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instants philosophie

L'ontos qui crée le réel

12 Mars 2015, 09:54am

Publié par pascal doyelle

Que l’on s’est imaginé durant quantité de mondes humains, une synthèse selon les données accueillies, là, tel quel, formant à chaque fois un monde spécifique. Mais il se trouve que l’on a extrait de cette production qui synthétise, le mécanisme minimum sur lequel sans le savoir les synthèses, cad les mondes humains tous divers, étaient fondés ; l’activisme de conscience.

La conscience est un mécanisme utilisé habituellement et dans son usage normal à l’intérieur des mots, des significations, des relations et sert donc à véhiculer des contenus ; mais il est advenu, survenu, que l’on a compris qu’il fallait user de ce mécanisme en lui-même, indépendamment des contenus.

Cela donne une hyper intentionnalisation, qui cesse de se contenter des mots et des contenus d’une communauté, d’un groupe, et cessant d’agir spontanément doit réfléchir à l’organisation de son intentionnalisation (qui autrement coule de source, se fond dans et par les échanges du groupe et le groupe fait office de vérité ; est vrai ce qui est parlé et compris par le groupe qui le retrouve naturellement dans le monde là, donné, habituel).

L’hyper intentionnalisation se nomme autrement « idées ». Les idées sont les intentionnalisations nouvelles qui relèvent d’une expérience existant séparément du groupe et qui font appel à l’expérience de chacun séparément qui un par un se retrouvent sur une nomination éprouvée telle, comme effectivement présente dans le monde, le corps, la perception, que cette expression appartienne ou non à un groupe et donc inaugurant une expérience nouvelle et renouvelée à chaque conscience du donné là.

Le donné là n’est plus nommé ou échangé ou partagé a priori par un groupe quelconque, et chaque conscience aboutit forcément toujours dans le même monde donné là unique et universel ; à concurrence que chaque conscience puisse avancée et ré exprimer face et pour les autres consciences qui auront alors chacune à affirmer ou infirmer.

Or il se trouve que créant une approche en-plus (de tout groupe et langage donné particulier), non seulement il faut que les contenus se plient à cette cohérence (qui permet qu’ils soient transportables et donc puissent être retrouvés par chacun, élément par élément qui soit identifiés et reconductibles) mais aussi cette reconstruction continuelle et continuée doit être ou chercher l’adéquation au travers du filtre que chacun devient vis-à-vis de ce donné là.

Ce faisant cette sur-élaboration, qui vient en plus des groupes, des communautés, des paroles, des langages, des corps habituels, des perceptions rituelles (créant une perception esthétique au sens propre autant que figurée), découvre ou invente une série d’idées qui tombent parfois sous le sens, qui existaient peut-être déjà dans le groupe, mais auxquelles de toute manière il faudra assigner un surcroit de sens ou les modifier plus ou moins profondément ou carrément les inventer, les créer, rechercher les correspondances entre l’expérience nouvellement libre et ouverte du même monde unique universel et la pensée, ce qui se dénomme dès lors « la pensée » ; elle le dit tel quel, comme si auparavant on n’avait jamais pensé (ce qui est faux) mais en tout cas jamais pensé de cette manière là (ce qui est vrai), et qui veut dire ; tout élément énoncé est constatable ici même.

Par ailleurs ou supposément ou subissant des contenus habituels ou partagés par un groupe, mais existant ici même et contre la validité desquelles idées on ne pourra rien, puisqu’elles diront le monde même tel qu’il est et qu’elles exprimeront l’acquisition par toute pensée par elle-même et contre cela non plus, cette liberté astreinte à la réalité incontournable, on ne pourra rien. La réalité est l'effective réalisation de l'être libre ; c'est là que c'est libre, puisque c'est là que le libre se renouvelle ; la réalité est "ce qui n'est pas prévu" par quelque groupe que ce soit, et seules les consciences y ont accès (les mondes humains tournent en rond). et par réalité on entend aussi bien le monde donné là, que la structure elle-même de notre être, qui n'entre jamais, jamais dans les échanges et les paroles, qui est toujours externe à tout. Outre donc que l’on remplace la véridicité du groupe (garant jusqu’alors de la vérité), par la vérité tout court et que l’on ait à élaborer les règles de la vérité (relativisant toute vérité définie si elle ne passe pas la cohérence de la pensée),

