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instants philosophie

Le réel est bien bizarre

21 Février 2015, 18:00pm

Publié par pascal doyelle

Il est probable ou logique que le néant existe ; mais cela n’importe absolument pas, puisque, existant, il n’opposerait aucune résistance ni aucune interaction avec quoi que ce soit, n’étant rien du tout.

Par contre si le néant existe d’une part et que de fait d’autre part, visiblement, l’être/ le réel est, alors l’être et le néant existent tout autant l’un que l’autre ; l’un et l’autre ne se mélangent pas, puisque de toute manière il n’est de néant que le « rien du tout». Par contre donc le réel/ l’être existe et intégralement.

C’est juste que l’on ne comprend pas bien ce que « exister intégralement » signifie comporte, suppose, implique. Ce que l’on sait est donc l’absolue positivité de ce qui est, de ce qui existe. C’est absolument et totalement réel.

De ce que l’on en voit, l’être est tout un ensemble de réalités ; si la loi de tout ce qui est, est le possible, puisque l’être comme le néant existent, ou toutes les différentes sorte de réalités, dont nous n’avons aucune idée, image, imagination, puisque nous sommes contraints d’imaginer en fonction des éléments empiriques de cette réalité qui est nôtre, que l’imagination est un arrangement d’éléments donnés là, et qu’il est clair qu’il ne s’agit en aucune manière d’imaginer le Possible qui préside au néant égal à l’être, selon cette empirie qui est nôtre ; le possible qui existe, qui crée l’être et le néant, est la Possibilité même, c’est intégralement que le néant est et intégralement que l’être est.

De toutes les sortes de réalités qui existent (dont nous n’avons aucune idée, ou expérience et que donc nous sommes dans l’impossibilité de définir tout l’être possible, toutes les différentes formulations de réalités, que ce soient des univers en nombre ou seulement en cet univers quantité de mondes possibles, de toute l’empirie on ne sait que ce que l’on a « vu », perçu), et si le possible est la loi de tout ce qui existe (compte tenu de ce que nous ne pouvons juger ou imaginer le dit possible doué de seulement cette réalité qui nous entoure), cela coïncide « radicalement avec cette radicalité » du présent.

Si le présent est l’être lui-même, l’unique est sa propriété. Ça n’existe qu’une fois, tout n’existe qu’une seule fois. Et parce que le présent existe absolument et que donc ce qui existe absolument est une-fois, et pas deux. Ce qui veut dire aussi que ça n’existe réellement qu’une fois ; il n’existe qu’un seul instant, depuis le début (de notre univers en tout cas, ou ce que nous nommons tel), c’est le Même Instant qui est.

Mais à rebours, si l’on peut dire, et instant unique (qui les contient tous, et peu lui importe puisque le présent n’est pas une détermination, mais la forme des déterminations et qu’une forme telle peut se splitter, se diviser indéfiniment), le réel (dans tous les mondes, tous les univers, toutes les réalités, imaginables ou non) est un seul. Bien que nous ignorons jusqu’où, jusqu’à quelles formes internes ce présent s’existe ; on nommera donc « réel » les possibilités de ce qui pour nous se donne comme le présent. Et de cela on n’a aucune idée, image, compréhension.

Quoi que si le présent est « ce qui est », il faut bien saisir que l’on n’a rien de plus proche que le présent ; on ne sort jamais du présent, rien ni personne ne sort du présent. Il faut plutôt concevoir ou imager l’inverse ; tout sort du présent. L’ensemble de la détermination s’est mémorisé dans et par ses présents, qui ont tous disparu mais qui se gardent en mémoire dans l’essence des choses ; une chose déterminée est l’ensemble des informations qu’elle a accumulée ou plus exactement elle n’est pas un substrat qui aurait reçu ces informations, mais est l’ensemble d’informations lui-même ; il n’existe pas une abeille et puis les qualités de cette abeille mais l’abeille est l‘ensemble de ses/ces qualités, sinon ce serait un bourdon, ou autre chose. De même les lois ne sont pas surexistantes aux choses, elles sont les choses mêmes (si les lois des abeilles s’appliquent à toutes les abeilles, c’est qu’elles relèvent toutes statistiquement de la même configuration).

Ce dont toute conscience-de témoigne est que le réel comme « là », comme présent s’oppose apparemment à cette conscience ; en ceci que la conscience voudrait former un cercle et que le réel vient interrompre ce cercle et que donc le réel est autre que la conscience … Mais c’est une illusion rapide, parce que l’on est conscience de ce que justement on l’est dans le réel ; c’est la distance même qui fait que l’on est rapport au. Est-ce à dire qu’il faudrait introduire une sorte d’altérité, d’autre dans le Même ? Non pas du tout, c’est le Même qui se renvoie du présent, actuel, cad du réel à la conscience ; la conscience n’est rien que le rapport à. C’est pour cela qu’il n’existe aucune « substance » qui serait « conscience », mais cela implique également que ce à quoi elle a rapport (qu’elle est de ce fait) est non pas le défini, le déterminé, mais le formel. Cad le présent ou le réel.

On comprend bien que le réel dont il est question est alors tout à fait étrange ; c’est la forme même de ce qui est, partout, sans être rien de déterminé en particulier ; mais c’est ici même, ici et maintenant que ça est. Un des phénomènes étranges est la poussée existante … le fait prime sur l’essence ; c’est d’exister que se déclenche la mémorisation, l’essence des choses, les choses sont marquées du fait ou absentées de sa non réalisation.

En somme on aurait pu être un autre spermatozoïde, rencontrant l’ovule et être un autre, mais de ce fait on n’aurait pas été du tout ; pourtant ayant été, nous le sommes, et absolument ; l’absolument est l’exister. A moins de proposer un ordre intégral du moindre détail de ce qui est, on ne voit pas comment cela pourrait se comprendre autrement. Ce qui heurte profondément la conscience (le rapport) que la conscience a (et est) d’elle-même ; puisque ce rapport se-sait il se croit absolument. En quoi il n’a pas tort, puisqu’il existe et que cela vaut absolument, mais cela lui parait quand même bien incompréhensible, puisque le rapport du se-savoir (savoir que l’on existe) est lui décisivement absolu ; il ne peut pas s’ignorer et se biffer d’un trait ou se non supposer. Il se débat dans l’incompréhension quant aux pistes délirantes de la réalité. La nécessite du rapport qu’il est, (l’auto nécessité, qui se réclame elle-même de fait et s’obtient unanimement pour ainsi dire) se heurte à tout.

Le se-savoir est bien dans la logique très étrange du possible ou du réel ; qui s’autorise des exactions délirantes mais parce que précisément le réel, étant le possible, ou plutôt la possibilité, on ne sait pas ce que cela comporte.

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