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instants philosophie

Peut-on trouver, là, dans le monde, la vérité ?

13 Janvier 2015, 09:39am

Publié par pascal doyelle

Peut-on trouver, là, dans le monde, la vérité ?

Pensée grecque, pensée chrétienne (et affiliée)

Il apparait, on le sait, que le meilleur accord sur la vérité viendrait de l’établissement d’énoncés clairs et distincts, indiscutables, calculables par quiconque et échappant à la subjectivité.

Ceci demeure l’idéal, mais l’important n’est pas de patienter. Il en suffit absolument pas de dire ; en attendant la réalisation de l’idéal de l’énoncé clair, il faut juste simplement suspendre et dégager la vue afin qu’un jour peut-être on en sorte une telle vérité objective, visible par tous.

Parce que la réalité est que dans l’absence d’une telle « vérité », on a installé une autre sorte de vérité et qui fait système et qui peut, qui s’applique effectivement et réellement et porte ses effets et ses conséquences visiblement et sans attendre qu’il y ait une telle vérité, puisque ce système de vérité très exact (puisque réel et historiquement réalisé et ayant des effets) est précisément l’objet, l’objet absolu, l’objet systématique, l’objet défini et concrétisé qui n’a cessé d’être non seulement pensé mais curieusement n’a cessé d’être réellement réalisé d’abord… Il y eut d’abord la révolution française et puis Kant. Il y eut d’abord l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel et puis Platon. Platon pense lui-même de seconde main, pour ainsi dire, par rapport aux présocratiques, aux sophistes et après Parménide … Le christianisme et affiliés (que l’on étendra comme l’on voudra ; ceux qui surent et purent reprendre théologiquement et philosophiquement les grecs, et cela inclue les musulmans, et comme la réflexivité est le retour-sur notre être, est ce retour lui-même, il est clair qu’un tel retour existe autant que l’humain existe et toute autre sorte de mystique peut y atteindre, étant entendu que la pensée ne tient pas à la « raison » strictement délimitée historiquement et localement, mais la raison se tient du réflexif, inversement) pensent et réfléchit après les grecs évidemment mais aussi après le judaïsme en tant que réflexivité dans le réflexif pur que constitue le dieu monothéiste.

Autrement dit on n’attend pas du tout qu’il y ait une vérité ; la vérité se réalise effectivement déjà, d’elle-même et cette ampleur n’est pas réunie arbitrairement par telle ou telle pensée, théorie, ou religion ou théologie ou mystique ou science ou psychologies, mais les pensées, religions et sciences se tiennent indissolublement de la vérité se réalisant.

De même on a établi l’Etat, et l’Etat est censé réaliser l’universel en acte, appliquant à chacun qu’il soit effectivement raisonnable. Or pourtant qu’institue l’Etat ? Sinon la liberté et la garantie de la liberté, ajoutant que pourtant bien que libérant la liberté pour ainsi dire, lancée sur le monde, celle-ci ne peut pas et ne doit pas se séparer de son étendue universelle. Autrement dit l’universel Etat a réalisé et cela signifie a rendu possible qu’il y ait activité libre de chacun, sous entendu que cette liberté soit en partie raisonnable et raisonnée, mais pas exclusivement ; le libre s’étend bien au-delà de l’activité de raison. C’est autre chose que l’universel et la pensée qui se réalise par la révolution.

Pour cela, on ne peut pas employer l’universel (communiste par ex, qui définit l’homme comme générique et non pas singulièrement), ni la religion, ni l’étatisme (qui dérive l’Etat vers la négation de son essence, qu’est la démocratie dont l’essence n’est pas encore compétemment dépliée, notamment n’est pas dépliée économiquement). Et la structure systématique, le régime de la liberté qui se déroule et s’est rendu réel de par soi, indépendamment d’une pensée ou d’un système et appliquant fondamentalement que l’on soit fondé sur ceci ; on existe ce que l’on comprend être, relativisant la pensée à cet être même que l’on est, à cet être-libre. C’est uniquement en tant que je comprends ce que je dis, veux, désire, imagine, que cette pensée, ce dire, ce désir, cette imagination, existent. C’est ce point là qui est absolument difficile, voir impossible et qui, lui, ne peut pas seulement être compris (par et dans un objet énoncé) mais doit se comprendre lui-même. Si l’on retire le (se) comprendre, on ne saisit absolument plus rien, quand bien même existerait-il une connaissance de l’objet.

