et de déploie), depuis le début ça s’engendre comme devenir ultra réel et provocateur ; ce qui signifie « ayant des effets », des tas d’effets.

Autrement dit ; on regarde de haut et on condamne la pensée ou la philosophie ou les grands sujets en reléguant tout cela par une sorte de mélange mal assorti d’un peu de tout, un réductionnisme généralisé, alors qu’en réalité ce qui est arrivé, l’ensemble de toute la structure et de toutes les substructures qui se sont exposées, montrées et parfois démontrées, sont celles effectivement réelles et actives ; c’est seulement qu’au terme (ou un des terme) de ce devenir structurel, prenant assise sur ce seul sol du moi ou de la science ou de la raison limitée ou de l’objectivisme, nous ne parvenons plus à remonter dans cela même qui nous architecture.

Le moi et la scientificité (qui fonctionnent en leur périmètre) n’atteignent pas ce qui pourtant a pu les causer, les développer ; ni le moi ni les sciences ne tiennent, ne s’installent et ne s’organisent hors des cadres très certains (d’une part l’universel et d’autre part le statut de sujet).

Ce dénigrement (qui fut bien utile s’agissant de récupérer, de réaliser les formulations de science et de personnalisation) est d’autant plus absurde que nous disposons du catalogue raisonné (pour ainsi dire) le plus complet quant aux devenirs et aux potentialités de l’universel d’une part et du devenir sujet d’autre part … nous avons passé 25 siècles à en élaborer toutes les coutures.

Notre pensée, le réflexif, l’archi réflexivité par quoi elle s’est produite, s’utilise précisément de cet exister qui a radicalement mis au jour notre être tel quel, ayant exploré et navigué en toutes ses possibilités. Toute cette acculturation qui est nôtre (et qui peut tout à fait s’adjoindre aux réflexivités de tous les autres mondes humanisés, s’adjoindre à ce qui de réflexif on y découvre) est donc le connaitre effectivement réalisé qui s’est déployé à partir du savoir, du se-savoir de la structure (on a vu la différence entre le savoir et la connaissance).

Puisqu’elle est le réflexif (sur son mode déployé, exprimé par les grecs uniquement mais qui « attendait » la révélation que le réflexif soit aussi la re-prise de notre existence, par le christianisme, qui est l’autre structure majeure de ce réflexif, qui expose notre existence en une fois mise sous le nez de la conscience, de la vie à la mort par cette re-énonciation selon l’esprit, cad selon l’hyper intense intentionnalisation, qui s’avance vers les Sujets comme nouvelle réflexivité, cartésienne d’abord), ce sera donc selon ces deux modes ; l’archi réflexif grec et l’hyper réflexif chrétien.

Le moi n’envisage les deux modes que sous sa propre incapacité ; l’Etre serait un gros objet amorphe du désir ou le sujet serait une chosification (du vivant, du corps, de la cervelle, de l’ordre sociétal, de l’inconscient, de la volonté fantasmée, etc). Alors qu’en fait l’être était la formule structurelle complexe et tordue dans l’archi réflexif grec (qui restructure incessamment selon les systèmes l’intentionnalisation extensive de la pensée au sens propre, tendu vers l’être, cad vers le Réel) et le sujet est l’approfondissement, l’intensité radicale, l’activisme de toute conscience effectivement réelle (sujet fondamental descriptif de Descartes, sujets et grands sujets qui suivront, fous, démontés, explosés, cruels ou d’une difficulté effroyable à concevoir et à vivre, qui s’insupportent du monde, du corps, du moi, de l’humain).

L’incapacité du moi et de l’objectivisme (soit donc de ce clivage qui détruit la pensée et l’être, le sujet et la structure, entre subjectivisme et objectivisme) a re-entrer à nouveau dans la structure (et d’abandonner son ambition éclatante, ébouriffée, d’abandonner l’universel et le sujet structurel) est à la fois un bien (le moi et l’objectivisme, des sciences ou de l’Etat, par ex, se déploient) et un terrible mal ; le moi et l’objectivisme se retrouvent dans l’incapacité de succéder à l’ambition, l’ampleur, et tournent en rond dans leurs limitation, celle là même qui les organisent …

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