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instants philosophie

La culpabilité et l'impossibilité salvatrice

24 Janvier 2015, 15:26pm

Publié par pascal doyelle

Le langage, mais aussi, le groupe humain (qu’il soit de synthèse et de communauté, dans une Parole Monde, formant son propre univers séparé ou qu’il soit tous ces mini groupes auxquels on est relié, et auxquels on ne peut plus appartenir puisque l’on existe selon l’État qui disjoint chacun comme citoyen sujet), l’apparaitre même dans un monde (particulier ou monde des mois), tout cela implique un cercle. Le cercle de ce qui est communiqué et de ce qui est reçu.

Le cercle des questions réponses (que l’on soit question ou que l’on soit réponse en telle ou telle occasion). Le cercle s’implique lui-même ; on est sans cesse en perte, en dette de ce cercle ; parce que de toute manière il faudra répondre ou questionner adéquatement. Lorsque l’on délire ou s’écarte un tant soit peu du registre de la Q-R généralisée, « ça se voit ». L’autre le repère immédiatement ; ça n’est plus dans le « ton ». La plupart du temps ça n’a a pas grande importance, mais si l’on sort trop du cadre généralisé, on prend un chemin de dérive (de la difficulté psychologique et donc relationnelle, au pire, à la destruction ou dégradation du moi que l’on est).

Il est donc une dette continuelle qu’il s’agit de rembourser ; cool parfois, plus ou moins (selon nos sociétés par exemple, quoi que …) ou extrêmement abominable selon d’autres. Mais dans tous les cas le langage, la communication, cad l’échange en général (ou est-ce la communication qui institue l’échange ?) forment un cercle ; par lequel une conscience réponde toujours à une autre conscience.

Ou donc notre conscience est constamment sous-entendue de répondre ou de questionner. Elle est toujours déjà splittée, divisée, en attente de la question ou de la réponse, et si elle est concentrée sur la réponse qu’elle apportera, elle oublie en partie la question ou inversement ; il ne s’agit jamais d’un simple rôle individué mais d’un double rôle. Et cela non seulement en telle ou telle situation mais absolument ; dans le langage ou plus largement dans la Parole même.

Or on ne peut pas se contenter de seulement diviser la parole, il faut diviser la conscience ; une part de conscience ignore ce que l’autre fait, parce que l’on se tient de la réponse à la question ou de la question vers la réponse, mais difficilement ou impossiblement des deux à la fois et en même temps. Chaque conscience est une pièce de monnaie, qui si elle se retourne elle-même tombe toujours sur la même face (il n’existe que deux piles ou deux faces, mais jamais pile et face à la fois).

Le surplus d'être, ça vient d'ailleurs

Opposé à cela la philosophie parait tenir que la conscience est « à soi », purement et simplement. Mais la philosophie ne définit pas du tout la conscience engagée en un moi, mais la conscience ne son être radicalement structurel et indépendamment de tout ; si il était impossible qu’une telle conscience puisse être tenue, rien en serait plus possible ; le sujet même de la science disparaitrait (sujet que la science « absente » mais elle l’absente parce qu’il est, et non parce qu’il n’est pas ou n’a pas lieu d’être), et le moi tout autant se rend inexistant (puisque le moi est non plus l’absence, voulue, du sujet mais l’ignorance que l’on en est un, de sujet ; ce qui pose le problème du devenir structurel de ce que l’on nomme un « moi » et que l’on condamne généralement à un conglomérat de corps-langage, comme dit Badiou).

La conscience (ce que la philosophie a propositionné comme pensée, grecque ou dieu, chrétien, ou sujet, à partir de Descartes, dont Kant ou Hegel formulent toutes les ampleurs mais que les grands sujets ensuite outrepasseront en tous sens, en tous les sens possibles) n’est pas un contenu. Ça n’est pas une idée ou un système d’idées. Si ça n’était que cela, ce serait un système parmi d’autres (et tous les systèmes se contrediraient absurdement).

Ce que l’on nomme «conscience » désigne un être, tout à fait réel et qui, comme il ne tient pas aux contenus, n’y colle pas, est une forme, une structure ; les grecs définissent cette structure selon ce qui quasi instantanément leur vient à nommer, définissent cette structure comme rapport à l’être ; la structure ne vise pas du tout à remplacer la Parole. Elle l’outrepasse, elle en ajoute uen dimension qui est à elle-même sa propre expérience ; la pensée grecque ouvre un autre et nouveau champ d’expérience qui réclame de chacun qu’il soit la pensée, de même que Descartes réclame que chacun soit un sujet ; qui est en plus.

Si l’on remonte dans la structure on commence non pas surtout à la comprendre, mais essentiellement à la construire, à la créer ; puisque cette structure n’est pas (dans les mondes particuliers antérieurs, sinon toute absorbée par chaque fois sa synthèse, de la base au sommet de la pyramide), et que soudainement elle renverse la pyramide et que sur la point elle commence d’écrire. Ou donc au sommet de la pyramide synthétique, s’invente une pyramide inversée qui écrit sur sa point et dont la base, inversée, tend vers le donné là (le monde) et le là du donné (de importe quel monde et qui existe en plus de tous les mondes, et que les grecs nomment l’être et notre-être dans l’être, tout comme Descartes le décrit comme sujet et sujet sur l’étendue, dont le bord est cette suspension du doute-cogito, ce par quoi il est un sujet pour lui-même, réflexif, qui se-sait).

L’impossibilité du sujet comme effectuant le sujet lui-même (sans quoi il ne serait pas)

Le sujet, ou la structure dans son activisme ou la forme ontologiquement, est impossible mais la structure existe et si elle ne peut pas remonter son être même, (elle n’a pas et n’est pas un contenu qui se prédisposerait lui-même, ce qui serait dépendre de lui-même), cette forme donc est alors, donc, tellement non dépendante, qu’elle n’est pas même dépendante de soi ; c’est pour cela qu’il faut noter conscience de (soi). Le (soi) existe mais totalement non identifiable à quoi que ce soit ; il n’est que le rapport, le rapport qui (se) crée. De faire retour (il nait d’un contenu), il se produit (vide formel en plus d’être tenu de tel ou tel contenu). Comme il nait rétroactivement, il ne dépend de rien. Il dépend un peu de ce contenu ou de celui-là, mais si il leurs était collé absolument, il ne saurait même qu’il existe … comme rapport. Donc il est autre. Il est toujours déjà radicalement autre, que tout.

Ou donc ; il ne fait que naitre. Il ne fait que cela, il nait. Il nait sans cesse, purement vide. Il se produit, surgit dans la cervelle vers le réel. Purement vide non de ce qu’il s’effraierait de tel ou tel contenu qu’il emprunte, mais justement de ce qu’il le traverse. Quand bien même cela serait-il l’autre versant ignoré de la pièce.

Si il était le contenu « qui se sait lui-même », il serait dramatique qu’il en ignore une partie (et cela est effectivement dramatique en un sens pour le conscient ou le moi dans son identité), mais il n’est pas le contenu, et donc outrepasse tout contenu, et lorsque cette conscience se veut ou cible dans le monde ou le donné là ou le là du donné, elle tisse des possibilités dans le donné là et le là lui-même. Elle se soumet à toutes les causalités et Q-R que l’on voudra, mais elle est sans a priori dans le donné et le là, et c’est de là, de là –bas ou de l’ici et maintenant ou de l’ici même qu’elle constamment retisse le déterminé par l’indéterminé, les crevasses, les défaillances, les ouvertures dans la masse du monde, elle incruste sa DimensioN compte tenu de tous les contenus.

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