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instants philosophie

La prédisposition de (soi) : de la singularité

8 Février 2015, 15:07pm

Publié par pascal doyelle

On nomme donc architecture intentionnalisatrice l’ensemble des points que dispose la conscience sur le monde, le donné là, le là du donné (le réel ou l’être), et cette architecture est juste une trame tissée. Elle ne tient qu’intentionnalisée ; il est donc crucial, super essentiel que l’intentionnalité soit tenue ; que la conscience soit motivée, mobilisée, tendue sur ses repères, et que donc tout peut effectivement s’effondrer. Soit individuellement soit collectivement.

Ou donc il dépend de chacun, de nous, de chaque conscience et des consciences reliées entre elles, que l’architecture se tisse ; se tisse au travers de toutes les consciences, mais aussi se tisse en chacun. Chacun doit se disposer, se prédisposer. On n’impose pas par la « volonté », (d’autant que la dite volonté s’est découverte comme intentionnalité ce qui change quand même fondamentalement), mais par la prédisposition ; non pas de monopoliser en tel ou tel contenu de conscience, ni donc se soumettre à une volonté monolithique (qui se révélerait en partie la volonté d’autres, d’autres consciences puisque la base de toute formulation se tient dans le langage commun, ayant son fondement dans la parole particulière des groupes qui se prennent pour le monde, pour le donné, pour l’être même). Non pas toutes ces déterminations mais l’accès à l’être de chacun et ayant à remodeler la conscience même, chaque conscience, même la plus petite intentionnalisation, d’engendrer et d’engranger en chaque micro intentionnalité.

On ne ait pas ce que l’on veut mais on le veut et c’est là l’objet de la décision ; qu’il y ait les plus subtiles changements d’orientation de notre être en tant que notre être est situé dans l’activité minuscule de conscience ; que de fil en aiguille l’activisme tisse des ensembles. Et pour se situer dans l’anfractuosité en laquelle consiste la singularité (cad le moyen de ramener ou de tendre par la singularité, dont on croit toujours qu’elle est impossible) il suffit de se brancher sur les êtres-singuliers qui eurent lieu…

Les êtres singuliers qui eurent lieu, sont à disposition ; Descartes ou Rimbaud ou Liszt sont à disposition. Ce que l’on nomme éthiques, politiques, et plus encore esthétiques sont à disposition d’instruire à la Singularité.

On pourrait penser a priori que la Singularité est exceptionnelle, rare, voir quasi inaccessible, mais en fait la singularité doit être considérée comme « cela même qui est ». Par exemple qui nous concerne d’autant plus tous ; que tout moi nait et tend vers la singularité, et celle-ci constitue le fondement. Bien qu’elle n’apparaisse pas, elle est non pas tel ou tel objet ou contenu qui apparait sur l’horizon, mais est cet horizon lui-même.

Or il existe toutes sortes de réalités dans l’horizon, et la singularité première est précisément de ne pas sélectionner a priori ce qui alors risquerait de ne pas paraitre a posteriori. L’horizon est en soi fatale. Mais si la conscience s’en éloigne et se cadenasse dans un Ordre ou un Sens, l’horizon de toute manière reviendra puisqu’il ne s’efface jamais, il reviendra travesti, prenant à revers la conscience alors que celle-ci sera dans l’incapacité de non pas s’y opposer (on ne s’y oppose que dans l’interface illusoire de la volonté, du conscient, du moi dans son identité, etc) mais de l’enrôler, de l’enrouler, de rouler l’horizon lui-même ; on a dit déjà que puisque notre être (qui n’est pas notre « réalité humaine » qui contient des tas de causalités, de physiologies, de systèmes naturels ou humains)est la structure, il est impossible de la remonter, de la récupérer ; elle préexiste toujours à n’importe quelle pensée déterminée, étant la conscience non déterminée, ce mécanisme, qui permet qu’il y ait des pensées, des images, des désirs, des objets, etc, et que la philosophie est la discipline qui ruse afin de montrer puis peut-être démontrer notre être (non visible en soi).

Notre être pointu, la structure articulée au réel, est inatteignable, mais le supposer rend son accès comme une ascèse interne à la conscience même ; et ce que Bergson nommait la décision « libre » est précisément l’invention ou plus exactement la réorientation de l’horizon donné déjà là et contenant quantités de choses, de choses inatteintes.

Une partie de l’horizon est occupé par les soubassements du moi, de son identité ; rappelons que l’identité du moi est la partie émergée, celle au croisement de la cervelle (et tout ce qu’elle contient) et de la réalité, de ce corps et des autres consciences, etc ; une part du moi trempe dans la complexité enregistrée et une part s’articule par les compromis ; formulant une identité qui plus ou moins bricole un sens (ou donc ; le moi en son identité, qui est une part seulement de tout ce qu’il est, en son identité repérable par lui-même est l’ensemble des réponses dont il ne souvient plus des questions, pour ainsi dire ; la pièce qui retournée offre toujours le même côté), un sens qui sert d’unification (parce que le moi ne peut constamment se poser des questions, et se chambouler chaque seconde, il est une unification fonctionnelle).

Mais outre cette fonctionnalité il se tisse, en plus des systèmes intérieurs (physiologiques ou inconscients ou relationnels, puisque l’autre pour le moi est en partie déjà sa propre conscience, occupée par des contenus ou des identités dont on en sait pas à quelle conscience ils appartiennent …), par l’activisme de conscience vers le réel et tient donc l’horizon singulier et c’est par là qu’il est-déjà dans la singularité ; laquelle n’est donc pas exclusivement relative à sa subjectivité … à son subjectivisme … laquelle permet déjà par les étapes antérieures de l’architecture de conscience ; de l’universel des grecs en passant par l’acculturation gigantesque chrétienne, le sujet cartésien, l’humanisation des lumières, les grand sujets détraqués et fous structurellement, les existentiels ou les ontologiques, etc. et donc l’horizon qui se propose à ce que l’on dispose à être, est démultiplié. C’est uniquement parce que coincé dans une identité de moi, très partielle, que l’on ne s’y étend pas.

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