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instants philosophie

Le Saisissement de (soi)

4 Février 2015, 10:24am

Publié par pascal doyelle

Que l’on cesse de se croire dans un contenu (quel qu’il soit) et on réintègre la forme même (celle que l’on n’a jamais quittée), la forme purement unilatérale, initiale, qui ne fonctionne que dans un seul sens, vers le devant, et dont on ne peut rien supposer (puisqu’elle est absolument vide et structurelle, formelle), la forme unilatérale est à même le présent, mais on ne peut la saisir signifie que l’on en est saisi.

Ce qui est un manque pour le moi, le conscient, la raison réduite (qui n’est pas la pensée, la philosophie indiquant là où est la pensée ; dans la source qui se déverse), manque que l’on comble alors impérativement par un contenu (lequel est toujours imposé de l’extérieur et est pensé par les autres au lieu de se penser et d’acquérir le Saisissement lui-même), de quelque théorie ou de quelle religion ou de quelque idéologie ou de quelque regard qui nous voit (rien ni personne ne nous regarde, et pour qui connait la vraie mystique, il n’est rien de contradictoire de ce qui précède d’avec Eckhart ou par ailleurs Plotin, ou la principe christique « c’est déjà commencé », (indépendamment de toute croyance ou non, puisque ça n’est pas le point de vue présenté ici, mais c’est le Même schème, parce que notre être y est, y est inscrit au plus près) nous sommes d’une manière, qui reste à déterminée, le fond même de ce qui devient, de ce qui n’est pas encore, puisque le présent est ce qui avance et que l’être, le « ce qui est » est le présent, on avance précédé par le temps du Saisissement).

Et c’est un manque parce que le moi (mais cela vaut pour la raison réduite et le conscient) ne sait pas sa conscience (comme conscience, il croit qu’elle est « quelqu’un » ou qu’elle désire « quelque chose » et a soif de contenu(s), puisqu’aucun contenu ne satisfait, tous défilent absurdement et sans fin, alors que la résolution (in-sensée) est précisément autrement que selon n’importe quel contenu ou n’importe quelle pensée extérieure, qui nous causerait toujours d’une autre conscience, c’est la structure que l’on est qu’il faut réintégrer, ne l’ayant jamais quittée).

Comme il ne sait pas sa conscience (conscience de la conscience, qui n’est pas deux mais Une et à qui il faut se confier, comme surface unilatérale, avançant dans un seul sens définitif, au-devant), l’ignorant il la suppose dans tout contenu (et il ne peut pas ne pas l’ignorer sauf qu’il peut la supposer, étrangement et que cette supposition a une efficacité, elle-même si difficilement compréhensible) ; aussi est-il déjà toujours pris dans un contenu lequel dissimulant sa propre conscience, est pensé ou perçu ou désiré par l’autre, ou par d’autres contenus (ce qui revient au même parce que ce qui déclôt tout contenu est en définit l’intentionnalisation, le langage n’existe que de son utilisation, le principe du langage est de se rapporter au donné), de fil en aiguille s’oppose tout le vécu qui saute d’un contenu à l’autre, et l’unité non saisissable, purement formelle, qui ne se donne aucune excuse, entame sa propre rigueur, n’obéit à rien pas même à (soi) puisque de soi il n’en est pas, il n’est que le chaque-point un, collé à la surface du Même réel qui commence (puisqu’il est un présent).

Si notre être est en reflux complet hors de la détermination, il n’est pourtant rien lui-même ; il est formel et c’est la forme qui se tord en et par chaque système aussi verrouillé soit-il, plus il est verrouillé plus il est libre en un sens (et la complexité des systèmes est presque intégrale en tous et chacun, Nietzsche est très complexe et tordu, autant que Hegel, la complexité ne le cède en rien puisque l’activation de notre être en sa pointe , l’étirement et la concentration que subit la détermination via la point attirante, tout là-bas, planté bien éloignée au bord du monde, est toujours l’activisme pur de la forme… qui n’est rien et donc se nourrit…C’est son activisme forcené qui pousse à être, c’est un mécanisme sans antériorité, sans rien qui le précède, le mécanisme source qui dévore les réalités, et il n’a que cela à faire ; son être, formel, est son acte, son activisme.

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