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instants philosophie

Structure de notre être dans le réel

29 Janvier 2015, 15:22pm

Publié par pascal doyelle

Si l’être est le présent, il transverse donc toute la réalité, identique pareillement partout et à chaque fois, et comme notre être est le Rapport à (soi), dont on ignore de quel soi il s’agit.

Notre être est l’indéfini commencement.

On ne peut pas le qualifier d’infini. L’infini on ne sait pas du tout ce que cela signifie ; l’infini est une idée, cad un rapport, et effectivement, dans l’effectivité, l’infini est le rapport sans début ni fin qu’est notre être ; mais comme on sait dorénavant que cette absence de début et de fin est uniquement structurelle, on ne saurait l’écrire comme « infini » ; on ne peut pas le qualifier si positivement.

Notre être n’a ni début ni fin, puisqu’il est la conscience-de et qu’en l’occurrence l’important est le « -de ».

Il faut comprendre que la conscience n’existe pas en elle-même (elle n’a pas de contenu), et n’existe, cad ne surgit qu’à propos d’un contenu, mais dont elle est instantanément autre (sinon il n’y aurait pas de contenu, on ne pourrait pas désigner cela tel, le contenu est dit tel parce qu’il entre dedans le rapport). Mais cette altérité de la conscience par rapport à son contenu ne s’obtient donc en aucun contenu, mais en sa forme ; de n’importe quel contenu, la première évidence que l’on atteint est qu’on le-sait. Ce rapport se-sait, et ce savoir est autre, de sorte que tout pourra bien défiler sous ses yeux, il demeurera inchangé. En retour il n’aura jamais de visage ; il est inutile de lui chercher une identité ; il n’est absolument pas du monde, du corps, du moi, de quelque dieu que ce soit ; ça n’a pas de nom ni de correspondance avec rien (ce qui lui permet d’en obtenir ou d’en créer avec quoi que ce soit).

Quel que soit le contenu, cela de ce point de vue n’importe pas, tous les contenus a priori s’équivalent et en un sens signifient tous toujours le même rapport ; soit donc le rapport nommé par la philosophie, le rapport à l’être, qui ne désigne rien sinon cette formule même, la philosophie est purement formulative ; sauf ça n’est pas le nombre mais le rapport que la conscience-de, qui est réflexive, entretient-avec, soit donc le réel ou l’être. Et elle n’entretient qu’un seul rapport.

Mais puisque la conscience-de nait d’un contenu, aucun contenu pourtant ne la contient et elle ne s’identifie à rien du tout ; serait-elle nommée telle « conscience-de », cela ne l’atteint pas. Rien en réalité ne remonte jusqu’à son origine, son surgissement ; elle surgit de la cervelle, physiquement, physiologiquement, en un arc réflexe, et tend un arc de cercle arcbouté sur le réel, le donné là, mais bien plutôt le là du donné (que l’on nomme ici le Présent, entendant le point Ici-Même, chaque fois Un et incommunicable d’un point à un autre ; par contre chacun sait parfaitement qu’il est « son point-un », c’est le même pour tous, pour toutes les consciences-de.

La conscience nait à propos d’un contenu (quelconque, peu lui importe, ce qui signifie ; peu lui importe qu’elle soit Pierre Dupond ou de tel groupe humain ou de tel système, c’est toujours le même mécanisme ontologique qui est activé) et s’en émancipe instantanément ; elle ne le sait pas forcément de la même manière… Elle le sait dans les mondes humains particuliers en intuitionnant sa synthèse (chaque fois singulière ; le sacré des tribus, le divin chinois, les dieux divers et variés, etc, soit donc étant une pyramide de la base au sommet, la synthèse se tient de la pointe élevée, et retourne vers la base, de sorte que tout monde humain quelque part se sait comme structurel).

Mais il se trouve qu’au moins un monde humain particulier a engendré la conscience de soi … de la conscience ; il a nommé cela « pensée » (ce qui ne veut pas dire que les autres mondes ne pensent pas, mais que l’on réserve « pensée » à ce monde là qui a connu qu’il pensait, qui a réfléchit son être formellement, en posant son Rapport ; à l’être, pure formule vide et de rapport, ou plus tard lorsque le sujet s’existera « au réel », c’est le même que l’être).

Ce faisant la conscience-de n’est pas nommée (le sera par Husserl), ou isolée par l’attention (Descartes, qui inaugure la possibilité du retour et permet de passer de la métaphysique-discours à l’ontologie-réflexive, qui situe notre-être dans le « là », pour Descartes l’étendue comme monde), comme telle ; elle se dit « pensée ». Ce qui signifie que l’on va user de mots pour exposer ou inventer ou ajouter au monde et au langage du groupe, une « auto expérimentation ». Au lieu d’en passer par le groupe pour dire le monde, les choses, etc, il faut élaborer sa propre expérience telle qu’elle puisse s’exprimer et se repérer dans le monde donné là ; en laquelle expression il est trois extensions ; le monde (cosmos), le donné (tout le perçu, y compris la pensée entant que perçue dans le texte même de sa consistance, comme on dit), et le « là » (soit donc l’être).

