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instants philosophie

Le Divin et le Corps

3 Avril 2015, 08:03am

Publié par pascal doyelle

L'instance originelle de notre être.

On a voulu donc tendre la pensée, grecque, au travers du monde, mais c’était insuffisant, il fallut qu’il y ait dieu et son retour sur terre pour que l’on prenne toute notre réalité, tout notre vécu, de la naissance à la mort et au-delà (forcément) pour que paraisse qu’il y ait unité au-dessus du donné là.

Or cela originait l’être dans une conscience, celle de dieu, ce qui échappait fondamentalement à l’établissement d’une pensée onto-logique, qui puisse penser intégralement l’être puisque cet être se référait à un monde créé par une décision, une intention, et tout devait alors glisser dans le processus de cette intention divine et une (processus signifiant ; que l'on y croit ou pas, c'est un processus, comme la pensée grecque est un procédé).

L’articulation par le christianisme se montre doublement ; d’abord en réassignant le Un, dieu, et d’autre part en posant ici même une conscience qui soulève l’intégralité de la réalité par la foi, cad par la renaissance en conscience de ce qui jusqu’alors existait comme corps donné là. Comme corps ou comme pensée, pensée du et de ce monde, pensée dite divine par les grecs, mais divine en elle-même et non pas ajustée à dieu.

Ce qui existait comme pensée est devenu l’intention à définir. Or on ne peut pas définir une intention ; elle doit, elle, se dire, se manifester. Sinon on n’en connait rien. Et le jeu extraordinaire qu’elle engendre n’arrête plus dès lors d’ensemencer la réalité humaine ; son schéma est exportable ; qu’il y ait dans la réalité un retour intentionnel (qui se dénomme ou le fut comme christ, saint, esprit assignée au Un, qui vient nous chercher l’être) est un schéma tellement duplicable puisqu’il ouvre la prise en main de chacun sur la pensée, sur le discours, sur la parole, sur donc et par une intentionnalisation qui ne se réfère qu’à cela seul ; le Un. Et ici et maintenant, le Un est le corps. Réintentionnalisé.

Le renouvellement du corps

C’est ce que l’on nomme l’esprit (par l'idéalisme allemand par ex, mais dès le début par la réflexivité monothéiste et chrétienne) ; le « qui ne s’épuise pas dans la pensée ». Mais on comprend alors que si l’on ne veut pas pour cela dire « n’importe quoi » et que l’on veut continuer de penser selon le Un, il faut que l’esprit se réassigne à lui-même et dresse son repérage ; pour ce faire il faut qu’il garde, préserve en lui-même la pensée, étant donné que la réflexivité étend son domaine par le réflexif chrétien, ça n’est pas en abandonnant la règle du discours rigoureux, mais en s’ajoutant à lui (ils reprennent toute la pensée grecque). Mais aussi il faut qu’il garde la « foi », or celle-ci consiste en la résurrection des corps ; que l’on y croit ou non peu importe. Parce que l’insistance radicale est mise sur le corps, une fois pour toutes. Et c’est ce support là qui va demeurer intact et ce pour la raison que chacun apparait de et par son propre corps, que le renouvellement est toujours constamment identique ; on nait tous et chacun identiquement selon le même corps dans le même monde unique des grecs et que l’un comme l’autre existent universellement.

Soudainement donc l’histoire est pliée. Il existe un pli dans l’historicité. Le procédé des grecs pour résoudre l’apparition incongrue et incompréhensible de la réflexivité, soit donc la pensée, ne suffisait pas ; la réflexivité étendant son domaine, par le corps du christ, découvre une autre solution au problème ; à condition d’étendre en plus la sainteté, cad ce qui insuffisamment se nommait la divinité de la pensée grecque, la justice, l'idée du bien, au corps. De là qu’on lui reproche une « morale ». ce qui, on le voit, est parfaitement exact, sauf que ça n’est pas une « morale ».

Parce que l’on entend morale comme « moraline raisonnable », de type (faussement) kantien ; terne et tout à fait abstrait (ce qu’évidemment Kant n’est pas), issu de la réduction de la pensée à la raison (laquelle raison est celle d’un « sujet » sec et pauvre, tourné vers l’objet ; le sujet cartésien est tout sauf réductible à l’objectivisme). Il est clair que la sainteté christique est intégralement prise dans et par le Un, qu’il réussit, exploit insoutenable, à inscrire comme corps.

