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instants philosophie

L'hyper-texture du corps

7 Janvier 2015, 17:44pm

Publié par pascal doyelle

De ce qu’il ne peut pas exister une vérité qui s’impose à un sujet (puisque le sujet est l’origine de la vérité, en ce sens qu’il n’y a de vérité que pour un sujet, sinon il existe des pierres ou des tables), signifie avant tout qu’il y eut une élaboration systématique du libre en lui-même et par lui-même et que c’est cela qui s’est produit comme acculturation généralisée depuis les grecs.

On ne trouvera pas le système de la vérité, on trouvera le système intégral des conditions de vérité. Ce qui veut dire des conditions de vérités. Il faut comprendre par les conditions de vérité, non seulement les grecs mais aussi les chrétiens et affiliés, le sujet cartésien et suivants, (jusqu’à Hegel qui clôt devant les yeux de tout sujet le savoir comme connaissance), les grands sujets qui viendront ensuite, mais aussi les mois, et dernièrement Lacan (qui pense donc les conditions du moi ; étant entendu que cela réalise l’archi, l’hyper et la concrétisation, ou donc l’extensivité grecque, l’intensité du sujet réflexif, la densité du moi, qui seul détient qu’il veut ou doit ou peut ou sera peut-être capable d’incorporer, non pas la vérité, mais le réflexif même).

Tout cela relève des conditions ; conditions du réflexif pur et simple qui s’est cherché mille fois, qui a commencé d’explorer le monde et les réalités, qui a creusé à même sa structure (impossible et horrible).

Ce que l’on doit alors comprendre par « systématique du libre », c’est la considération de ce que l’on est. Ou donc, la philosophie consiste à retomber sur ses pattes. A re-devenir ce que l’on est déjà, sauf que cette fois on en a obtenu quelque « idée ». Et cette idée étant un rapport, elle ajoute à cet être étrange qui est et n’est que rapport à (soi). C’est donc l’élaboration du structurel qui ramifie, produit, invente, crée son rapport à.

Or cela est une logique impossible, puisqu’il est impossible qu’un être se connaisse ; un être ne peut pas remplacer ce dont il part par ce à quoi il parvient. Il faut dire cela pour comprendre que structurellement notre être est cela. Il se remplace lui-même. Il ne remplace pas une idée de lui-même par une autre. Il remplace la structure de départ par celle d’arrivée. Et on a vu que c’est impossible ; il se passe donc ceci qu’à la structure telle quelle elle en rajoute.

Elle rajoute ce à quoi en tant que structure elle a affaire ; le réel. Ce qu’au tout début de la pensée on a déjà nommé l’être. Ceci articule le rapport à (soi). Parce que les grecs nomment l’être non pas cette idéalité qu’on a présenté ensuite (lorsqu’ayant posé dieu, l’idée devient la « pensée » de dieu) comme abstrait ; la pensée pour les grecs est ce qui ouvre le monde en démultipliant la capacité de percevoir comme le monde donné là immédiatement est en vérité un cosmos. Quel que soit par ailleurs ce que l’on retrouvera dans « cosmos » ; des atomes aux idées, du moteur qui meut au un qui attire. Pour les grecs la pensée ouvre le monde en nous en apportant la Cohérence, qui sinon, sans la pensée, nous demeurerait complètement bouchée, sans horizon du tout.

Ce qui veut dire que pour les grecs la pensée ne dérive pas d’autre chose (dieu en l’occurrence, ni n’est seulement « ma pensée à moi ») ; elle est en elle-même ce par quoi et ce pour quoi.

La distance qu’introduira le christianisme (ou affiliés) est de même à lire inversement ; elle ne sépare pas notre être de la (mauvaise ou idiote ou illusoire ou seconde) conscience qu’il est. La distance du christianisme étend le cercle. Le cercle de la réflexivité.

Ce qui s’étendait déjà bien loin (la pensée grecque est extrême et difficile), s’ajoute un rayon de plus et il faudra bien des siècles pour commencer d’en voir le bout, le bord du cercle.