Ce que l’on nommera plus tard « raison » est d’abord essentiellement Cohérence et bien plus nourri de son ampleur décisive. Ici et maintenant tous les éléments qui sont énoncés sont compréhensibles et l’activisme de penser ne pense pas au-delà du constatable ; par ex, un raisonnement doit se tenir, subsumer ses propres éléments tous « là », rien n’y échappant de ce qui est énoncé ; ce qui interdit de penser au-delà de la prononciation, et surtout ce qui affirme qu’ici et maintenant le « ce qui est » est parfaitement tout entièrement « là », il n’y a pas d’en plus de ce qui est « là », et ce qui est là pour être compréhensible est égal à la pensée, cad l’intentionnalité, que l’on en forme, mais ce qui est uniquement une opération ; la procédure même par laquelle on peut commencer de saisir ou être saisi de la réalité comme vivante ; ce qui donc contrairement à ce que l’on prétend en la caricaturant, n’implique pas la clôture … puisque de fait des systèmes, il y en aura des tas.

Et la vie du cosmos c’est la pensée (ça n’est pas la vie ou le vivant biologique), ce sont les mille et unes manières d’intentionnalités qui permettent de produire la vision du monde, du même monde qu’habituellement mais tout autre, mille fois tout autre, variant selon les systèmes intentionnalisateurs ; parce que ça n’est pas le système, celui-ci ou celui là, qui valent (d’où qu’il est ridicule de préférer Platon à Nietzsche ou inversement), mais c’est le regard qui doit être modifié…

Ce qui signifie : chacun. Chaque regard doit être modifié et la philosophie est la modification de ce regard, et comme ce regard est la pointe ultime de notre réalité (on peut dire que le regard, la structure est le réel pointu dans la réalité globale humaine ou personnelle), modifier ce regard entraine, engendre, produit, crée un ravage interne et externe de notre réalité.

Or la philosophie ne crée pas « cet-être » ; elle est la discipline qui tente d’une rendre compte (elle est même la seule, ou plus exactement dès qu’une théorie approche de cet-être, elle se transforme en philosophie, la philosophie est la formulation de cette forme-là, c’est structurellement que ça se transmute en pensée philosophique, cad doit intégrer ses conditions d’exercice, sans quoi ça théorisera le bios ou la société, etc, mais pas notre-être). Ne créant pas cet-être et marquant uniquement que c’est « cela » qui arrive à l’humain (qui ne peut plus se clore sur un monde, groupe, langage particulier), cet-être continue à la fois de briser constamment le monde, donné, là, et de constituer non pas un monde en plus, mais des Uns en plus ; le Texte sacré (unique et total) devint des Œuvres, une par une, ou des systèmes un par un, ou des événements (1789), etc.

Si il n’y a plus de tout, de vérité (mais des tas de vérités), c’est parce qu’a émergé le Un. La source.

Et depuis ça se déverse. Mais cela intime à chacun de se prendre pour ou selon le Un, mais comme le Un est précisément un, on ne peut pas l’être de manière commune, habituelle, mondaine, directe, objective, et commence alors le mouvement interne (que l’on ne dira ni intérieur ni extérieur) à la structure (et que l’on pourrait qualifier d’externe autant qu’interne puisque par rapport au un, il n’est ni interne, ni externe ; le un est l’unilatéral, l’univoque absolu qui est tout entier tourné vers le donné là et se tord et se retord ; rien ne peut perdre le Un).

Comme le Un est notre être articulé au présentement, et comme la philosophie est la discipline qui ne lâchera pas la morceau, qui continuera (c’est structurel à la philosophie même) à vouloir ici et maintenant tous les éléments, tous les éléments, sans rien céder ni à l’impossibilité de la structure (elle ne peut pas apparaitre dans le monde, d’où le dialogue interne à la philosophie qui demande que l’on change son regard lui-même, cad la pointe extrême qui ouvre et ferme, oriente et désoriente notre être, la pointe structurelle, et donc notre réalité, humaine ou personnelle, langage, monde, relationnel, etc), ni au monde ; de là que la philosophie entraine en plus qu’il y ait la raison, les esthétiques, les éthiques, les idéels, les politiques, etc, tout autant qu’elle accompagne tous ces devenirs issus de la structure (puisque la structure de conscience-de est ce qui surgit de tous les mondes humains, s’en fout et crée son propre rythme, et comme elle est réelle, est réellement une forme existante, elle épuise toutes les idées, images, corps, vécus, humanisations et personnalisations, c’est le système, formel, de cette structure qu’ébauche, qu’élabore la philosophie, non pas en passant par l’esthétique ou le littéraire ou l’idéel, les maths par ex, pour les grecs, ou les sciences ensuite, mais en se confrontant directement à « ce qui nous est arrivé », à cette structure même).

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