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instants philosophie

Le Présent contient tout ce qui est

3 Novembre 2014, 16:14pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie initie donc le voyage qui compte ; celui qui explore le réel, c'est-à-dire le présent.

L’unité de tous les développements est de saisir ou être saisi par le présent en tant que Présentement inusable.

Si ce qui est, est : le présent seul existe. Il n’est rien d’autre. L’ensemble du processus consiste donc à tout faire entrer dans et par le présent (et non l’inverse, retrouver on ne sait quelle étendue ou temporalité ou éternité ou lieu absolu qui serait tous les lieux).

Ceci va à l’encontre de ce que notre intellect performe ; à savoir qu’il regroupe les éléments dispersés au travers du temps et de l’espace, et en ce cas le présent est et n’est que telle ou telle immédiateté. L’universalité consistant précisément à passer au-delà de l’immédiateté dont elle extrait les données universelles qui s’étendent au-delà de tel lieu et vise l’espace en soi et réunissent les dispersions effectuées par le temps, de sorte qu’au bout de l’intellect est ciblé l’éternité.

Ceci est la fonction d’universalisation. Mais en elle-même l’universalité désire ramener ici même tout le divers ; non seulement en concentrant le dispersé, mais surtout en manifestant, représentant la cohérence du décohérent. Ou donc ; l’universalité suppose qu’il est possible de rendre tout réellement toute la diversité ; que tous les éléments (en l’occurrence extraits du donné divers) forment Un. Ou donc ; que le réel est parfait, qu’il est parfaitement tout ce qu’il peut être pensé ; la pensé est en elle-même dans la supposition que la perfection est.

Que l’être est ici et maintenant totalement réalisé, non seulement comme tout mais aussi au sens d’intégralement ; rien ne manque à « ce qui est ».

Si l’on applique l’exigence universaliste, cela signifie que les propositions formeront tôt ou tard un système complet entièrement déductible et complètement légitimé. Ceci étant il faut alors admettre que toute les quantités de données diverses sont dispersées aléatoirement dans le temps et l’espace ; par exemple, un tel système rend impossible de comprendre dans la pensée grecque pourquoi il existe de la « matière ».

Que se passe-t-il si l’on garde que l’être est parfaitement (tout ce qu’il est) mais en appliquant cela à ceci ; que seul le présent est ?

Parce qu’il est possible de garder les principes ontologiques mêmes qu’implique la pensée, mais il n’est dit nulle part que ces principes ne s’appliquent que sur telle ou telle sorte de représentations ou de réalités.

Les principes de clarté impliquent que d’une part l’être est, et que seul l’être constatable est admissible ; or il n’est d’admissible que le présent. Que le l’être s’étend parfaitement et indistinctement à toute parcelle ; totalement égal à lui-même en tout et à chaque fois absolument identique à son être même ; tout présent est parfaitement semblable à tout autre. Qu’il n’est qu’un seul plan de l’être et non pas trente six, et que partout et également ce sur quoi l’on tombe, c’est l’être ; il est intégralement présent en chaque présent. Qu’il y ait un seul être quelles que soient ses manifestations et puisque le présent est à chaque fois ce qui coupe très nettement, cad absolument, quelque réalité que ce soit, alors le présent est le principe actif de l’être. Ou donc ; il est l’être lui-même.

De ce fait le présent ne tend nullement vers l’éternité ou ni même ne vise par la détermination ; toute la matérialité est passée au tamis des présents (chaque fois uniques), et actualisant la détermination, le présent travaille effectivement ; le fondement de toute la détermination, de ce qui pour les grecs s’intitulait matière, de ce qui pour nous est le donné là matériel, est le présent, qui n’est pas l’effet mais la cause.

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