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instants philosophie

La monstruosité en acte : Descartes, Kant, Hegel

16 Avril 2015, 08:38am

Publié par pascal doyelle

Ayant subliment progressé la philosophie mais plus largement la pensée, la réflexivité partout présente dont la philosophie est la discipline qui se charge de l’expliciter, de la démontrer, de la montrer ou de la démonter, pied à pied, la philosophie a quitté depuis longtemps ce qu’on lui reproche encore, compilant sa tradition métaphysique (qui nait des grecs) et son devenir ontologique (depuis Descartes ; qui nous dit « cela », qui dit le « cela », qui le montre en acte et que l’on s’obstine à comprendre comme si il ne tentait que d’établir encore une sorte de discours métaphysique, alors qu’il creuse ontologiquement, et si par métaphysique il faut entendre un discours qui veut penser la réalité et le réel, selon les systèmes grecs puis repris par le christianisme mais pensée chrétienne barrée par le christ et le dieu-un, par ontologie il faut comprendre ; monstration du monstre, monstration en direct de notre être exactement situé ici même, dans l’instant de la méthode, de la suspension de notre être par sa structure, de sa réflexivité qui commence de tordre le discours et le traverse).

Rabattant donc l’ancienne technologie, de la pensée systématique des grecs, sur le devenir réflexif exclusif à partir de Descartes, on se satisfait encore de croire en l’établissement d’une « pensée » posée là-au-devant, alors que depuis Descartes se montre que c’est cet être qui se retourne sur, vers, par lui-même dans son accès formel à sa structure ; de même que l’on mécomprenait les grecs de (faire semblant de) croire qu’ils positionnaient un discours au-devant, objectif, des systèmes selon la raison objectivante, alors qu’ils manipulaient et atteignaient une pensée (et non une raison) en d’une part explicitant cette pensée par son exhibition une et d’autre part élaboraient le rapport de notre-être/dans l’être, puisque conjointement la pensée faisait « lien » de ce rapport.

Cessant d’accepter ce lien, la transformation du rapport en un lien (de pensée), Descartes pose-là ici-même, le rapport seul et rien que le rapport. Dès lors c’est ce rapport qui sera travaillé ; Kant ou Hegel ne se contentent pas de penser un discours là-au-devant, une objectivité, mais réfléchissent ce rapport en subsumant en lui le lien, en ramenant les liens, les pensées, les idées, puis Hegel les systèmes dans un turn-over de structure ; soit transcendantal par Kant (relativement à l’architecture du sujet, développé de Descartes) soit dialectique (en orchestrant le mouvement de conscience, cad la science des rapports, des idées, des liens pris dans des rapports de conscience).

Il est clair, effarant, éclatant de comprendre que Kant ou Hegel exposent littéralement ce qui a lieu (Kant) et ce qui eut lieu ; que Hegel décrit au plus proche les rapports de conscience et qu’il nomme cela « phénoménologie » (et ensuite science de la logique, logique des rapports, cad logique des reports de consciences dans les consciences enchâssées, le miroitement des contenus qui se re-produisent inégalement dans l’égal et parfait esprit en activisme ; il y apparait étant donné l’activisme de conscience, vide et sans rien, formel, que les contenus de conscience se reportent les uns vers les autres, en dépliant que l’être, cad le réel, est ; que tous les contenus de conscience systématique remplissent le Un, de vide à plein, de son devenir creusé à même son concept, cad au final son intentionnalisation).