C’est parce que le moi, son naturalisme, le naturalisme de la raison objectiviste, le corps comme donné là et non comme corps schématique absolu (cad comme Idée, comme Image), sanctifié par le un, parce que le naturalisme du désir, fondement des psychologies diverses et variées, qui veulent vous penser comme « chose » (et ils le disent en plus ; vous désirez la « chose », on ne sait pas du tout ce que c’est que cette chose, et puis ensuite pour vous asséner que ça se pourrait que ce soit le sexe, la sexuation, le rapport sexuel, une chose non nommable), c’est parce que le moi et la raison naturalistes ne supporteront pas d’être assigné au Un. Qu’ils réduiront la pensée chrétienne comme ils réduisirent la pensée grecque, l’une à une illusion entre autres illusions, et la pensée à une raisonnabilité (en quoi la pensée grecque est-elle rassise et raisonnable ??).

Rappelons par contre que si la pensée se résout à la raison, c’est afin de gagner en précision ; de sorte que naturalisme, raison, moi sont utilisés par, en l’occurrence, un sujet … qui continue au travers de ce qui le contredit ou au moins l’oubli, son exploration ; que nous ne serions donc pas sans la raison, le moi et le naturalisme, mais que ça n’est pas une raison de s’en satisfaire.

Champ épistémologique et réflexivité ardente

On va bagarrer ; on va bagarrer en se soumettant néanmoins au champ épistémologique, comme on dit, qui délimite la pensée, devenue raison, à la science (et puis plus loin au calcul, sauf que dans le calcul il va se montrer l’univers délirant que l’on sait, le monstrueux, c’est bien embêtant pour la raison fadasse). On va bagarrer en tentant d’instiller dans la raison de la folie, structurelle ; quelque part la philosophie, la pensée, la réflexivité tentent le tout pour le tout, et se veulent plus dures que la raison et la science et le calcul ; et c’est très bien parce que non à bout de ressources, on va tout réinventer. C’est la réflexivité formidable qui va se déployer, engendrant quantité de ressorts structurels ; de Kant ou Hegel ou idéalisme allemand, ou des grands sujets (Stirner, Rimbaud, chacun ses Grands sujets , énormes et terrifiants, les esthétiques qui s’énormisent de précisions et de clartés, illuminations, etc) ; Descartes avait raison, il a montré que le sujet est, qu’il est ce corps sur cette étendue et que rien n’est joué.

Bref, la réflexivité surajouté à la réflexivité grecque, la réflexivité chrétienne entame un corps infiniment riche de son idée-image, assigné au Un, n’oubliant rien, pas un iota de la pensée antérieure, et ensuite rassemblant encore mais cette fois toutes les esthétiques, les politiques le esthétiques, les mystiques, les idéels de tous les mondes humains (parce qu’il ne faut pas oublier, n’est-ce pas, que nous faisons œuvre de ne rien, rien laisser dans l’oubli, tous les peuples sont appelés, en une fois, puisque c’est notre-être, strictement vide et formel de conscience-de et d’autre part le monde unique universel, qui contient tous les mondes, qui ont surgi dans le pli de l’historicité. c’est littéralement qu’il faut entendre le christ et son schéma idée-image du corps se disant corps de tous et de chacun ; c’est le corps même qui parle, pense, se perçoit, se rend intense. Les grecs inventent l’extensivité, le christ (ou cette figure) l’incroyable intensité, et aux mois revient la densité ; aux grecs l’archi, aux chrétiens et monothéismes l’hyper, aux sujets (ce par quoi il existe des mois) le méta (de Descartes, Kant, Hegel, grand sujets, etc).

Tous ces passages témoignent de l’acquisition de cet être étrange, la réflexivité, soit le retour-vers, dont évidement le christ est plus que l’archétype, est le corps même, le pli dans l'historicité. Rien de tout cela n’est un hasard ou une illusion ou une erreur ; il vient instantanément à la réflexivité, à la conscience qui est conscience-de, cad retour-sur, de saisir, au vol, dans l’effroi ou l’illumination, de quoi s’agit son être, structurel ; elle le sait de se tenir de la cohérence même activée depuis les grecs, le christ, Descartes et cent mille autres aventures ontologiques. cela se nomme instanciation. Dans l'instant se-sait.

Que l’ontologique se joue de et par chaque corps est une hérésie à l’époque, pour la pensée antique, et pour le monde tout court (et notamment les classes sociales du temps), mais est devenu également une hérésie pour la raison, cette simili pensée (mais absolument nécessaire), comme pour ceux qui en admettent le joug épistémologique. D’où l’incapacité à ramener pleinement l’instance originelle de notre être, là où il fut créé, inventé, découvert ou révélé (comme on voudra). L’instanciation de notre être est l’effectivement réel ; le ce qui n’est pas, le ce qui est impossible, est le possible lui-même (il n’y en a aucun autre, puisque nous ne sommes que cet être même dans le monde unique universel).

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