Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

L'échiquier du réel, l'inertie de la cervelle

15 Février 2015, 17:30pm

Publié par pascal doyelle

Nous gigotons dans un nuage irréel, parce que notre conscience qui pourtant est l’articulation au donné là, (et donc au là du donné, à l’être, à l’effectivement présent au-devant, au réel même), notre conscience est aussi issue de la cervelle et que celle-ci baigne dans son rêve éternel, cervelle pour laquelle il n’est aucune réalité extérieure, qui ne conserve que des images, perceptions, stimuli, physiologies, etc.

Alors la conscience qui n’a rien d’autre que sa forme pour exister, s’emplit de quantité de stupidités et d’idioties, et devant faire face néanmoins à toutes ces cochonneries et débilités intérieures, elle s’y personnalise ; et c’est à ce point là de folie terrifiante. C’est à ce point là que la conscience n’a pas d’épaisseur et que son épaisseur elle le prend des contenus et que si ces contenus viennent de la cervelle dans son rêve éternel, ça l’énormise affreusement, ça la déforme et toute entière puisqu’elle n’a pas de substance, la conscience, qu’elle est formelle seulement. Lorsqu’elle prise dans un contenu qu’elle intentionnalise et reçoit passivement, elle tourne en vrac ; elle y est à la fois intégralement (et sans épaisseur elle y succombe instantanément, il lui faut un effort supplémentaire pour se rétablir dans le réel), et en même temps pas du tout ; et la conscience prise dans la cervelle est de toute manière toujours une conscience horrible, non pas horrible de tel ou tel contenu, cauchemar, mais par principe horrible, puisque s’échappant … dépourvue de tout rappel à soi, qui se quitte, se perd, s’enfonce, s’enfonce sans qu’il y ait d’espace, ou de temps ou de choses, il n’y existe plus que les signes des choses, des images.

Si ce sont des cochonneries en l’intérieur, dans la cervelle, ce ne sont pas des cochonneries sexuelles (qui elles nous en préservent … nous préservent de la masse noirâtre par principe de la conscience éperdue dans la cervelle, en proie à l’agonie intérieure hors temps, paralysée et mangée par les trucs qui trainassent là-dedans, paralysée par le principe même de noyade dans la masse close et sans extérieur de la cervelle). La face inverse de la conscience, tournée toujours nécessairement par la cervelle, est en soi (quand bien même les contenus ne seraient pas bouleversants), est en soi noire et sans fond, aveugle et abaissée.

De l’autre côté il y a le réel ; et ça ne tient que si la conscience se tend vers le réel, mène une intentionnalisation ; mais l’intentionnalisation ne dispose pas de tous les éléments qu’elle met en œuvre, elle est fixiste ; elle focalise sur ceci et passe par-dessus, fait l’impasse sur les mises en œuvre, aucune conscience ne contrôle les éléments ; elle tisse par-dessus les éléments et sans soucis, parce qu’autrement il lui nécessiterait un temps infini pour contrôler chaque apport, chaque retrait. Elle pose donc des points, sur lesquels elle tisse, et ces points (dans le monde) sont aussi des pions sur une partie engagée et dont elle tente de se débrouiller.

Au travers de toutes les liaisons, les nécessités, les systèmes, les signes, langages, etc, il est une conscience mais plusieurs visages qu’elle supporte, et il n’est pas une identité qui les réunirait toutes. L’inépaisseur de conscience, qui lui permet d’emprunter les intentionnalités diverses, est aussi ce qui lui impose le remplissage intérieur, sa version côté cervelle, tirée par le dedans horrible, dont le principe d’attraction est horrible, que les causes et effets soient agréables ou non. Mais cette retenue monumentale du dedans pousse à être le corps, puisque le principe du dedans est principe d’inertie, tandis que par l’articulation de conscience sur la partie, l’échiquier qu’elle prévisionne autant que faire se peut, tire vers le dehors, l’étendue, le réel. Et le déplacement du corps sur le réel, l’étendue, la surface, est une vue externe tandis que l’inertie de la cervelle s’enfonce dans le corps sans étendue, l’irréalité non intentionnelle en ceci que les contenus irréels de la cervelle emplissent passivement la conscience, alors que sur l’échiquier du dehors, de l’étendue, sont éprouvés des points dans le réel.

Pour déplacer le corps sur le réel, la conscience doit alimenter un circuit, une stratégie inaperçue, elle doit créer ses points d’ancrage, et c’est ici qu’intervient la forme de conscience, qui se cherche ; ce qu’elle crée est l’interposition, de ceci qu’elle invente des formes de signes dans le réel même, que l’on nomme cela éthique ou politique ou plus évident les esthétiques ou les idéels ; c’est que par la conscience on se situe immédiatement au plus articulé, architecturé et sur la surface même de l’échiquier, sur l’étendue donnée là. Mais depuis les suejts et les mois, il est en plus des universalisations, des points d'accorchage dans le réel, suivant l'intensité du suejt et la densité du moi.

Et donc on ne peut rien décider sinon de prévoir préparatoirement … notre être, cad le déplacement des pions à venir sur l’échiquier du devant, dans le réel.

Alors les mois auront beau tenter de contrôler les éléments, ça n’est pas cela parce que le contrôle d’éléments est toujours déjà absorbé par une partie … et que la partie, la grande partie se joue ailleurs et autrement ; il n’est pas de plan préétabli, mais par contre la conscience est une structure qui est à elle-même son programme ; le programme n’est pas distinct de la structure, il est non un contenu mais une forme, qui peut tout à fait interpoler les contenus sans jamais perdre le réel. Sinon de se perdre constamment dans l’irréel de la cervelle.

Commenter cet article