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instants philosophie

Le creusement historique du monde

11 Février 2015, 10:04am

Publié par pascal doyelle

Dans la mesure où notre être n’est pas la « nature humaine », (la nature humaine est notre réalité ; dans le monde, corps physiologies langage moi etc), mais est la structure de conscience qui existe indépendamment de n’importe quel contenu, cet être a créé, produit, élaboré sa dimension propre.

Du mécanisme de conscience qui s’éjecte hors de toute monde particulier, élabore une architecture (plurielle, des systèmes intentionnalisateurs, basés sur le mécanisme effectif de conscience -de) architecture d’intentionnalisations (qui se déploie de par soi en esthétiques, éthiques, politiques, idéels).

L’ensemble est dénommé réflexivité ; la réflexivité est « ce qui agit » et est le sujet même, le pivot radical, et la réflexivité n’est pas la réflexion « sur elle-même de notre nature humaine », ce qui serait la définition de la raison, qui laisse intouchée cette nature humaine, tandis que la réflexivité est la modification fondamentale antérieure à nos réalités humaines, qui en sont les effets divers et variés) la réflexivité grecque est reprise par l’architecture réflexive (interne au judaïsme) du christianisme, et ensuite se retrouvant à nouveau ici-même (dans l’instant de la découverte et invention de cet être structurel) par Descartes qui plante sur le donné là, sur l’étendue du monde, notre être, dépouillé et nu ; la description structurelle de notre activisme de conscience.

Le sujet, ce que l’on nomme tel, est la réflexivité en tant qu’elle se-sait et se déploie volontairement et est prise de passion pour son activisme ; la réflexivité se veut extensive (grecs), intensive (chrétiens), sujet proprement dit (Descartes qui découvre que la pensée s’origine dans un être, et abandonne la pensée métaphysique au profit de la pensée réflexive, qui peut être dite ontologique en ceci qu’elle montre l’être-réel qui pense (et non plus un Bien ou un Etre ou le Un qui se découvrirait dans le discours métaphysique et dont bien sur on n’obtient aucune perception, qui ne font que difficilement retour dans la réalité ou le réel) ;

Descartes, qui sera suivit par Leibniz et Spinoza qui s’interrogent sur « ce que c’est que l’étendue », que l’être soit une « étendue » (cette énormité fantastique) , et par Kant Hegel qui explosent la réflexivité même, soit transcendantale soit historiciste et dia-lectique ; puisque ce qui pose question est la nature de cet être, découvert, inventé ou exposé, extrait, exemplarisé, décrit comme sujet fondamental et lucidement et hyper objectivement exposé, par Descartes, qui existait ailleurs, qui était sup-posé par d’autres que lui ou par le statut et la profondeur des sciences nouvelles, par l’application des maths à l’étendue, et que Descartes à la fois théorise comme surprenante nouveauté et comme invention cartésienne de ce sujet (les trois à la fois ; découverte, invention et pointage d’un être qui s’existe en d’autres sujets),

et dont Kant et Hegel parcourent la distance ; Descartes à creusé une distance que Kant et Hegel remplisse de tout ce qui fut installé (Kant) ou engendré (Hegel) et tiennent « là » au-devant, objectivisent le cadre (Kant) ou les réalisations de cet-être producteur ; au sortir de Kant et Hegel tout est déposé au-devant, et il ne restera plus rien, plus aucun contenu pour les sujets qui suivront ; Kant et Hegel exposent totalement ce dont à partir du sujet on perçoit, observe, tout ce qu’il contient (de même que l’idéalisme allemand pousse aussi loin qu’il peut la pensée d’un tel sujet, ce qui signifie de la capacité de la réflexivité à se-savoir et dont l’humain ou la pensée ou les systèmes ou les idéologies, etc sont les effets); Stirner, Schopenhauer, Nietzsche, Kierkegaard, n’ont plus rien à se mettre sous la dent, ils doivent en tant que grands sujets creuser leur être ; fut-ce selon un irrationalisme ou un non rationalisme puisque par Kant et Hegel tout est éjecté hors de notre-être (dont on essaie de le penser comme volonté ou vitalisme ou énergie ou conscience de soi subjectiviste), que nous ne sommes plus qu’un regard neutre, vide, mais aussi formel et c’est cette formalité que Husserl et Sartre reprendront et réinventeront comme tel, comme regard formel.

De même à partir de la position du sujet, de la réflexivité qui se-sait et par Descartes elle ne se sait plus seulement comme pensée mais comme être originaire structurel (le réflexif-même, en sa description, en ceci qu’il devient pour lui-même son auto expérience, sa proto expérience, comme pour les grecs la pensée était vie et augmentation du monde-cosmos, le sujet cartésien est le point planté sur l’étendue-monde, autrement dit le bord) et à partir de cet ancrage radical (et pour tous, toutes les consciences Descartes marque totalement le repérage) peuvent se déployer toutes les sciences ou toute l’humanisation que l’on voudra du sujet absenté pour les sciences ou ignoré pour les mois) ; soit vers la révolution unique (qui contient en soi des tas de variantes mais que l’on ne peut pas annuler, sous peine d’anéantir la démocratie, le droit, l’Etat, la constitutionnalité des sociétés humaines), soit vers le monde des mois (la personnalisation, qui se fonde sur l’être-libre de chacun et la constitution objectale, soit du moi et de son désir soit des sciences qui l’observent), soit par les sciences et l’objectivisme (dont parfois la philosophie se croit obligée de se parer).

Le pivot est donc le creusement (cartésien en tant non qu’il le crée mais qu’il révèle cet être et qui le pensant évidemment accélère sa propagation, sa réduplication et pousse vers la singularité même) de cet-être en tant qu’entité formelle dont on essaie ici et là de combler le vide ; mais la structure n’appartient pas, à rien ni à personne, elle est Une et Voit. Elle voit « ce qui apparait » ; une conscience se pose toujours sur un horizon dernier sur lequel, toile de fond, tous les objets apparaissent.

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