Tout simplement parce qu’il n’existe aucun Objet qui nous les donne tous. Qu’un tel objet n’existe pas. Que si l’universel existe, et il existe, c’est en rapport à un être qui, lui, doit se comprendre et il n’est aucune application mécanique ou universelle qui puisse s’y substituer.

Ne pas intégrer que la vérité est une volonté, qu’elle est singulière, ou donc depuis que cela nous fut révélé, que la volonté est intentionnalisatrice, c’est encore traduire la pensée comme raison, et se laisser guider extérieurement. Intégrer que la volonté est intentionnalisatrice, c’est cesser de croire que l’objectivité ou l’extériorité ou l’universel peuvent atteindre la structure qui ne s’existe qu’en tant que sujet.

Rappelons que sujet signifie ; que la structure conscience-de veut remonter dans le rapport qu’elle est.

Pensée grecque, pensée chrétienne (et affiliée)

On a cru (et ce fut tout à fait logique, pensable, admissible) que le rapport qu’elle est, créait la vérité en son sein ; le rapport était tenu sous silence et on se focalisait uniquement sur le contenu, ayant pour ambition de modeler un contenu qui parle directement notre être. Puisqu’il se révélait alors que la conscience sourdait, naissait, était produite par les contenus spéciaux de l’intentionnalisation, que quelques contenus permettaient de déployer de la conscience en plus ; ce que l’on comprend dorénavant comme tel ; ces contenus spéciaux permettaient d’enrouler ou de dérouler la conscience en contenant non seulement l’énoncé mais le rapport de cet énoncé au donné là.

Les énoncés de vérité ne sont pas comme désignant le monde ou telle chose ou telle nomination de soi, et se cherchant en une synthèse qui parlerait l’ensemble de la réalité dans l’ensemble de l’esprit. Chaque énoncé de vérité est séparé et coupé en son sein par le rapport qui est ajouté au donné là, et ce par l’entremise du là du donné ; ce qui signifie dans la visée de rétablir dans le « là » et l’instant la complétude, la perfection ; au sens où, dorénavant tous les éléments sont là, présents, qui se tiennent et dont pas un ne manque. Ce qui est logiquement, tient instantanément tous ses éléments. Ce qui se parle en se brisant sur chaque Idée manifeste à la fois chaque Idée séparée et l’Idée des idées, que l’on ne peut pas nommer mais qui permet d’envisager, de visualiser, de viser la méta ou archi organisation des idées séparées.

Ce que l’on nomme alors le tout des idées est juste et seulement le Un. Et l’on voit alors que le système antique, la systématisation grecque jusqu’à Plotin et le néoplatonisme, est celui du Un qui dispose la séparation, les énoncés, et les tient un par un, d sorte que le Un qui méta ordonne est ce qui provoque, crée, invente, produit la séparation. La vériét est que le Un de la pensée grecque, le moteur et l’énergia ou l’idée des idées, est l’énorme production de ce monde jusque dans la séparation de la matière, du donné de la perception, de ses réunions coupées en idées, et qu’il n’est lui la réflexivité qui nous expose ces divisions (et lui seul, il n’est aucun Un qui soit Tout, le tout même est inexistant, sinon comme activité de pensée, pour nous, ou du penser pour lui seul), et que donc il faut penser pour accéder à ce qui est, ce qui « se produit ».