Ce qui se passe dans l'outrepassement est la construction invraisemblable d’une structure générale qui rend possible qu’il y ait pensée (quelles conditions de logique ou d’argumentation ou de clarté ou d’explicitation lui accorder), qu’il y ait des consciences individuées qui pensent (à quelle condition, à quelle conversion, à quel investissement individué doivent-elles se soumettre ?), qu’il y ait une dimension en propre qui réclame et nécessite qu’elle soit pensée volontairement puisque de fait l’on est passée de l’acquisition spontanée de la vérité partagée de fait dans un échange de groupe à une reconstruction toujours neuve des vérités dans le système formel libre et adéquat à chacun de la vérité purement et toujours radicalement autre.

Grecs et chrétiens

Or la positon de ces séries d’exigences se nomme soit métaphysique lorsqu’elle a pour finalité l’établissement de systèmes et de discours (et tient la pensée pour le contenu des contenus, le méta contenu, ce que l’on nomme ici l’archi-tecture des grecs), soit ontologique, l'hyper, lorsqu’elle va tenter d’originer la pensée à plus grand qu’elle-même, sans pour cela sombrer dans l’illusion ou les sortes de subjectivismes ou de synthèses de groupe.

Ontologique en ceci que si la pensée, qui est absolument conservée et garantie, est originée, ce en quoi elle s’origine est « encore plus cohérent » que la pensée seule ; on nommera cela le sujet.

Soit donc la pensée hyper active des chrétiens (et affiliés), qui permet de reprendre la totalité de la pensée grecque, dans un schématisme plus expansif, tellement expansif que pour le définir il faut passer de l’archi-tecture à l’hyper-tecture ; soit donc pour faire court ; de prendre le devenir individué de la naissance à la mort et forcément au-delà de la mort (puisque la conscience qui réunifie la naissance de chacun à la mort du même chacun, est plus grande et requiert une pensée autre et étrangère ; la sur-naissance, ce qui est absolument ce que « foi » signifie).

Pour penser adéquatement à la fois la véridicité nouvelle, métaphysique, l’archi, et le renouvellement intégral, ontologique, l’hyper, il fut renouvelé ou créé un vocabulaire qui se réfère à l’expérience éprouvée (non seulement perçue, imaginée, vécue, échangée, parlée, argumentée, élaborée, mais éprouvée en et par la nouvelle structure méta-ontologique, cette épreuve est requise si l’on veut comprendre l’horizontalité grecque absolue et la verticalité chrétienne absolue dans toute son émergence), d’une part du monde, de la pensée en un monde unique universel, mais d’autre part de la flèche intense lancée par le christianisme.

Et cela se marque de ceci ; non seulement on crée des idées mais aussi, ayant à penser la méta organisation du système formel (des conditions de penser et donc en plus d'existence, de la naissance à la mort et au-delà, que l'on y croit ou non on "est au-delà"), se marque d'hyper liens, dont la réalisation formidable est la pensée hégélienne de re-liaison de tous les devenirs. Le méta est tout aussi bien le sur-déploiement kantien du sujet. On manifeste alors absolument le méta-organisationnel.

L’extensivité grecque recouvre le monde, l’intensité réflexive chrétienne (et affiliée) brise le vivant (c’est pour cela qu’il montre le Sur-Vivant). Or qui brise le vivant ouvre l’esprit. L’esprit contrairement à la pensée, se-sait ; l’esprit est ce qui est en plus de la pensée (intégrant évidemment toute la pensée, tous les systèmes, toutes les idées, et ne cédant en rien à la rigueur, qu’il continue et poursuit dans l’exigence de cohérence ; pour faire bref, cohérence engendre rigueur, grecque, et exigence, chrétienne et originante, originant la pensée à un être).

si il y a esprit, où s'enracine-t-il ? De l'individu stirnérien à la variation intentionnelle husserlienne, de la volonté Schopenhauerienne ou nietzschéenne à tout simplement s'enracine en lui-même, l'esprit" de Hegel.

