Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

Purement vide et sans rien, formel

11 Décembre 2014, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Ce qui est n’a donc pas de sens, puisque c’est le sens, et qu’il s’agit d’une puissante mécanique d’engendrement, qui n’hésite pas à partir du désordre lui-même (puisque si le désordre est, il est encore possible qu’il y ait de l’ordre et même plus d’un ordre ici et là, localisé, tandis que l’inverse n’est pas vrai ; si ce qui est ne se formulait que de l’Ordre il n’y aurait possibilité pour aucun désordre, de même que pour seulement un seul Ordre, ce qui n’a pas de sens (en ceci que ça n’est pas ou plus ou beaucoup moins réalisable que le Dés-ordre préalable) ;

et qui pour notre « humanité » révèle qu’au-dedans de tous les groupes, chacun ayant mené sa propre synthèse immédiate à l’occasion de son donné « là », localisé, en un langage spécifique à chaque fois, qu’au travers de tous donc quelques groupes s’éprennent soudainement de la structure unique (qui spécifie notre être quelle que soit son humanité, son monde humain) et s’affirme le mécanisme, jusqu’alors caché à l’intérieur de chaque monde humain, et qu’ainsi surgit notre être, tel quel, comme structure de rapport, comme rapport au réel donné là, (dénommé comme tel, par l’Etre ou par le Dieu unique, et plus réflexivement comme pensée et comme christ incorporé, incarné disaient-ils ) et bien plus encore comme rapport au « là » du donné, de tout donné. De même que l’on passe des mondes humains à notre-être (de structure et identique en tous), de même on se sépare de tout donné là, localisé, au « là » du donné (qui demeure bien mystérieux, dont Heidegger approche la lumière, par ex).

Ce que désigne Heidegger, de même que Nietzsche présente la logique d’un être qui est sa propre racine affirmative (il n’y a rien antérieur, tout est au-devant). Evidemment étant donné la lutte interne à la pensée humaine qui a lieu alors, Heidegger et Nietzsche s’opposent volontairement et frontalement à tout ce qui prédisposait antérieurement et remodèle l’historicité entière de la pensée humaine (rappelons que la philosophie n’invente pas, ne crée pas notre être de conscience, ce mécanisme, que celui-ci invente éthiquement, politiquement, esthétiquement, crée l’acculturation, etc et que la philosophie est la discipline qui rend compte du mécanisme lui-même ; par la vérité et l’être, le sujet et le libre pur, la conscience et le réel, etc).

Heidegger et Nietzsche place notre être dans son apparition ; son apparition radicale et radicale veut dire radicalement Autre. Autre que tout, pas autre que ceci ou cela, autre absolument et Heidegger et Nietzche sont donc emportés par leur vigueur et la puissance de leur saisie ; comme le mécanisme de conscience n’est pas le conscient, lui est bien antérieur, Heidegger et Nietzsche inhumanise notre être, et ils n’ont pas tort du tout.

Parce que l‘humain, l’humanisation (au sens de production de mondes humains mais aussi d’humanisation humaniste), la personne humaine et la personnalisation (le moi, le relationnel d’entre les mois, d’avec et par l’image-corps ou l’idée-image, etc), sont et ne sont que des effets, si l’on peut dire, et on le doit. Ce qui Existe vraiment c’est dans l’antériorité ; la structure antérieure à l’humain et au moi.

Si l’on suit cela, le sujet n’est pas une identité mais est le Un ; en tant que formel, il est seul à former le Un (ainsi que ce à quoi il se rapporte absolument ; le réel, ce qui signifie le présent, par quoi ce qui est réellement est purement formel et sans rien, sans rien de plus que ce qui est « là »). Petit aparté sur lequel on reviendra.

C’est cette articulation qui s’impose comme réflexivité (grecque, chrétienne, cartésienne, celle des grands sujets, y compris Kant et Hegel qui éjectent-hors la structuration de notre conscient et l’historicité de la pensée, puis de l’ontologique et de l’existentiel, Heidegger et Nietzsche, Sartre et Lacan). Il est inutile, absurde, impensable, d’attendre de la philosophie qu’elle soit une « science » parce qu’elle est beaucoup plus que cela ; elle est le compte rendu de son être en acte, de sa monstration (monstration d’un être en acte donc, qui ne peut être épinglé tel un objet par une « science » quelconque, toute transformation de notre être en objet le rend quelconque, ce qui se voit maintes et maintes fois, accouchant d’une pensée quelconque, cad mondaine et non pas qui se tiendrait sur le bord du monde).

Inutile de croire penser objectiver notre être, puisqu’il est justement ce qui objective, et surtout qu’il est capable de développer tout autre chose et bien plus qu’une objectivation de son acte ; il peut décupler, accélérer, produire, inventer, engendrer cet acte même, il peut déployer la structure, reformaliser ce qui existe comme mécanisme de conscience, et créer dans la structure même un surplus de structure. Ce qui eut lieu et ouvre l’historicité (historicité au sens strict, comme « ce quia modifié l’espèce humaine », lorsque la structure, le mécanisme s’impose et passe outre tous les langages, mondes, groupes localisés et déploie son architecture avec ses machines intentionnalisatrices, les idées et les universalisations).

Dans le vif même qui existe

Ce qui s’architecture ainsi, la forme, la structure, n’est pas le conscient, la Vérité (sinon la vérité comme question, ce qui équivaut à « pas de Vérité du tout », mais la mise en forme de toutes les vérités, et plus loin au système formel au-delà des contenus), la raison restrictive. Ce qui s’architecture est la prise en elle-même de la conscience ; les grecs, les chrétiens, Descartes, les sujets pénètrent dans le vif même. Dans le foyer brulant qui est une forme purement vide et sans rien.

C’est ainsi totalement en acte que pensent les grecs, de même que l’arc infini du dieu absolument un, dans ses médiations de l’identité juive, du centre christique, de la communauté de tous, est radicalement tendu par-dessus toutes les mondanéités, les corps, les immédiatetés, les vécus, et qu’ensuite le réflexif expose son os ontologique qui renouvelle toute l’humanisation, cartésiennement, et le soc continue de creuser le même monde donné « là », développant structurellement toute son architecture exploratrice.

Jusqu’aux mois et aux objectivismes, qui sont effectuées à partir de leur sujet, ignoré pour les mois et absentés pour les objectivismes (de science, d’étatisme, de l’objectalité marchande ou psychologique qui produit les mois eux-mêmes). Non seulement les objectivismes et les mois sont dans l’incapacité de comprendre l’architecture du sujet (qui est, rappelons le, la saisie par elle-même de la structure et non pas le sujet « subjectif », lequel sujet réel est planté tel un clou sur l’étendue cartésienne du monde donné là), et de saisir quoi que ce soit des grands sujets, mais aussi les mois et les objectivismes tendent à abandonner l’universel qui précédait le sujet, et à s’enfoncer dans l’immédiateté ; le moi est immergé dans ses immédiatetés et son bricolage psychologique, et les objectivismes succombent aux finalités pauvres et mortifères et mortelles du donné ; comme tout monde humain, celui-ci s’enferme dans son immédiateté, devient, se transforme en monde particulier abandonné. Tout comme les mois se détériorent et se dégradent en pauvres désirs (puisqu’on leur a seriné que leur « nature » est désirante … ce qui ne mène littéralement nulle part, ce qui refroidit l’arc de tension de la conscience-de, qui quitte le réel pour l’irréel, qui replie la conscience-de, articulée au réel, vers l’irréel de la cervelle éternellement éperdue).

Commenter cet article