Les absurdes qui croient juger des grecs ou du christianisme, s’en favorisent de ce point acquis du moi, de ce regard vide, qui n’est plus sujet ni dieu, ni pensée, qui est juste le moi humain naturalisé et dont la raison serait seule valide (transformant la réalité en objets, tout comme l’ultra libéralisme produit des « trucs » inertes et donc désirables … !).

La réalité est bien plus creusée que cela ; la structure qui apparait (à ses propres yeux, puisqu’elle est réflexivité pure, sans rien, vide, nue, formelle, en plus des groupes et des langages) a architecturé sa dimension. Qui est, rappelons le, la DimensioN. Parce qu’il n’en est pas d’autre (ce sont les conditions de vérité, de liberté, de réalité, de réel qui s’élaborent dans son laboratoire gigantesque, cette historicité même).

On ne peut pas la caricaturer ou rejeter en jugeant simplement que là, nos mois sont déjà bien plus avancés et lucides… C’est simplement ridicule. C’est l’ensemble, cad l’archi-tecture, l’hyper-tecture et l’hyper texture qu’il faut percevoir. Soit donc les grecs de l’archi, les chrétiens et affiliés de l’hyper (l’exponentiel dieu, la dernière conscience indéfiniment réelle), et l’hyper texture en ceci que le moi doit écrire dans son corps qu’il est, de la structure de conscience, capable (ce qui n’est pas acquis du tout ; on en est peut-être tout à fait incapable).

Autrement dit on n’a pas trouvé la vérité (ce qui assignerait le réel à un ordre ou un sens), on a fait mieux que cela ; on a remonté l’ensemble des conditions d’exister. Remonter au sens de monter, démonter, et au sens de remonter dans le temps propre de la dimension.

Juger de cette ampleur en fonction de notre moi ci-devant (cad de l’objectivisme et de l’objectalité) c’est se boucher la vue. Cela équivaut à un monde coincé. Qui n’a plus accès au structurel. Et qui fait mine d’ignorer que sans la pensée, l’hypothèse dieu ou le sujet ou les grand sujets (qui sont réduits à des illuminés ou des fous psychologiques), il n’existerait aucun moi ; mais comme le moi ne se pose plus la complexité structurelle, ça ne le gène pas le moins du monde d’utiliser et de mécomprendre sa propre historicité. Autrement dit il croit qu’il résoudra la réalité par là. Par ses objectivismes ou ses objectalités. De quoi il ne tirera rien, sinon l’embouteillage (cad la catastrophe généralisée).

De même juger de l’ensemble selon quelque découpage d’objet que ce soit manque de fait ce que l’on croyait cibler. Il faut juger de l’ampleur à partir d’elle-même puisque c’est de son archi-tecture que nous existons (en tant que moi ou qu’objectivisme ou objectalité). Alors bien sur le moi adorerait être en mesure de juger Descartes en fonction du langage, du cognitif, de l’inconscient, autrement dit de telle sorte que la théorie qu’il pondra lui en touchera une sans bouger l’autre…. Parce que le moi l’entend ainsi ; il est tellement certain de son être-naturel ou destinal d’une part et du vide simplement fonctionnel que recouvre le terme « conscience ».

Or il n’en va pas ainsi. Le terme est bien plus ample et creusé qu’un moi peut l’envisager. « Conscience » ça n’est pas fonctionnel. De même que réflexivité ne désigne pas le retour sur notre réalité humaine par elle-même ; c’est l’inverse ; le réflexif est la structure qui existe et dont notre « nature humaine » est l’effet. La structure est un programme en soi, est le programme lui-même, non fiché en un contenu (ce qui serait ingérable), mais engrammé comme un « exister », comme être réel effectif. Cette pure forme vide, nue, sans rien, est indérivable ; on ne la « comprend » pas d’un point de vue extérieur ; elle est évidente comme l’être est évident et indérivable ; on ne peut pas dériver l’être puisque l’être est ce par quoi tout le reste existe. C’est d’exister comme pointe structurelle en plus (de tout le reste mais aussi de ses précédences, comme un corps, une cervelle, une humanisation, un moi, un langage, etc), qu’à partir de cette pointe « ça se structure », en une archi-tecture grecque et son extensivité, une hyper texture chrétienne et son intensité de sujet, une hyper-texture du moi, qui doit incorporer le structurel (que le moi devienne son sujet).

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