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instants philosophie

Libéralisme et communisme, de la soumission

9 Avril 2015, 10:47am

Publié par pascal doyelle

De la matérialisation, de la réal-isation, du monde rendu réel

La méta organisation de la réalité humaine, bizarrement, étrangement, absurdement, est à ce jour la technologie du moi, du moi comme pseudo résolution de la problématique dernière du mouvement anthropologique inauguré par les grecs, les chrétiens, Descartes et suite, la raison et le naturalisme, l’objectivisme et l’objectalité.

Si l’on se demande pourquoi le communisme s’est effondré comme hypothèse et comme réalité historique, c’est qu’il n’intégrait pas ce début de singularité qu’a réalisé le libéralisme ; la personnalisation. Le communisme gardait encore l’universel, l’universalité, l’universalisme comme paradigme et pensait instruire un homme générique, applicable partout indifféremment.

L’Etat démocratique (aussi peu démocratique était-il au début, totalement déchiré par les classes et une pauvreté et une exploitation massive) sous couvert de l’Etat universel, a lancé en fait dans la réalité historique non pas la Vérité (comme le communisme a pu l’entendre), mais simplement que chacun était en mesure de sa propre raison, de sa propre réflexion (non pas sa réflexivité que l’on réserve pour l’ontologique, de retour formel de la réflexivité, effet de structure de son être, mais de sa réflexion, soit le retour sur soi du moi, ou généralement le retour sur elle-même de notre nature humaine).

Il se passa comme pour Descartes ; qui ne définit pas la « raison » mais le sujet et laisse intégralement la raison, l’entendement, dans le cercle (très étrange et autre) de la liberté, de la volonté, de la suspension du doute-cogito (toute l’entreprise cartésienne nait et demeure dans l’épisode aventureux du doute, toutes les propositions restent suspendues dans l’intégrité du doute-cogito, à preuve l’impossibilité de définir ce qu’est une « chose pensante », puisque impossibilité par Descartes de définir ce que la « pensée » est, tant il s’aperçoit que la structure de notre être agglomère toutes les fonctionnalités, que la conscience-de (plus loin) soi est somme toute une sorte de dispositif des dispositifs ; en réalité ce que l’on nommera plus tard le « sujet » est le texte lui-même de la Méthode, cette inscription là, cette description même et non pas une « chose pensante »). Il se passât comme pour Descartes, donc, d’inscrire l’homme comme raison, renvoyât finalement chacun à sa capacité de réflexion elle-même, ce qui signifie à son individualisme.

On remarquera que le communisme a fonctionné comme cheval de Troie de la pensée occidentale ; en l’imposant, armée, aux peuples qui n’auraient sans doute pas de leur seule spontanéité adhérés à cette universalité. De sort que c’est « tout naturellement » qu’ensuite des peuples éloignés en esprit, se convertirent du jour au lendemain, pour le dire en survol, à l’économie de marché, de même que d’autres instituèrent l’Etat comme forme adéquate (supposément) de la société humaine (et avec plus ou de moins de démocratie, puisque l’essence de l’Etat devrait être la démocratie et que pourtant on ignore encore beaucoup de ce que c’est que cette essence et que de plus l’étatisme, formule tronquée de l’Etat, dérive de cette absence).

Autrement dit c’est un mouvement général, mais aussi pour les mois, la personnalisation qui suivit l’humanisation, l’universalisation, un resserrement. La structure de conscience est la pointe de notre réalité humaine, est, cette pointe, à strictement parler notre être lui-même ou plus exactement ce qui « en nous » (une structure étrange en nous), dans toutes nos compostions, une structure qui se joue et dont nous sommes les effets. La pointe est ce qui tend à restructurer instamment tous les dispositifs ; de la sociétalité au langage, du corps aux acculturations (grecques, chrétiennes, de la renaissance ou moderne ou etc), puis des humanismes aux personnalismes différents.

Comme il était impossible de demeurer dans l’ancienne réflexivité (la pensée grecque, chrétienne, cartésienne et suivants), il fallait que l’on invente une épistémologie nouvelle, une épistémè, adéquate au donné là expérimenté et éprouvé, dits objectivement et subjectivement, adéquate à l’humanisation d’une part et d’autre part à la personnalisation.

C’est ce basculement qu’il faut nommer « naturalisme » en ceci que l’on est censé trouver le donné par le donné, la réalité par l’objet, le désir lui-même en et selon son objectalité. Ce qui par contre devait annuler l’ancienne réflexivité qui articulait métaphysiquement et ontologiquement (par les grecs et les chrétiens, Descartes et le méta, la réflexivité de notre être lui-même, soit donc la réflexivité SUR la réflexivité, la position, le positionnement de notre-être/sur l’être, du sujet sur l’étendue, du transcendantalisme ou du dialectique de la négativité hégélienne).

