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instants philosophie

Situation générale qui est la nôtre

12 Décembre 2014, 09:13am

Publié par pascal doyelle

De l’incompréhension à laquelle aboutit l’absence de perspective historique dans la pensée.

ça revient à une sorte de gloubi boulga auquel on ne comprend rien, sinon que ça part dans toutes les directions, et ce alimenté par quelques uns qui croient être en mesure de recommencer de zéro « toute la pensée » comme si les autres n’avaient rien compris, ou étaient idiots, il faut croire, ou comme éperdument au 20éme ou 21éme siècle nous sommes si incomparablement plus lucides …

Résultat, c’est une sorte de masse informe ou de réduction à un minimum de raison. La raison dont on sait qu’elle est « à disposition » ; à disposition finalement et fondamentalement d’un « moi », qui de cette logique n’est point du tout contraint au changement ; d’une raison qui se soumet au regard tout à fait extérieur d’un moi, d’une conscience qui s’absente, qui n’y existe pas « en personne », désignant par là non pas une subjectivité( qui s’inclut comme double ; objectivité-subjectivité), mais comme conscience en tant que Une et ayant structure (hyper objective).

Ce regard désargenté permet de composer des objets mais ne se pense pas et n’est pas même présent ; son acte, soupçonné d’illusion, est renvoyé au nouménal, ou à l’impossibilité, annonce l’anti philosophie, au rien du tout, néant décourageant, de sorte que plus aucune exigence n’est susceptible d’animer un tant soit peu ce moi pataud, figé, sinon ses fantasmes ( la métaphysique est morte, l’universel est abstrait et les droits de l’homme tout à fait relatifs, le langage est le bout du bout … de quoi ? on ne sait pas, etc).

Abandonné la pensée (c'est-à-dire l’ampleur de la pensée grecque ou antique, qui ne correspond pas à la raison, simulée par Kant en reculant dans l’indésirable notre être), ou annuler le sujet (soit donc la présence réelle et effective d’une conscience en acte sur elle-même), c’est donc court-circuiter le Rapport de soi à (soi), et interposer telle ou telle détermination dans l’indéterminée structure du un (qui est de fait et en sa nature même purement formel et donc, et donc Autre que tout… comme quoi il n’est pas de tout, mais seulement le Un, cad le Présent).

Et de fait ces « pensées » qui s’interposent entre soi et (soi), sont avant tout des pratiques … elles aboutissent donc à pratiquer les consciences, de l’extérieur, selon tel ou tel objectivisme ou objectalité (il n’est que le lacanisme pour remonter au-delà de l’objectalité du moi). Du scientisme à l’étatisme, de la technologisation sans réflexion au consumérisme hyper libéral.

Or, et ceci est essentiel, comme ce qui se nomme « structurel » est non indentifiable, c’est par force que cela, l’humain, l’humanisation, se rabat sur une définition de lui-même totalement aplanie et exposée là au-devant, telle selon le monde, le donné, les finalités pauvres ; faute de découvrir les finalités hautes et hautes qui ne soient pas de pures abstractions. Pour illustrer on dira ; il est parfaitement inutile de prôner la volonté ou l’idéal ou l’élévation, toutes extérieures et éthérées, et sans aucune validité pratique et agissante. C’est d’un autre dedans que « ça se décide, s’imagine, se veut, se pense, s’incorpore, etc ».

Les contemporains ont absolument tort de nier l’historicité et l’ampleur ancienne, mais ils ont absolument raison d’estimer qu’aucune universalité ou abstraction ou idéalité ne peut se saisir ni permettre de se saisir de notre être réel. Et ils ont presque raison de tenter de se saisir d’eux-mêmes via les objectivités et les objectalités … on voit que l’articulation est complexe ; de même que le moi est une acquisition radicale et jamais vu de toute l’historicité humaine, de même le moi est sa propre perte (qui l’enferme dans ses finalités faciles et basses). Pareillement on a raison de chercher hors de l’universel, de la pensée, du sujet, mais tort de croire que ces tours et détours nous livreront notre être, puisque c’est précisément de la position tout à fait externe de cet être que l’on se travaille via les objectivités et les objectalités.

C’est ce que signifie l’incorporation … qu’il y ait possibilité que notre être se tienne à la fois en et hors de lui-même ; ce que signifie littéralement et réellement « conscience-de » soit dit en passant.

Et pour se tenir à la fois en et hors de (soi), il est clair qu’il faut s’abandonner. Abandonner n’importe quel « soi » jusqu’à l’obtention du (soi). Ce que signifie Nietzsche entre parenthèse ; puisque si il relance la métaphysique c’est en s’oubliant lui-même, en oubliant l’historicité philosophique, étant donné qu’il ne faut surtout pas présager de ce qu’est ce (soi) par un « soi » quelconque ; il nomme cela volonté (non pas repris de Descartes mais découvert par Descartes et redécouvert par Nietzsche, puisqu’il ne s’agit pas d’idées, rappelons-le, mais de structure et que de structure il n’y en a qu’une). Volonté vers la puissance, vers la potentialisation même.

L’impossibilité d’objectiver l’acte de conscience, n’empêche nullement que lui il se sait. Forcément. Ce que l’on note par ; il se-sait. Puisqu’il est conscience de (soi), de fait et par définition. Que l’on nomme ce rapport, le désigne, ce sera du doigt ; comme Wittgenstein au fond. Mais pourtant ça n’est pas tant son objectivation que cette désignation en ceci que se désignant elle se modifie.

Par l’idée (cad le rapport, une idée est un rapport) de l’être, les grecs modifient totalement notre être ; en ajoutant à la structure, au mécanisme conscience-de (qui apparait alors en sortant de tous les mondes particuliers, atteignant à la fois le monde unique par-dessous les mondes particuliers et notre-être débarrassé de tous les mondes humains), l’idée de l’être, de ce rapport, les grecs ajoutent à la structure une potentialité ; celle du réel. C’est cela même qui crée la conscience comme mécanisme vide (poser la question de la vérité ça n’est pas asséner la Vérité mais dépasser la vérité par la structure primordiale et unique, élaborant dès lors une architecture très réelle et effective de cette structure ; soit le Un (ou le bien ou le moteur etc) soit le sujet ; passage du métaphysique des machines intentionnalisatrices à l’ontologie du réflexif de cet-être, cartésien, qui crée des sujets, des sujets impossibles mais réels).

Autrement dit l‘impossibilité d’objectiver notre-être n’est pas une « impossibilité » sorte de mic mac déroutant et idiot, qui condamnerait (alors que l’élaboration grecque, l’archi, et l’intensité chrétienne, l’hyper, ont parfaitement réalisé, surabondamment, tout ce qu’ils contenaient ; il est absurde de déjuger la pensée, métaphysique et ontologique (comme susdit), alors que manifestement « ça a marché » ; il faut se perdre dans l’insatisfaction bovine du moi (insatisfaction indécrottable, parce que le moi est un bricolage, une synthèse immédiate), pour vomir encore et encore sur « ce qui fonctionne absolument et radicalement » et a modifié toute la planète).

L’impossibilité est le savoir des mesures que notre-être prend de lui-même ; ses paramètres ; toutes les philosophies, les éthiques, esthétiques, politiques, idéels, sont ces paramètres. Si l’on se demande mais comment nommer ce qui n’est ni objectivité ni subjectivité ? C’est simple, c’est déjà constitué, là sous nos yeux, et ça se nomme philosophie.

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