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instants philosophie

Nietzsche

18 Décembre 2014, 10:06am

Publié par pascal doyelle

Nietzsche

Il est quand même curieux que les « occidentaux » qui ne cessent de geindre et de déprimer, s’ingénient constamment à noircir le tableau, alors même que leur « civilisation », le modèle occidental, (que l’on nomme ici l’a-civilisation, cad à la fois la civilisation planétaire par destination et l’absence de civilisation localisée, qui peut effectivement prendre la forme d’une sur barbarie, puisque ce qu’elle a mis au jour, isolé du donné, extrait de tout monde particulier, est la structure de notre être, antérieur à tout monde, toute humanisation, toute personnalisation et que donc cette a-civilisation n’appartient à personne, et est absolument radicale, si l’on peut dire), que le modèle occidental est de fait ce qui a performé en tous sens, occupe tout l’espace et tout le temps humain, outre qu’évidemment on bénéficie de plus en plus d’une vie améliorée et étendue.

Donc aucune raison de désespérer, et pourtant ça geint, ça geint continuellement ; comme ces super héros qui ne cessent de pleurer sur leur conscience malheureuse, qui se résume le plus souvent au mal-être de leur moi, pour d’obscures raisons psycho-familiales. En bref on pense l’être par et selon les malaises du moi engraissé, la baudruche.

Bon.

Ce qui s’est créé par la mise au jour de notre être par les grecs, les chrétiens et affiliés, Descartes et les sujets et grands sujets, ( de Descartes à Lacan donc), ce qui s’est déployé en tous les sens possibles esthétiquement ou éthiquement ou politiquement, a donc intégralement réalisé, rendu réel, son être exploratoire ; dont évidemment on peut présenter qu’il n’est pas la raison, le conscient, l’homme, ou le sujet « subjectif » (que ce soit la subjectivité et son intériorité ou le moi et son identité). Que cet être antérieur est beaucoup plus grand que ces réductions, mais dont il faut impérativement qu’il s’habille, puisque cet-être, le nôtre ou « ce qui est en nous » est innommable et indescriptible ; puisqu’un rapport à (soi) ne peut pas se dire ; il est « ce qui dit », et bien sur bien plus largement que seulement le langage ; il use du langage comme de tout le reste.

Et c’est ici que l’on admet cet être originaire comme antérieur à tout l’humain, être qui pourtant inversement vient en plus au bout de tout monde humain particulier, de toute humanisation, qui émerge encore après sa représentation grecque ; la structure s’ajoute tout autant aux mondes particuliers (qui œuvrent par synthèse de l’immédiateté, qui n’a d’immédiateté que le nom on le sait, c’est le principe de résolution de la masse perceptive qui est de synthèse et non pas analytique comme la pensée grecque, qui impose que le Un, l’analyse, prédomine sur le Tout, de sorte que le Un crée quantité de totalisations), que la structure s’ajoute aux élaborations universelles et singulières (les grand sujets), de même que la conscience-de, la structure perdure en-plus du moi (la synthèse qu’est le moi ne parvient pas à l’enclore, elle laisse le vide en interne du moi).

Il n’est rien qui puisse combler le vide structurel, puisqu’il est structurel, et le seul qui ait affronté ce vide et soi parvenu en partie à le récupérer (sans le combler) est Nietzsche.

Or c’est pourtant que qu’affronte Descartes d’assigner la volonté infinie à dieu seul (la volonté est le sceau de dieu en nous, en quoi donc il avait parfaitement conscience de sa conscience comme structure, même si il ne la nomme pas telle, mais nous la nommons telle, « conscience-de », suite à Husserl qui parvient lui à isoler le moyeu, le pivot, l’axe même si ensuite il l’interprète dans un sens, idéaliste). Rimbaud et sa folie du réel, Céline et sa morgue, Artaud et son âme d’acier maudit ne plient pas.

