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instants philosophie

L'ampleur structurelle anthropologique

15 Mars 2015, 16:50pm

Publié par pascal doyelle

C’est donc dans la plus grande sauvagerie que nous jette ce qui est arrivé à l’humain et que les grecs tentent de mettre en forme.

L’activisme de conscience est la puissance même ; en ceci qu’il n’en existe aucune autre ; et par puissance il faut comprendre la potentialité. Ce qui veut dire que l’activisme développe une redétermination du donné, à commencer bine sur par notre réalité. La détermination humaine est issue de cette puissance, en ceci que l’acte de conscience précède même le langage ; c’est parce que les cervelles produisent « de la conscience » que celle-ci articule, rapporte les signes aux choses et les signes aux signes, et sa propre structure en et via les signes. Le langage s’utilise. Il s’utilise dans le monde et l’horizon du monde est ce à quoi a affaire l’activisme de conscience.

Autrement dit ça intentionnalise n’importe quoi et n’importe comment. Ça crée des mondes. Et chacun de ces mondes s’habitue à lui-même et outre de résoudre le donné, son donné particulier, se met en scène évidement lui-même et se représente sa propre historie ou mythologisation, ou cosmogonie. Ça produit donc à chaque fois un monde à la fois.

Sauf lorsque l’on découvre que ça n’est pas la confiance dans le langage, ou le groupe ou l’histoire représentée de telle localisation mondaine qui vaut, mais d’une part qu’il existe un monde donné là général et unique et donc universel et que d’autre part notre réalité est un-être et non pas une idée.

Les grecs inventent tout autre chose qu’un contenu, mais permettent de passer outre les contenus, en commençant d’élaborer le système humain second qui sur existe par rapport à tous les mondes (y compris le monde grec lui-même, de même que la réflexivité cause le christianisme comme effet et n’appartient pas en propre aux chrétiens et affiliés, c’est un mouvement anthropologique nouveau et autre, autre que tous les autres qui s’impose) et qui donc substitue à l’idée que l’on se fait de soi (comme groupe ou réalité humaine ou langage, etc), la structure généralisée, vide, formelle, qui n’obéit à rien ni à personne, qui joue son propre jeu, qui calcule sa prévisualisation constamment ; une fois lancée la nouvelle anthropologie, anthropogenèse se tient et ne se lâche plus.

Parce que de notre être ça n’est pas qu’on le veuille, c’est qu’on en est saisi. Ça devait arriver, ça tombe chez les grecs, ça s’est agité un peu partout ici et là, les grandes mystiques ou les grands systèmes humains le devinèrent plus ou moins en ceci ou cela (politique ou esthétique ou idéel, etc), mais ça se cristallise en une fois, pour toutes, autour de la méditerranée et tout comme ça crèvera le monothéisme juif en le redupliquant, réinventant par le christ et suivant (puisque le christianisme se réfléchit dans le réflexif monothéiste juif, c’est un doublet qui redécouvre tout autre chose tout autrement, mais une altérité qui redéploie l’articulation antérieure jusqu’alors réduit, de même que postérieurement c’est selon l’esthétique, l’éthique ou la politique que l’on retrouvera en tous les mondes et que l’on ira chercher, réaccumuler, la réflexivité attirant et préservant la réflexivité).

S’installe donc une unification de tous les mondes, nous privant certes de ces richesses et diversités, mais rendant possible en sa structure nouvelle d’autres possibilités (le monde universel unique provoque qu’il y ait de nouvelles possibilités qui n’appartiennent plus comme groupes localisés).

Comme déjà énoncé, il ne s’agit plus de réflexion de notre réalité sur elle-même (la raison de l’humanisme qui en est seulement une version, un effet), mais bien plus l’advenue, le surgissement d’un structurel (la conscience-de valant en et par elle-même hors de tout langage, hors sol, hors communauté, ayant à s’inventer entièrement ou réorganisant les éléments réflexifs déjà présents dans les mondes). Et c’est cette structure qui commence par se représenter en des systèmes, dont la concrétisation et l’amplification, la réduction et la facilité, se dénommera « raison » et « humanisme », mais qui, en sa réelle structure, est surhumaine ou a-humaine et sur-raison, cad pensée et conscience formelle. Mais chaque système est si intensément complexe et retournée sur et par lui-même qu’ne chaque sommet c’est l’articulation au réel qui se montre à défaut de se démontrer forcément.

Par exemple penser déconstruire la pensée, c’este encore rechercher du sens ; c’st considérer que ce qui avait lieu dans la pensée, l’universel, la raison, ou toutes ces figures, était essentiellement constitué d’un contenu, présenté comme super essentiel, et vouloir ramener ce contenu à des éléments (du monde, du langage d’un poétique, d’une mathématisation, etc ). Alors que pensée et réflexivité étaient tout autrement ordonnés et exhibaient –dans la monstration de son activisme et possiblement dans la démonstration tentée de celle-ci) l’archi-tecture, la structure active d’un mécanisme de conscience-de.

Il est tout à fait passionnant de déconstruire, mais cela ne dit rien de l’enjeu para-essentiel ; que c’est d’une architecture qu’il s’agit et non d’un contenu (qui serait le Sens, l’ordre ou la raison ou l’humain en soi, ou pour le moi sa « personne-même » destinale). Tout est vrai et valide des déconstructions mais est insuffisant ; ça n’est pas ce qui se joue et de plus de croire que l’on trouvera des éléments antérieurs aux constructions, c’est d’une part encore chercher le sens et d’autre part réduire l’architecture à des infra-morcellements ; perdant du même coup l’ampleur incontestable des figurations qui eurent lieu.

Ce qui remplace la pensée, dieu-christ ou le sujet cartésien est toujours rapetassé et réducteur et tombe dans le travers de n’être plus capable d’assumer et d’assurer l’ambition de conscience articulée au réel absolu et radical. C’est en demeurant au même, niveau surabondant et formel que l’on peut comprendre cela qui eut lieu et ce qui est possible à partir de cette ampleur.

Par exemple Heidegger intuitionne bien que la pensée n’est pas la raison, mais il a tort de croire que Platon ou Descartes ne relèvent pas de la Pensée précisément (il croit que la « pensée » est un contenu, une onto théologie de l’étant suprême, etc), et tend à réduire leur pensée à des mouvements faibles et appauvris, ce qui est en soi ridicule et auxquels il n’opposera que des retours aberrants ou délirants. De même Nietzsche mais Nietzsche possède suffisamment d’ironie supérieure et de distance.

Identiquement la croyance de résoudre la pensée à des éléments scientistes ou pseudo, même une anthropologie, n’oppose que des diversités tout à fait valides, mais non suffisantes et qui ne permettent pas de s’aligner sur la grandeur et la profondeur d’articulation que la pensée, dieu le christ ou le sujet étendent intrinsèquement ; intrinsèquement puisque par la pensée, le dieu christ ou le sujet on existe à la racine, déjà ; on a atteint le degré natif, en deçà duquel il n’est rien d’autre. On y existe sur le bord du monde, de tous les mondes, à la racine, radicale, et on ne peut pas relativiser ce à partir de quoi tout le reste advient.

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