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instants philosophie

Accélération et dilatation de notre être

25 Février 2015, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Comme la conscience est un être séparé autre que l’imagination, la perception, la raison, le langage, etc, elle suit donc sa propre aventure et comme cette conscience, séparée, est tenue ici pour la pointe de notre réalité humaine, et ce que l’on nomme comme étant notre être lui-même, tout à fait autre et sans correspondance avec quoi que ce soit qui existe dans le monde.

Encore donc faut-il préciser ; la conscience, la conscience-de, le mécanisme de conscience, la structure actuelle, l’articulation au réel, est nommé « notre être », mais ce serait bien plutôt l’humaine et la personnalisation qui sont les effets de cette structure ; qui bien qu’indifférente à la violence, et étant elle-même spécifiquement un être subtil, lui préfère le grand calcul stratégique aux petites tactiques mondaines et immédiates, celles noyées dans le flux des finalités données là, finalités réductrices et qui toutes tombent dans la disparition.

Et si notre réalité est cet-être, alors il devient difficile de délimiter son rayon d’action ; éthique, esthétique, politique ou idéel (maths pour les grecs, puis sciences, etc) circonscrivent des régions (inventives) dans la réalité donnée (découverte et explorée et autant d’étendues, d’extensions et d’intensifications de sa matérialisation, qui est tout autre chose que sa matérialité), qui produisent des domaines intentionnels, mais il est impossible de circonscrire son action à l’éthique ou à l’esthétique, etc, alors qu’à chaque fois, lorsque bien menée, c’est notre être qui en sa racine est touché, atteint, modifié par l’expérimentation. Sa racine se déplace.

Ce qui modifie la conscience-de porte donc conséquence sur toute l’étendue de notre réalité ; ce qui oriente ou désoriente la pointe cause structures et destructures dans toute la pyramide inversée, celle qui repose sur la pointe. Distinguons donc notre réel, notre être spécifique (qui n’est pas le « nôtre » mais dont nous sommes les effets, comme dit), de ses réalisations, des réalités, et donc distinguons le réel de la réalité.

Ce qui constitue le cœur, le centre, le point de notre réalité est notre être réel ; soit donc l’activité ou l’activisme de conscience ; est parfois subitement engagé dans une accélération de son principe, de son être ou une dilatation. Lorsque cessant de se contrôler par ses contenus, s’éprend de sa structure, de sa forme, l’accélération ou la dilatation, formelles, constituent le devenir propre de toute conscience, de chaque conscience ou sa possibilité (le désir amoureux peut sembler pour un moi tout au moins, le summum de son état de moi, par lequel il s’outrepasse ou explose outre son moi la conscience qu’il est, en l’accélérant et dilatant ; pour un moi c’est sa plus grande capacité vécue, mais inutile de dire qu’il existe quantité d’autres possibles de la Possibilité).

La structuration intentionnalisatrice s’emploie alors à être selon son ontologie spécifique, celle qui relève du réflexif pur (ce qui donne les sujets sou les grands sujets). accélération ou dilatation, intensification ou extensivité que provoque l’œuvre, l'esthétique, l'éthique (dont le désir d'être ou l'état amoureux pur les mois), la politique et la soif révolutionnaire, l'idéel et l’objectivisme ou donc ce retournement interne de tout cela et du monde, qu'est la philosophie (et la constitution d'un sujet, d'une remontée dans la pointe de conscience constitutive). Il est nombre d'esthétique emportée vers l'éthique et/ou la politique ou l'idéel, et inversement et réciproquement, puisque c'est le même notre-être qui œuvre et creuse la structure dans la matérialisation (aboutissant actuellement au corps-du-moi)

La mise en possibilité de notre être n’est pas du tout conquise, admise, effective or pourtant en même temps elle l’est toujours et constamment ; la structure de conscience réserve de fait son potentiel puisque son « essence » est sa structure même, son programme est sa forme et non un contenu ou une composition (inutile de cafouiller à définir ceci ou cela ; la potentialité, cad la puissance au propre et au figuré, est en réserve de soi, en réserve de (soi), et on ne connait jamais ce que l’on « sait » a priori, la conscience déploie le savoir, ou donc le se-savoir, qui outrepasse le connaitre, relatif à un objet, mais qui le "voit" littéralement sur la surface du monde, qui le voit par son corps).