De Nietzsche (qui répercute dans un délire externe ; la volonté existant en elle-même hors de nous et son système de valeurs différé), il faut retenir ceci ; notre être ne peut pas remonter son être … donc il l’affirme comme « là ». Tout notre être est tourné vers le dehors, et il n’est pas d’intériorité (ou d’idéalisme ou de conscient ou de raison ou de moi ou de subjectivisme, ni donc d’objectivisme) ; rien que l’exposition absolue à l’être, au devenir, et ses devenirs dans le donné là (que donc on peut juger de ce dehors, selon son efficience, son efficience selon une autre grille que celles des intériorités diverses). Dans cette exposition généralisée, notre être ne peut pas remonter son être mais il est plusieurs manières de s’y accorder ou de le nier… ( sans que cela soit possible absolument, puisqu’il n’est pas de négation, mais seulement la volonté qui s’en prend à elle-même au lieu de s’aimer, mais si elle s’aime elle s’exige fabuleusement à elle-même, elle est exigence sans frein, sans âme, pour ainsi dire, d’où son inhumanisme).

Nietzsche entend montrer ce retour accordé à cette volonté terrifiante, et représente l’ensemble du système éventuel des positons que l’on peut assumer ou nier en cette volonté, énergie, a-finalité (puisqu’elle n’a pas de précédence, d’intériorité, elle est sa propre finalité, ou plutôt elle est de « se dépenser », et la question est ; comment la dépenser au mieux, au plus exacte de sa nature propre).

On voit donc que si les grand sujets tentent tous de remonter dans notre être (mais c’est impossible, puisque structurellement la structure de conscience surgit constamment nue et vide l’arc réflexe de la cervelle et arc bouté vers le réel ou plutôt vers la position d’un réel externe), Nietzsche seul y parvient d’une certaine manière puisque seul il l’accepte tel quel ; sans rien, sans précédence et de la sorte il pénètre dans l’antériorité… Il ouvre la Porte, et Heidegger le sent, le sait.

Pas de précédence, mais l’Antériorité. Laquelle est logique (on y reviendra).

Nietzsche et Heidegger (contrairement à Sartre et Lacan) ne baissent pas le pavillon métaphysique ontologique. Deleuze et Badiou veulent user de la matière du monde afin de créer une ontologique directe (on nomme cela ainsi), mais Nietzsche et Heidegger dans el Grand Calcul (de ce qui est, à savoir « notre être dans l’être ») ne déliassent pas notre être ; pour Deleuze et Badiou (et c’est absolument passionnant, la question n’est pas là) notre être étant délaissé (comme partie du monde, du donné, du là, de la matière ou de l’apparescence), l’ontologie directe signifie ; une pensée du donné surgissant (l’homme étant une variation du donné).

Nietzsche et Heidegger (qui pourtant dans leur Grand Calcul aboutissent à de singulières a-humanité, voir inhumanités) arc boutent encore notre être… mais en le modifiant, en ne craignant pas de le modifier … ce qui cause leur grand délire ; inapplicable, totalement déraisonnable, voir absurde mais spécifiquement adapté à la réflexivité (la Même réflexivité que celle de l’origine et qui coure jusqu’à eux, des grecs à Heidegger) et ceux qui paraissent les plus énergumènes sont en somme les plus adaptés à « ce qui est », cette horreur, cette réalité horrifique qui est, cette monstruosité.

La Porte ouverte par Nietzsche est abominable, elle donne dans le réel même, mais il ne faut surtout pas prendre pour argent comptant tout ce qu’il trame afin d’interpréter ce qu’il Voit par la porte… Ceux qui entendent croire à la totale convergence d’une philosophie sont à côté de la plaque ; une philosophie est une exploration (à partir d’une structure, d’un être structurel) et non pas une « vérité », c’est le cheminement qui est la vérité mais on ne peut pas la saisir (elle n’a pas d’externe), il faut l’être ( la structure possède une dimension interne, pas intérieure, mais interne, et c’est cet Interne que les grands sujets remontent ou essaient).

C’est à partir de cette structure qui pointe le nez par les grecs, découvert tout autant par les chrétiens et affiliés, repris par Descartes et les sujets, cette structure qui est la redondance mais qui dans le rapport à (soi) qu’elle est, est littéralement une structure … elle peut se réélaborer en elle-même, dans son être hyper objectif (et qui est l’objet/non-objet de la pensée philosophique) ; il est ainsi hors de question de succomber à un objectivisme ou une objectalité quelconque, puisque toutes nos pensées, nos systèmes désignent et tentent de saisir ou d’être saisi ou d’exposer et de montrer en plus de le démontrer cette structure qui a formé toutes ces machines métaphysiques et ontologiques, jusqu’à tenter de remonter dans la structure même et dont Nietzsche est le plus avérémment proche.

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