De là que pour nos mois il n’est plus qu’une seule apparition à soi (de la conscience-de, qui est autrement plus vaste et ample que cette limitative opérationnalité, qui réduit au donné là le « là » du donné, qui réduit le réel à la réalité), et que tout, absolument tout, toutes les représentations, tous les comportements, tous les vécus, tous les objets et les choses mêmes ne nous offrent pour ainsi dire qu’une seule canalisation de l’être ; la soumission à la conscience obscure.

Conscience obscure parce que « conscience-de » est ignoré par le moi (qui se prend pour « qui » il est), absenté par l’objectivisme (des sciences, de la technologie, de l’étatisme, de l’économisme), et qui plus est, cette conscience-de est reniée par les théories, les pensées elles-mêmes qui croyant fonctionner comme révolutionnaires s’embarquent dans une dénégation de l’activisme structurel de haut vol, métaphysique et ontologique, et privilégient, ces pensées non enracinées, une abstraction (qu’elles condamnent prétendument) et une extériorité (qu’elles croyaient abolir par ailleurs).

Notons bien que par pensées non enracinées, on n’entend pas « racines « historiques mais racines métaphysiques (des grecs) et ontologiques puis existentielles (des chrétiens, de Descartes, des méta sujets, Kant Hegel, des grands sujets, Rimbaud ou Nietzsche, etc). Par non enracinées c’est le contraire de ce que cela parait présenter qu’il faut comprendre ; de théoriser le moi comme psychologique le déracine de son être de structure de conscience-de, et le lui remplace, cet être, par une composition qui est tout entière dans la dépendance des psychologues (des économismes, des étatismes, des scientismes, des pharmacologies, tout ce que l’on voudra du même type) ; dans la dépendance de la théorie des autres consciences … C’est en cela qu’il s’agit d’une soumission totale, absolue et volontaire aux discours-des-autres. Les discours-autres se sont multipliés comme autant de centrifugeuses qui évacuèrent notre-être, l’éloignèrent radicalement en lui coupant les racines justement. Théories objectivistes ou objectales (le moi est « de désir » ce qui signifie en sous main, est dans son objet de désir … il est décentré déjà toujours fondamentalement par ces théories hors de son être-structurel).

Rappelons ceci ; il ne s’agit en réalité nullement de choisir entre le libéralisme et le communisme ; pour la raison que toute société humaine suffisante ( !) devrait s’organiser à la fois du libéralisme et du communisme et que ce fut une vue de l’esprit (cad une idéologie, hyppocrite) que de les séparer. Une absurdité sans nom, d’autant que de toute manière toute société est à la fois, et de fait, communiste et libérale... D’une part.

Et d’autre part même si l’objectivisme, (science, étatisme, économisme, technologie, etc) et objectalité (théories qui excentre vers l’objet) ont déchiré la structure (grecque, chrétienne, cartésienne, méta ou grands sujets, etc), c’est cette structure même qui a déployé ces/ses négations ; elle récupérait par là la densité, la matérialité, la matérialisation (cad la production de la réalité, mais aussi son inventivité de tous ordres, institutionnels ou technologique, ou sa créativité selon les œuvres et les esthétiques puis les mass médiatisations, etc). Ceci étant, donc, la ruse de la structure qui parvenait ainsi à envahir le monde donné là (Le « là » du donné, le réel, l’étrangeté prenant d’avance, d’assaut, de puissance, la réalité, le donné là, le perçu).

Sauf que à force de produire de la matérialisation on a oublié le structurel qui pourtant seul l’origine, ce qui revient à se prendre les pieds dans le tapis.

Ainsi pour chaque moi revient l’étrangeté ; il est non évident que nous soyons un corps, et de plus ce-corps là, le un-tel, le nom du moi, ce vécu, et il est absurde de se couper du structurel ; en tout moi existe un sujet et ceci envers et contre les discours-autres, théories de l’objet, épistémès dérivées, mais aussi envers et contre les fleuves d’images-idées qui se déversent continuellement et nous agglutinent à une saisie objectale de notre existence. Une seule et même logique constamment répétée, lassante, offrant toujours la même face forcément aveugle, percevant en 2D.

Toute la mass médiatisation depuis le début nous fige, nous glisse, nous attire dans la même et centrée logique d’objectivisation, de perception extérieure, de soumission, en assénant, et ceci est le plus évident, un objet à notre désir, et ce n’est pas que notre désir ait à s’affliger d’un objet, c’est que notre être n’est pas de-désir… Et c’est pour cela que tous les mois du monde n’y comprennent rien à la vie qu’ils se font eux-mêmes et dont on les convainc si aisément ; ils sont décentrés dans l’instance du discours-autre, de la logique abstraite (qui pourtant se croit la plus concrète et réelle), de l’extériorité dont ils attendent une intériorité, que l’on nomme aujourd’hui une identité, psychologique ou autre, ou une vérité, qui n’existe pas. Ça n’est pas de ce côté-là (du monde) que ça se passe.

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