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instants philosophie

Là où nous sommes jetés

7 Février 2015, 16:51pm

Publié par pascal doyelle

Ceux qui comprennent la pensée comme un Gros Objet là au-devant s’excluent du même coup du Jeu Réel. La pensée pense le lieu qu’est chaque conscience et donc on n’y entre pas sans se modifier soi ; la pensée n’est pas la raison qui laisse intact celui qui objectivise, lui laisse son moi, et dieu sait que des mois depuis la révolution unique (selon ses diverses variantes à travers le monde), des mois il y en a des tas, des quantités.

Philosopher consiste donc à relativiser, rapporter les contenus à notre-être ; il faut s’y convertir ou continuer de croire que penser c’est objectiver ceci ou cela. Penser puisque cela modifie notre-être, oblige à transformer le sujet que l’on est ; philosopher est même cela seul qui y atteint.

Rappelons que la philosophie est, dans la révolution anthropologique qui eut lieu (au alentour des grecs, et qui consistât à outrepasser les mondes particuliers, des immédiats-des groupes et des langages, pour les remplacer par l‘articulation intentionnalisatrice ; en politiques, esthétiques, éthiques, idéels ; repris par la transformation acculturante énormissime du christianisme, recréer chaque conscience en vue de l’unique conscience indéfiniment réelle qui sera réintroduite dans l'étendue cartésienne du monde, et double mouvement qui impose en tout et partout la réflexivité même, et non plus tel ou tel contenu, telle ou telle synthèse particulière de mondes séparés), la philosophie est la discipline qui prend en charge notre-être nouvellement acquis, qui émerge hors des groupe-langages, des monde-paroles, des immédiateté-localisées, en ajoutant une architecture neuve, d’extension de l’intentionnalisation, qui sera suivie de l’intensivité chrétienne et cartésienne, et le tout s’engagera dans la densité des mois ; qui ont à charge d’incorporer la structure complète, universelle-extensive, sujet singulier-intensive en un Corps, cad en une Idée-image de (soi).

Aussi la philosophie est à la fois la compréhension de « ce qui est arrivé » à l’humain (en modifiant son processus d’humanisation, faisant apparaitre à la fois le monde et notre-être, rapportant notre-être, en deçà de tous les variantes particulières des cultures, à l’être, le « là » du donné, au monde unique en deçà de tous les autres mondes humains), mais la philosophie est elle-même l’activisme tout autant que l’esthétique ou l’éthique ou la politique, ou l’idéel (les maths des grecs par ex, les sciences de Descartes, ou humaines ensuite), aussi la philosophie n’est pas la totale compréhension de « ce qui se passe » ; elle possède également son exploration et son devenir ; elle doit à chaque fois reprendre et réanimer à nouveau ce qui fut antérieurement créé, le cheminement, la possibilité et à chaque fois elle avance sur le même trajet (il n’est qu’un seul réel et l’humain et un seul être quelles que soient les cultures et les mondes, les personnalisations et les corps).

Il est donc un seul « être de l’homme » (qui ne lui appartient du reste donc pas, ce sont les humanisations qui sont ses effets), un seul monde, un seul réel. Et c'est une structure vide et formelle. Et la philosophie à la fois au minimum montre, pointe du doigt, notre-être/dans l’être (la pensée via l’être, le sujet sur l’étendue, la conscience dans le réel), le décrit et en offre l’exposition, mais tente tout autant de le démontrer. De démontrer la logique qui est à l’œuvre et en quoi le réel est parfait, quand bien même cette perfection serait-elle non humaine, autre, lorsque les grecs nomment divine la pensée, ou pure folie que la foi des chrétiens, ou ensuite inhumaine ou absurde, in-sensée, ou comme il est dit ici ; monstrueuse.

Tout cela sont les placements et déplacements que la réflexivité effectue dans le donné là, et le là du donné (l’être, le réel distingués donc de la réalité, du monde, du donné) ; la réflexivité n’est pas le retour sur elle-même de notre nature humaine, mais la réflexivité est « cela que nous sommes », cet « être de conscience-structure », sans nature humaine du tout, structure séparée et distincte, et l’humain et la personnalisation sont les effets de cette cause unique. Prenez tout ce que nous sommes, dans le monde, le corps, les mois, les mondes humains, tout le barda, mais ajoutez-y « la conscience-de » qui renvoie tout à la reconduction ; et dans réduplication qu’est cette forme nue et vide, tout est renvoyé, peu à peu et morceau par morceau ; la forme travaille tout l’humain, et se cherche dans chaque corps. (la question étant alors notre corps est-il capable de supporter cette structure formelle ?).

Les longs moments de dégout (les romantiques), d’horreur (Lovecraft), de rejet furieux (Rimbaud), de folie, d’inhumanité, de délire structurel, les révoltes sincères ou abominables, les envies de révolutions qui parcoururent deux siècles, les refuges dans les subjectivismes, les appels des infinis divers et variés, les gnoses ou les satanismes, les transgressions ou les désespoirs abyssaux, les dégradations des mois par eux-mêmes et le poids du vécu, les dépressions et les effondrements, tout cela pose la question ; notre corps peut-il supporter cette étrange abomination que toute conscience est conscience du rapport (vide et formel) qu’elle est … ?

Parce que ce qui a Rapport à (soi), ne sait pas du tout ce que c’est que ce (soi). La conscience ne sait pas quel Rapport elle forme, qui étant rapport à (soi) est Un, mais ce Un est sans rien, et pur mécanisme ayant dominé l’archi des grecs, l’hyper des chrétiens, le sujet des cartésiens (tous sont cartésiens de fait depuis René), et poussant à être la densité dans l’incorporation par les mois… ce que nous subissons de plein fouet.

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