Malgré cela on s’obstine à croire que la pensée, la philosophie vise à l’obtention d’un discours objectivement donné là, extérieur, alors que toute l’entreprise montre que c’est le déploiement de la structure formelle qui utilise ses contenus (les vérités, les idées, les systèmes, qui sont en réalité des sur-intentionnalisations grecques, hyper-intentionnalisations chrétiennes et méta-intentionnalisations cartésiennes et suivantes ; soit donc l'archi, l'hyper et le méta). Ça n’acquiert de certitude dans le connaitre (dans le donné là, le monde, la réalité) que de se tenir du savoir (du « là » du donné, de l’être et du réel) et ce via exclusivement la ;modification de conscience ; lorsque la conscience-de, cette structure qui lance un rapport au réel « là », démodule son être et commence d’en élaborer la complexification ; alors qu’auparavant l’activité de conscience non libérée, s’arrêtait aux contenus, aux synthèses de monde particuliers.

Dans sa dernière version, cette entreprise se prête donc comme raison, naturalisme du donné et moi. Elle cherche à comprendre les articulations précédentes en copiant sa logique de contenus (dits objectifs ou objectaux, tel le moi qui désire son objet, dans l’objectalité généralisée et rendant métaphorique cet « objet » puisque d’objet qui corresponde à la conscience dans le moi il n’en existe pas) et en la plaquant sur les anciens saisissements, qui, eux, lançaient des articulations non pas de contenus mais structurels sur le donné là d’une part et sur le « là » du donné d’autre part ; positionnant du même coup notre-être/dans l’être, et non pas extériorisant l’être comme « objet », fut-il un gigantesque, un Gros Objet.

Si l’on suit la logique du moi, de la raison et du naturalisme du donné (le donné ayant à charge d’expliquer le donné, ce qui fonctionne pour quantité de réalités, mais ne fonctionne pas pour notre-être, ni pour notre-être/dans l’être), on s’insatisfait de tout.

Si l’on suit la logique structurelle qui est en vérité à l’œuvre depuis le début (de l’émergence de la réflexivité en remplacement des mondes particuliers qui se coagulaient chacun, un par un, en une synthèse de contenus, immédiats et localisés, et localisés en et par un groupe-langage), on s’aperçoit de la quantité d’explorations et d’ouvertures pratiquées dans la dimension du rapport au donné-là et au « là » du donné (le « là » du donné étant le « lieu » en lequel apparaissent tous les donnés, toutes les réalités que l’on voudra).

Il n’est plus alors de choisir entre tel ou tel système, et le devenir entier est tout un, unilatéral et chacun explore des possibilités parce que le système formel (de la conscience structurelle qui se structure, se restructure, dans son feuilletage dimensionnel propre, absorbant les mondes et les systèmes mais aussi les humanisations et les mois) subsume tous les systèmes spécifiques, et que c’est le système formel qui est vécu et non les contenus marqués (le principe de vérité qui crée des vérités, le principe de liberté qui crée des personnalisations, etc). C’est le système formel des rapports entre un être étrange (la structure de conscience-de) et ce réel qui s’élabore comme réalisations re-structurées.

Dégageant cet-être tel quel, non comme idées ou systèmes ou acculturations ou humanisations ou personnalisations, mais comme traversant toutes ces manifestations, nous entrons donc dans l’architecture formelle de l’articulation de conscience-au-réel ; laquelle articulation ne délaisse absolument pas le donné-là, le monde, la réalité au profit de ce qui serait l’absolu ou l’idéel ou l’abstrait, parce que le « là » du donné est depuis le début pensé en tant que grec, comme étant le « là » du donné de ce donné-là ; la pensée est supposément le lien du donné-là tel qu’il nait du « là » du donné, la réalité telle qu’elle surgit du réel ; le réel n’est pas posé externe à la réalité … il n’est pas d’un autre ordre, le réel est littéralement le bord de la réalité. Celle-ci, pas une autre. De même que la pensée, le dieu christique et le sujet travaillent au corps même...

C’est sur le bord et de la visibilité de sa perception que s’engendre toute l’élaboration intentionnelle depuis le début ; depuis que ce mécanisme de conscience a pris le pas sur les mondes-groupes-langages. Et que depuis lors il s’acharne sur le corps. Il Veut que le corps entre dans la visibilité de sa perception.

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