Dès lors que l’on va remplacer le un par dieu, le régime entier va changer ; mais c’est que la réflexivité chrétienne (et affiliés, cad via les arabes qui prennent en charge la pensée durant un temps, fortement influencés eux-mêmes par le néoplatonisme) va inventer une autre réflexivité qui à la fois sera bien moins construite et bien plus réelle…

L’articulation est toujours maintenue ; le donné là (le cosmos grec qui part de la matière au Un qui s’en exclu et crée la séparavité (active) de tout et donc la matière) et le « là » du donné (l’être comme étant le « réel-même « en son activité de « se produire » sous nos yeux et par lui-même, acquièrent en cela une objectivité radicale ; parce qu’il se produit et que l’on doit montrer à quel point il est Autre et qu’il doit être ardemment pensé si l’on veut par la pensée augmenter notre capacité d’être) sont remplacés par l’être-autre de dieu ; la pensée doit alors se forcer encore plus à relier, rapporter, articuler, réunir le séparé ; puisque plus la pensée réunit (sous ce régime de la réflexivité) plus elle sépare (il est absurde de croire que tout cela désirait le Un tout seul ou le Un comme Tout, la profusion des créations, des inventions, des idées, des systèmes montre que c’est la pluralité qui est désirée).

Aussi lorsque vient à la réflexivité de tout mesurer à la dernière conscience indéfiniment réelle (dieu) la production de réflexivité atteint son comble (pour ce moment là de l’histoire). Toutes les consciences doivent naitre par dieu en et par la Foi, qui seule permet, lance, crée en chacune cette re-naissance. Nées à nouveau en et par dieu, elles sont séparées du monde (de sorte que l monde et tout ce qu’il contient pourra alors être divisé réinventé), et donc coupées des intérêts envers le monde, le corps, le temps, la mort, etc ; et donc réunies une fois ces séparations montrées, exposées, reniées, et par dieu seul toutes réunies également dans la conscience infinie.

On comprend bien par là que ce nouveau régime entraine en lui-même une libération et du corps et du monde et des relations humaines et des relations à soi-même, et donc de « ce qui n’et pas relation » mais Rapport et tout à fait autre encore. Que cela s’agrandit et subit la poussée d’un Un bien plus fécond et vivant ; on pouvait peut-être attendre que l’on traduise dieu comme il en était du Un ou de l’être ou du bien et être en mesure de le penser, de formuler une ontologie et une métaphysique adéquate (un discours qui rende compte du Un métaphysiquement).

Mais il surgît une autre sorte d ‘ontologie, celle de Descartes (ou dont Descartes est une des expressions et au moins la plus pointue, lucide, patiente, ironique, observatrice, dégagée et souveraine en sa suspension claire et décidée) ; et par ontologie il faudra alors entendre autre chose. Il s’agira par Descartes du début de la description de notre-être ici-même, et l’onto-logie est alors la logique d’un être spécifique existant-là, et de même l’être deviendra l’étendue, l’étendue-monde.

Mais on voit bien, on entend bien que la séparavité selon dieu, selon la médiation (du christ ou de la communauté) est bien plus ardue et engage bien plus profondément dans le Rapport (par dessus les relations aux autres et à « soi » qui glisse sensiblement vers le rapport), et que ce type de rapport contient nécessairement ce qui par les grecs se nommait pensée ; il n’y a aucune contradiction mais le déploiement de la même division de tout ce qui est …. par le Un.

Le Un est impératif. En ceci que le Un renvoie incessamment chaque un à lui-même ; la pierre est un Un, tout comme la personne humaine est une, et comme le sujet est Un. Le un est ce qui libère et précisément détruit le Tout d’une part et les totalisations ou les universalisations fausses d’autre part.

L’universel en soi n’existe pas en soi et indépendamment. L’universel est toujours celui d’une autre conscience sur la vôtre. Est toujours la prison de votre liberté (alors même que le libre lui-même ne peut, ne doit pas se séparer de l’universel ; l’universel est nocif lorsqu’il n’est pas contenu par un Un).

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