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instants philosophie

Le moi noyé dans son drame

1 Février 2015, 15:55pm

Publié par pascal doyelle

De ce que le moi n’est pas sa conscience, il se croit être un-tel ; évidemment, il est dans la conscience mais comme elle n’est rien du tout, (rien du Tout, puisqu’elle est le Un, le Un en tant qu’actif et fou, monstrueux, non pas fou psychologique mais fou structurel, fou à la dimension de l’univers monstrueux ou si il est d’autres univers ou réalités en quantité, fou à la dimension du réel, l’oh-rible réel effarant, effrayant, aveugle et insensé qui déploie tout le Un sans se préoccuper de quelque tout ce que soit, sinon il ne serait pas le Présent), comme la conscience n’est rien du tout, il faut être un grand sujet pour croire penser remonter le cours de conscience … et ça n’est pas donné à tout le monde, puisque l’on doit pour y saisir quelque chose « en être saisi »… et que pour notre part nous ne pouvons que remonter en compagnie de Rimbaud ou de Ph K Dick, les accompagner. Ils sont exemplaires ; voila ce que cela donne lorsque l’on s’y acharne …nous disent-ils.

N’étant pas du tout équipé pour y comprendre quoi que ce soit, à la conscience, le moi se substitue ; il n’est jamais ce qu’il dit être, puisqu’il se perçoit alors tel ou tel d’un certain point de vue qui ne rentre pas dans l’énoncé. Si l’on se présente tel ou tel, c’est que l’on se voit de tel autre point de vue mais ce point n’apparait pas ; en fait le dit point n’apparait jamais, il est toujours hors de portée. Par exemple on a besoin de dieu parce que dieu force le point et permet de stabiliser ; mais sans-dieu, chacun est livré au tournicoti de la conscience ignorée qui peut prendre n’importe quelle place, position, mais jamais celle qui est énoncée puisqu’elle est celle qui énonce.

Le renvoi est donc continuel vers l’Horizon des horizons. Et puisque toujours il y a et qu’il doit impérativement exister des horizons, il existe toujours un horizon, le dernier, l’ultime, qui ne s’aperçoit pas et qui est « ce sur quoi les horizons, les autres paraissent ».

Dieu

La force de l’hypothèse dieu n’est pas de consoler ou de remplacer (puisque de toute manière si la conscience est rien en la remplace, on est par la conscience livré à l’impossibilité absolue, d’être, on n’y est pas objet d’un regard ou d’un énoncé, même le psychanalyste ne s’y substitue évidemment pas ; on le sait que l’on est là, allongé sur le divan … la conscience a déjà intégré ce « là », quand bien même n’y comprend-telle rien, personne n’y comprend rien, il y a un jeu interne à la structure dont personne n’est maitre, et les grands sujets parviennent à quelque point parce qu’ils en sont saisis, vivants, et rendus plus que morts, détruits, retournés en tous sens), dieu est afin à la fois de fixer le point mais comme il est dieu (cad par n’importe quoi) il est le point dernier qui maintient qu’il y ait un Point et qu’alors même perdue la conscience se retrouve au maximum de son possible.

(rappelons que dieu est "la dernière conscience possible indéfiniment réelle" qui pousse chaque conscience à naitre à nouveau selon ce schème, qui n'est ni une image, ni une idée, et que Descartes ramène avec force voir férocité qu'il existe des tas de sujets ... que chacun est sujet, déployant tout autrement le Même schème)

Ce que plus rien ne peut garantir en quelque manière et sens que ce soit ; et c’est pour cela que ça s’effondre. Ça s’effondre dans tel out el point de vue, et donc dans le monde ; puisqu’aucun point de vue ne surnage longtemps dans le monde, le corps, le vécu, les objectivismes ou objectalités. Tout cela est trop, beaucoup trop défini ; dieu n’est pas définir, il est une formule. De même l’être des grecs est une formule ou le sujet cartésien. Formules vides mais structurées en elles-mêmes.

Le moi pourra-t-il assurer sa logique ?

Parce qu’il n’est plus que des mois. Et rien pour les relier, sinon leur être. L’être du moi est structurel ; il est « ce qui est au plus proche de la structure même ». Rien de plus approché par la conscience que le moi, et c’est pour cela que si les grecs assurent l’extensivité de l’universel (l’archi), les chrétiens et Descartes l’intensivité du sujet (l’hyper selon deux modes ; le sujet-dieu, le sujet réflexif), les mois doivent en rechercher la densité.

L’idéal serait que les mois puissent s’exister dans l’image-idée de soi ; qu’elle soit suffisamment puissante pour que le sujet puisse exister en un moi, mais ça en se peut sans que cette image-idée soit une idée-image ; le moi ne peut ne pas se penser … rappelons que le moi est fondé sur le libre et qu’il est à lui-même réel, et qu’existant pour lui-même il est donc une idée (au sens strict cartésien, « ce dont je vois le rapport » clairement).

Or nous n’en sommes qu’au balbutiement de non pas l’idée-image, mais de l’image-idée ; n’ont de réalité pour les mois que les images… Ici ou là ça arrive qu’on se figure que l’on est une idée … Par exemple la Révolution a voulu fonctionné comme telle ; comme une Idée. Ou aussi la Société ; la Société c’est ce qui veut au travers de moi, ou c’est la Société, le Système qui décide, se positionnant comme moi victime, subissant. La difficulté que les mois éprouvent à se concevoir est quais invincible … à croire que c’est là que l’on va demeurer figé. Ce qui n’offre pas grand espoir.

A moins précisément que via l’image… il se passe quelque chose, que cela avance, se dirige, à vue, et tâtonnant, à l’aveugle ; à l’aveugle « ça se forme ». Quoi ? On ne sait pas. On est dedans.

Le mécanisme comme mécanique

Qu’il y ait entretemps des millions de morts, massacres, exploitations, souffrances, est évident. Parce que le mécanisme qui joue (le mécanisme de conscience structurel) a pour effet l’humain et les mois … mais n’est lui-même ni humain, ni une personne.

Que pourtant il préférerait que l’on soit humain et personnalisé, puisque le mécanisme de conscience ne se libère lui-même que lorsque cesse la mort et la souffrance (qui ramène ses finalités au corps, la violence c’est tuer des corps, la douleur psychique c’est se transformer en corporéités diverses ; lorsque la finalité reste prisonnière du corps, ou aboutisse en sa conclusion au corps, n’ayant aucune autre explication sous la main, n’ayant ni pensée ni structure de conscience).

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