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instants philosophie

L'ici et maintenant partout

4 Janvier 2015, 16:21pm

Publié par pascal doyelle

L’expérience philosophique est donc l’avancée à l’intérieur de ce qui n’a pas d’intériorité ; la structure. Le voyage au-dedans de la structure et puisque c’est une structure, cad un rapport, se définit donc comme modification du rapport.

C’est le rapport à ce que l’on a nommé instantanément comme étant l’être, cad le réel.

La forme de notre réalité, notre être donc, puisque notre réalité est en fait la forme seule et rien d’autre, aucun contenu ne peut supplanter la forme, aucun contenu de conscience ne prend la place de la conscience, et si l’on confond encore conscient et conscience, il faut poser en principe qu’il n’y a pas à choisir entre le conscient et la conscience, la conscience et le corps, la conscience et la perception, etc ; la conscience vient en plus de tout ce qui la précède et tout, littéralement tout, la précède constamment. Et puisqu’elle vient en plus elle articule et réarticule sans cesse tout donné vers l’horizon dernier, celui qui est « là », au-dehors, le réel ; l’horizon que la conscience ne peut pas mouvoir, mais aussi l’horizon Réel qu’aucune réalité ne recouvre ; il n’est aucune détermination qui contienne toutes les déterminations.

Ce qui existe c’est donc la forme de conscience dans l’horizon formel du réel. Rien d’autre. Tout le reste passe. De même que « conscience » épuise tous les mondes, les réalités, les possibilités. Et l’horizon formel du réel n’est rien d’autre que le présent.

Toute la détermination aboutit au présent qui est cela seul qui demeure et qui demeure parfaitement identique à lui-même et qui est en chaque point (puisque le « présent » est en fait le point ici-même, l’ici et maintenant inimitable et jamais répété, puisqu’en réalité, de point, il n’en est qu’un seul, un-seul-point), qui est en chaque point absolument réalisé et sans équivalent ; ce à partir duquel le reste, tout le reste existe.

Qu’il y ait un monde, cela signifie que ce monde fait office de mémoires pour ainsi dire par rapport au point unique du présent.

Nous disons de mémoires, au pluriel. Parce que s’il existait un seul Ordre ou un seul Sens, ils absorberaient la différenciation et rendrait impossible qu’il y eut quelque univers que ce soit et ce d’autant plus qu’alors, dans cette logique, on ne voit pas pourquoi il n’en existerait pas quantité d’autres.

Nous n’aurions qu’un univers limité à un seul sens ou en un seul ordre monolithique. Puisque le désordre règne nécessairement (nécessairement afin qu’il y ait « possibilités » diverses et non pas nécessairement de contrainte qui superviserait), cela rend possible qu’il y ait des ordres dans leur localisation, ou leur niveau ; telle mise en ordre (la vie) est appuyée sur tel substrat chimico-physique, etc.

Le problème général si l’on n’admet que la composition, que la détermination, que le quelque chose, que les mondes, c’est que l’on ne voit pas pourquoi cela se limiterait à tel ou tel monde, telle ou telle composition. Tandis que si le présent est l’être lui-même, c’est l’acte de réel qui décide et tient la réalisation. En somme le présent parcourt les mondes et pousse à la réalisation ; quitte à abandonner et délaisser quantité de réalités. C’est ce qui semblait le plus pauvre et le plus immédiat, le présent, comme réceptacle amorphe ou comme fonction de « ce qui est », qui en fait régule et force les réalités, les contenus, et aussi bien les consciences.

Ce qui est, le réel de ce qui est, se constitue, s’auto constitue en épuisant les réalités, mais ce qui s’auto constitue ne vise rien, il est purement et simplement l’exister. Compte tenu qu’existent à la fois et tout autant le néant et l’être, indifféremment et assignés à cette seule loi ; le possible.

Alors ce que cela, qui relève de l’être, deviendra, l’exister s’en débarrasse … puisque l’exister consiste en ceci ; qu’il n’assigne aucun ordre aucun sens, afin que chaque part soit réelle. Que chaque part de réalisation revienne finalement à (soi).

Et il se trouve simplement que ici et là un tel rapport se-sait. Ce que l’on nomme « conscience » est cette part du réel qui a/est son rapport à (soi). Cet être « de conscience » est « se rapportant à soi » et donc crée son être de son avoir, à partir de son avoir. Être de conscience cela n’est rien d ‘autre que l’entretien d’un rapport à soi, ce qui n’existe en rien ni nulle part sinon en et par une conscience. Ça a ce nom là.

On ne sait pas encore tout du rapport à (soi) et surtout pas qu’il puisse se définir, puisque précisément il est ce qui définit quoi que ce soit. Et c’est progressivement qu’il parvient à peine à la saisie difficile et invivable de son être propre structurel.

Dans l’univers monstrueux (tandis que peut-être il en est mille milliards d’autres, et d’autres espaces ou temps ou réalisations de toutes sortes, puisqu’existent également et le néant et l’être, côte à côte, tout étant réalisé absolument), il est ici et là quelques Fils du monstrueux Exister.

Il n’est rien de raisonnable mais par contre une Cohérence forcenée, effrayante, une puissance qui réalise et sacrifie tout à la réalisation, au « rendre réel ce qui peut être », (l’être se réalise sans frein sinon sa propre radicalité, et radicalité au sens intégral, puisqu’il est la racine même) ignorant sa destination puisque cela est la destination même et pour cela il est un Présent qui-fait-être. Or il est plus qu’une étrangeté à interroger qu’il y ait un Présent. Jusqu’où s’enroule ou se déroule ou se plonge le présent ? Nous sommes absolument adéquats au Présent, au point ici-même. « Ça » se décide ici et maintenant ; ce qui est se décide dans l’ici et maintenant et cela partout où cela se doit.

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