Or cependant elle crée de telles compositions qui reçoivent la formulation de sa forme, comme les grecs les universalisations (éthique, esthétique, politique, idéel, ajoutant à cela la discipline, la philosophie, qui se charge de penser cet être-en-plus du groupe et du langage et élaborant ses machines intentionnalisatrices et explorant son empirie propre, celle qui se dévoile à partir de cet être nouvellement su par lui-même, et qui de ce savoir, de ce se-savoir, se modifie et rematérialise quantité de différences dans le monde).

Puisque c’est cela la finalité, celle qui échappe au monde et dont les finalités ne retombent pas dans le monde ; les finalités structurelles qui s’adressent au présent même. Autrement dit les finalités structurelles qui ne retombent pas dans le monde, ce sont celles qui habituellement se posent comme éternelles et divines et surréelles. Mais si l’on suit notre schéma la réalisation de notre être s’effectue en et pour et vers le seul présent.le seul présent qui doit absorber la puissance et être retrouver, et retrouver la puissance, la potentialisation.

or une conscience est du début à la fin, la Même ; pareillement qu'il existe un seul présent, il est de chacun une seule conscience continuée qui se calcule en interne (usant de tout le reste, intériorité ou extériorité, corps ou langage, donné ou monde des mois, etc).

Cela revient à dire ceci ; il faut se structurer l’âme ou ce semblant sans-nom qui n'existe pas, que l'on nomme ici la structure, suivant l'identification qu'a opérée la philosophie en décortiquant notre être, depuis le retournement cartésien du réflexif, Descartes, Kant, Hegel mais ensuite achevant la précision Husserl, Heidegger, Sartre. l'emploi technique des idées, des rapports, parce que notre-être est la technologie sur le donné et s'est inventé cette structure de conscience sur la surface-étendue du donné.

Et ça ne s’effectue qu’ici et maintenant. C’est ici et maintenant que s’active la conscience potentielle ; on ne sera jamais que ce moi-çi, mais la structure, fragile, de conscience, qui déploie son élaboration structurelle prend pied de et pour mais aussi par le seul présent. C’est la structure qu’il nous faut activer, poursuivre indépendamment et indépendamment de tout. Puisque le présent est l’être, l’être est antérieur (ontologiquement, et non dans la mondanéité ou la détermination, et pour cela la philosophie est seule à poser l’ontologie comme antérieure), et travaillant notre conscience (cad la structure de conscience, la structure comme vide et forme et ayant à remonter dans son être structurel et non en une « intériorité »), c’est cette élaboration qui crée la fibrillisation de notre être, qui élabore les rapports à partir du Rapport que la conscience est, qui provoque ses tissages qui n’apparaissent que par la conscience et ce au travers, littéralement, des contenus.

Puisque les contenus créés par et pour la conscience ne sont lisibles que par et pour une conscience qui les prend en elle-même, en plein (et non dans l’objectivisme ou l’objectalité). Il faut retourner la conscience pour saisir la philosophie, ce qui veut dire en être saisi. Il faut œuvrer sa perception esthétique pour être pris d’une Œuvre, il faut se conduire le comportement pour remonter du corps à la conscience éthique, il faut penser la constitutionnalité des sociétés humaines pour rechercher la politique.

Pour en être saisi, il est clair que ça ne se découpe pas … on n’isole pas un morceau de l’œuvre, ou d’une pensée ou d’une éthique ; et si l’on est saisi, c’est que l’on est dessaisi de « soi », de son moi (étant entendu que l’on est forcément un moi et que même on n’est que cela … et que donc le dessaisissement est impossible, que le sujet est impossible, ce qui ne l’empêche pas). Ce dessaisissement est précisément que l’on n’y est plus mais que n’y étant plus, on existe dans l’en-plus ; la structure de conscience est toujours en plus de ce qui est. Or il n’existe de fait rien d’autre que ce « là », ce donné.

