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instants philosophie

L’être structurellement fou

25 Janvier 2015, 15:59pm

Publié par pascal doyelle

(en quoi nous sommes les fils du réel monstrueux)

Il ne sert donc à rien de présager de quoi que ce soit quant à notre être ; on n’en sait rien du tout.

Ensuite on peut croire en ce que l’on estime, de soi-même et séparément. Mais techniquement, au sens où la philosophie est la technologie appropriée, adéquate, à «ce qui est arrivé à l’humain », soudainement, en se sortant de tous les mondes particuliers (ce que l’on doit aux grecs), il émerge, surgit, s’instrumente un mécanisme, le mécanisme d’un être spécifique qui n’appartient à rien, à aucun monde, aucun, corps, aucun groupe ou langage, et qui commence de créer sa propre élaboration.

Réclamant à chaque fois que telle et telle conscience maitrise son propre langage, et que chacun soit apte à recevoir cette nouvelle expérimentation, dite d’abord métaphysique (on tient que l’être entre dans les rapports que sont les Idées, lesquelles forment des machines intentionnalisatrices sur-performantes, les systèmes) et ensuite ontologique lorsque Descartes dé-couvre que la pensée est pensée ici et maintenant par un être-étrange, posé à la surface du monde-étendue, et lui-même repli, bord de ce monde-étendue, de sorte que tout est immanent sauf cet être, qui , sans quitter l’immanence, étant sur le bord, est Autre) ; définissant ceci que notre être étant rapport à (soi) (dont on ignore tout), exclut tous les autres rapports, causalités, mondes, corps, perceptions, etc. mais comme il est formel, ce rapport les admet tous, y compris ceux qui en sont pas encore découverts ou inventés (c’est pour cela qu’il invente et découvre des tas de vérités, de réalités, de créations, et même des tas de mois, chaque personnalisation est une sorte de percée par delà tout ce qu’elle est depuis sa naissance et au-delà).

Etonnement. Donc. Parce que « ça n’appartient à rien ». ça n’appartient même plus à la pensée, qui fut un terrain d’expérimentation extrême (rien à voir avec la raison rapetassée d’ensuite, d’ensuite de Kant et des sciences et encore moins des « psychologies « , de là que Nietzsche se veut le grand psychologue du mécanisme agissant). Mais qui est dépassée, la pensée, puisque la réflexivité (qui avait créé la pensée comme élaboration intentionnalisatrice, élaboratrice de tout ce qui lui pouvait tomber sous la main) est le retour sur (soi) de cet être, cette structure (qui se déploie dans tous les autres domaines ; esthétique, éthique, politique, idéel, mais aussi acculturation et humanisation, personnalisation, etc) et si la réflexivité est notre logique, (absurde, celle de « ceci qui se-sait ») elle s’effectue de et à partir et pour un être-étrange et autre, autre que tout, puisque cet être n’est même pas le rapport à soi, mais est le rapport à (soi). Il ne se contrôle pas et le conscient est essentiellement un effet d’une cause et cette cause est autre et plus dézinguée, pour le dire, que n’importe quel conscient ; l’universel est depuis longtemps ramené, à sa dimension propre, mais outre passé, puisque la réflexivité est « ce qui outrepasse » n’ayant de rapport à rien.

Dont on ne peut pas même dire qu’il est un rapport à soi donc, mais rapport à (soi) ; tout ce qui enfermera le dit (soi) en quelque réalité, ne permettra que de réduire la conscience-une (follement) à tel ou tel contenu, ce qui est insupportable.

On peut bien encore tenté de marquer cette conscience, ce rapport vide formel, de tel ou tel contenu ; mais d’une part on s’en fout, parce que depuis Descartes c’est nommément autre chose qu’un contenu qui est en jeu (Kant et Hegel le montrent, l’exposent intégralement ; c’est le transcendantal pour l’un et le tout dialectique pour l’autre, qui structurent, sur-organisent ou qui agissent ou surplombent tout devenir déterminé, même si il faut attendre Husserl pour que le Rien soit nommé de son nom ; conscience-de), et d’autre part de tout manière toute détermination telle ou telle de la conscience sera elle-même déjà prise-dans, symptôme d’un sur devenir structurel ; étant donné que depuis les grecs il n’y a plus que cela ; un sur devenir selon l’archi grec ou l’hyper chrétien ou le sujet cartésien qui (se) voit.

Les pensées ici ou là qui tentent encore de penser la réalité et le réel comme un « objet » (ontologie directe, dite, les mathématiques, la matière, l’économie, tout ce que l’on voudra, parce que « cela » qui structure n’est nommé que par une seule discipline ; la philosophie), tenteront toujours de nous imposer un contenu (quelconque) alors que précisément Descartes nous le dit, nous le montre et nous l’entame ; c’est de tenir à distance la structure (qui ne se « voit » pas, qui est non visible, qui est bourrée d’effets en quantité mais inexiste) que l’on est, (tant entendu que l’on est sur le Bord, lequel ? On ne sait pas, sinon qu’ici il est dit ; le présent, le présent est le bord de ce qui est, ou donc est lui-même l’être, et il n’y a rien d’autre nulle part que ce bord, bizarrement) et tenir à distance notre être est littéralement impossible ; c’est donc dans et par l’impossibilité même que « cela » (ce qui nous arrive) avance.

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