L’esprit, ce qui se nomme dès l’abord tel, et qui sera en son intégrité pensé par Hegel, puisque précisément par la force structurelle qu’impose qu’il y ait à penser de la naissance à la mort et au-delà, cela requiert une théorie qui n’est pas encore construite. Les grecs pensent à partir de la cohérence, tout comme Descartes cherche la cohérence du sujet, en qui s’origine la pensée, mais la cohérence soit comme rigueur soit comme exigence, ramène tout le donné à la présence, à « ce qui se donne ou se construit » en étant présent ; or la réflexivité chrétienne outrepasse en augmentant la puissance de la présence (ce que Descartes fonde philosophiquement en installant la volonté comme antérieure ontologiquement à la pensée, mais la volonté n'est pas encore l'intentionnalité, qui s'enracine plus loin dans la structure et qui pousse plus loin à être, et n'est pas encore elle-même l'intentionnalisation, comme procédé, comme machineries créées sur le mécanisme de conscience-de, ce qui commence avec Sartre et sa conscience-vide mécanique) ; ce qui se donne comme théologie, comme mystique, comme exigence du sujet passant au-delà de sa seule actualité, est aussi ce qui plus tard déchirera les grands sujets, ou ce qui existentiellement et ontologiquement abrutira par sa puissance la conscience que l’on en a. Rimbaud déchirant toutes les pages de pensée et renouvelant tous les signes.

La pensée à partir de la réflexivité chrétienne est indescriptible et use de tous les moyens afin de vaincre l’impensabilité ; autrement dit il est une constante tentative de totalisation (suivant en cela les grecs) mais aussi de verticalité (qui passe outre le vivant, et se pose un temps comme esprit, qui est une précision accrue de la pensée) ; le passage du tout au Un qui admet en son sein la totalité (fut-elle alors multiple, peu importe puisque même alors le Un assurera la pensabilité, le Un non pas dieu comme au début, mais l’étrangeté de notre être comme étant Un), est ce qui décrit la réalité au plus haut, au plus loin, au plus réel, et puisque cet être est réel (et n’est pas une idée), il s’en prend au corps, à la perception, engendrant toutes les esthétiques, ou éthiques ou politiques, ou idéels (y compris les instances objectivistes ou objectales).

Le lieu de cohérence est donc à la fois ce qui se pense grec, et ce qui se « veut », s’intentionnalise à partir du christianisme.

Or évidemment grecs et chrétiens sont les effets d’un mécanisme qui n’est ni grec ni chrétien ; qui appartient à tout le monde, (cad à personne en réalité, qui s’appartient à lui-même, à lui seul, en ceci que l’humain ou la personne sont des effets de ce mécanisme, il est seul cause absolue et radicale de tout le reste).

Ce qui en retour ne signifie pas que la cause ne parle pas effectivement et très précisément au travers de ces deux grands, immenses retour vers (soi). La cause se retourne vers elle-même par les grecs et les chrétiens et se cherche. Elle cherche à exposer l’intégralité de sa puissance, ce qu’il faut traduire par ; sa potentialité.

Comme elle a abandonné tous les mondes, particuliers et assignés à une synthèse parmi tant d’autres à chaque fois, elle a ouvert le monde unique universel et tout autant notre-être tout nu et sans rien d’autre que sa forme, la forme de son être (qui ne tient à aucun contenu ni aucune synthèse, ni aucune vérité en particulier, mais qui maintient la vérité comme principe et la liberté comme logique).

Vérité principe et liberté principe signifient référence à l’unique monde universel et à l’unique être individué (qui seul accède sans barrière au monde donné là et tout autant au là du donné, de tout donné, métaphysique et ontologique à la fois). Ni la vérité n’est sans la liberté, ni la liberté sans la vérité en son principe ; qui annule qu’il y ait UNE vérité mais qui maintient, parce qu’elle va découvrir, qu’il existe un système formel du vrai et du libre et qu’il s’agit là du Même système agissant et réflexif.

Dont la théorie, la vision, la pensée, l’orchestration est depuis le début l’objet même de la philosophie ; élaborer la compréhension du système agissant réflexif. Remonter dans les conditions de vérité, de liberté et finalement les conditions d’incorporation (de la structure dans et par un corps, ou donc de matérialisation), mais évidemment dans le même mouvement de mettre au jour les articulations métaphysiques puis ontologiques, puis structurelles.

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