Donc l’élaboration de conscience n’est pas le conscient, la pensée n’est pas la raison (tout cela se retrouve dans le donné et la surface, non en dehors, sur le bord) ; pour comprendre une pensée, il faut penser soi-même, et ce qui se dit dans une pensée, c’est non pas l’être, mais notre-être/dans-l’être. C’est ce rapport que créent les grecs, que dieu comme dernière conscience possible entame dans le monde ; que l’on y croit ou non cette structure est devenue nôtre, plus que nous même, pareillement tous sont cartésiens, de fait, puisque Descartes montre cet être tel qu’il est, et ne présente pas du tout une idée de nous-mêmes.

Ce qui s’est réalisé est la mise en distance de notre être, la problématique absolument impossible, puisqu’il n’est rien qui puisse relativiser ce qui n’a aucun rapport (avec quoi que ce soit) … et pourtant c’est cela qui est réalisé, au moins en un sens ; de le montrer, sinon de le démontrer.

La philosophie n’a pas abandonné de le démontrer … aussi incompréhensible cela paraisse chez Heidegger ou Lacan ou irrationnel chez Nietzsche ou délirant par Rimbaud ou Artaud ; ça se cherche, ça cherche son expression, cad les intentionnalisations par lesquelles on pourra soulever le noyau, comme d’un levier, d’une série de leviers. Et comme on ne peut pas atteindre directement ce qui non pas sans cesse (comme d’une essence qui serait repoussée à l’avenir) mais de fait, par nature, recule parce qu’elle est en retrait, ce sera transversalement qu’elle est accédée ; transversalement ça doit susciter en la conscience de chacun en ceci qu’il faut prévoir comme par devers soi, la prédisposition, l’antériorité d’être, le reflux incessant, la vague du réel qui poursuit les réalités, être saisi de ce qui préexiste constamment, la retenue de conscience qui fabrique notre âme et ce pour une raison ; afin de remonter si singulièrement l’horloge que le temps s’arrête et que se presse l’unique conscience continuée que l’on est.

Devant chaque œuvre, la structure de conscience remonte dans l’antériorité et de chaque œuvre se gonfle d’antériorités. Lesquelles antériorités sont instantanément reportées vers le monde, puisque la structure de conscience (sans contenus) travaille vers le réel, est la jointure des réalités et du réel et que cette jointure dépend de notre motivation à être.

Sans doute cette jointure est active constamment, et qu’on le veuille ou non elle s’existe (puisque la conscience est en nous, en notre réalité, une structure-autre, n’ayant rapport avec rien sinon le retour, le rapport qu’elle est dans sa dimension fragile) mais on comprend bien que sa prédisposition de soi (son se-savoir qui n'est pas nécessairement connaissance, qui est entame de l'intentionnalisaiton vers son origine structurelle) accélère son activisme ou dilate sa durée, et l’on ne peut attaquer frontalement son être (ce serait ripper là-dessus et toute attaque frontale serait elle-même un symptôme d’une intentionnalisation précédente, ou un fantasme de retour au moi) ; on ne peut pas le vouloir et son atteinte, son accession n’est pas la volonté mais l’intentionnalisation transversale, la ruse, la dilatation du temps, le raccourcissement ou l’extension de l’espace.

Raison pour laquelle c’est l’intentionnalisation de conscience qui fut découverte après la volition cartésienne bien étrange déjà.

On comprendra de ce qui précède, qu’il ne s’agit nullement de connaitre ce que l’on fait … mais d’appeler l’horrible, l’épouvantable, l’abominable structure du Rapport insensé, la racine qui se meut, et qui creuse plus que le réel. Qui entame le réel, qui sabre le réel (et donc emporte très largement toutes les réalités) de sa lame.

Ou donc ; la philosophie a pour finalité d’emporter toutes les réalités, les systèmes, les langages, dans le creuset, la forge ou l’explosion interne du réel. Ce par quoi il est plus, en plus de lui-même.

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