Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

Le dressage du pur présent

13 Novembre 2014, 15:50pm

Publié par pascal doyelle

Chaque présent se dresse donc inlassablement (il est la fibre même de « ce qui est ») de haut en bas, et trace la séparation.

Si l’on élève ainsi le présent, ça n’est certes pas pour coller la limite, mais inversement afin de tout faire entrer le reste. Parce qu’en comparaison du présent tout est le reste.

Comme ça n’est pas si aisément vivable, on fait tout pour s’en échapper. La philosophie et depuis le début l’argumentation qui nous rend adaptables au présent et comme il est la clef et la porte, elle nous rend la réalité éventuellement possible. Non pas seulement les accords et désaccords qu’elle rend possible comme éthiques, esthétiques, politiques, connaissances et idéel, mais elle nous rend possible l’accord unique, celui dit ontologique (depuis Descartes, réservant métaphysique pour l’accord théorique ou théorétique recherché auparavant dans le discours et depuis Descartes via notre être, réflexif, dit du sujet).

Si la philosophie est la discipline qui rend compte de ce qui est arrivé à l’humain (à toute sorte d’humanisations qui eurent lieu antérieurement à celle-là ; l’unique, qui révèle non une interprétation de notre réalité, mais qui montre notre être et tente en prime de démontrer notre être au travers des machines intentionnelles, les systèmes, fondés sur les rapports hors-sol, les idées), alors elle introduit à l’éclatant et éclaboussant présent ; celui qui fait se réaliser, se rendre réelles les choses, les êtres, les mondes humains, le monde unique, l’humanisation nouvelle et l’acculturation dans laquelle nous nous débattons (parce qu’elle est plus grande que notre moi et que nous nous croyons limités au moi, à cette formulation, qui n’est pas une essence mais un processus, et donc permet qu’il, le moi, soit ouvert à la processualité).

Le présent, c’est visible, coupe d’une seule traite toute la réalité, en une fois, et il n’y en aura pas d’autres. Autrement dit ; il n’en est qu’un. Et l’on voit bien la puissance indéfinie (qui est au-delà de tous les infinis, littéralement), du Un comme présent, en ceci qu’il se permet (conformément à sa destination ontologique) qu’il se permet d’en créer des tas. Des tas de présents. Qui évidemment ne se culbutent pas eux-mêmes, puisque c’est le Un qui les provoque (et qu’il n’existe rien au-delà qui supervise ou agglomère ou récupère ou totalise les présents, c’est un par un).

Présenter qu’il y ait autre chose que le présent pur, ce serait encore et encore médier et repousser l’inexorabilité de l’être, de l’être non comme gros objet ou Sens éthéré ou on ne sait quoi du même genre, l’inexorabilité de l’être comme « ce qui est réellement » (ça n’existe nulle par ailleurs qu’ici même). Mais présenter qu’il n’existe pas de présent, à quoi se condamne les nihilismes, les incrédulités diverses, les scepticismes, les relativismes, et tutti quanti, nous absoudrait d’exister.

Parce que si le présent est ce qui est, l’être lui-même, le « qui est » (et non le « ce qui est »), alors il dépend des choses et des êtres qu’elles se réalisent ou non. Ça ne se réalise pas tout seul. Si ça n’est pas voulu, à supposer que nous soyons libres, ça n’existera pas et donc ça ne sera pas, pas du tout, en rien, en aucune manière.

L’être, le « qui est », n’est pas là pour rien, il ne rigole pas.

Commenter cet article