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instants philosophie

De l’existentialisme ; l’exister pur face à face

20 Mai 2015, 10:07am

Publié par pascal doyelle

Nietzsche, Heidegger, Sartre - 2

Rien encore de ce qui devrait être n’est advenu. Il faut donc user des expérimentations enfouies dans l’historicité du devenir exploratoire de la structure par elle-même se délimitant au fur et à mesure des contenus surintentionnalisés. C’est en cela qu’il est nécessaire de surligner les grecs comme archi, les chrétiens comme hyper et Descartes et suivants comme méta ; c’est l’intentionnalité, cad l’intentionnalisation de « ce qui est » qui s’impose, et cette intentionnalisation prend racine dans le donné là commun à tous (le monde) et le « là » du donné toujours constamment ouverte en toute conscience (qu’elle le veuille ou non, elle est telle).

La clôture de cette exploration est son renouvellement ; la prise de conscience existentielle ontologique que « ceci » (qui est) est ici et maintenant et s’offre comme Exister pur et simple. Ce qui veut dire comme perception pure du « là » du donné ; ce qui est, existe ici même. Il n’a pas d’autre lieu, pas d’autre temps, pas d’autre indétermination ; c’est seulement par cela que les choses sérieuses commencent ; un activisme bien plus profond que le kantisme, une restriction fondamentale qui prend appui sur l’immanence en tant que dans l’immanence s’existe la transcendance ; non seulement la transcendance qu’opère notre être, mais la transcendance que le « là » du ici et maintenant apporte au donné, au monde, aux réalités ; le présent porte tout ce qui est.

De cette imprégnation absolue se déduit l’autre partie ; tout ce qui fut est ramené à l’apparition ici et maintenant ; autrement dit il n’y eut jamais aucun égarement, aucune erreur, aucune illusion, aucune facilité. Depuis que la structure s’est apparue à elle-même, en se nommant « pensée » (surintentionnalisaiton par-dessus le groupe-langage-monde immédiat), elle a commencé de se calculer intrinsèquement et a entamé son mouvement absolument propre et spécifique ; jusqu’à aboutir à la sur-évidence de l’ici même, du présent radical cohérent.

De fait les antihumanismes de Nietzsche et Heidegger nous en rapportent les aperçus inhumains, de même que les grands sujets s’adonnent à l’a-humanité, à l’horreur et au désarroi, amplifiant fondamentalement la conscience du lieu « où » l’on est, comme début de l’exister pur et simple. Dans ce décrochage il faut également compter toute l’antiphilosophie qui n’en revient pas d’exister, littéralement ; elle n’en revient pas, elle reste scotchée dans l‘altérité et explore à qui mieux mieux les territoires multiples et les déconstructions ; l’exister radicalement Autre est ce qui est arrivé ; c’est sur ce sol de l’étrangeté d’être que l’on s’est renouvelé.

Mais la pensée grecque ou la théologie chrétienne prennent assise dans le Même monde radical, profondément provoquant, et les solutions qu’ils élaborent ne sont pas des colmatages mais des surproductions intentionnelles qui s’élancent par-dessus le donné là et le « là » du donné ; ils sont cela même qui permet de prendre conscience du réel monstrueux. La pensée grecque est folle, le christ est un chemin exponentiel ; ne pas les admettre dans leur certitude impérative, c’est encore attendre une Vérité qui résoudrait tout, alors que c’est une structure, seule réelle, qui explore et avance.

La vision que permet le déploiement structurel s’explose sur le mur de l’exister que soudainement les consciences dévoilent ; c’est le Un qui est partout dispersé et partout dispersion.

Mais dans la démultiplication des réalités, leur non humanité, le non sens et l’insensé du donné là, configure une version du Un tout à fait monstrueuse ; le réel est une débauche de réalités. C’est de la découverte de l’altérité constante et intégrale partout dont on doit partir ; or ceci ne touche pas aux réalités visiblement organisées ; mais à l’arrière fond sur lequel ces organisations, bien avérées, résident ; la résidence des choses (seraient-elles identifiables et elles le sont effectivement), leur résidence est dispersée ; essentiellement dispersée ; ou donc cette résidence existentielle des choses et des êtres, est un « jeté là » ; les organisations ne sont pas seulement générées par un fond bouillonnant d’atomisations diverses, ce qui est singulièrement du multiple et du particulier, mais ce n’est pas ce fond atomistique qui est en cause ; l’atomisation est elle-même dispersée en un autre sens.

Il est une étendue donnée là qui distancie les choses et les êtres et c’est ce qui lance leurs rencontres ou leurs discordances ; il est un milieu intégralement neutre et sans fond, ce qui se nomme l’arrière fond des choses et des êtres, mais qui contient également le fond atomiste des compositions ; et c’est cette présence neutre et indifférente, qui admet toutes sortes de réalités et de niveau de réalité à laquelle se confronte les consciences prises d’existentialité. Ça ne concerne pas seulement le non sens ou le sens, l’humanité ou la non humanité du monde, l’expérience existentielle montre l’arrière fond intouchable, inatteignable ni par les êtres ni par les choses ; soit donc le présent même, ce en quoi les choses et les êtres et les atomisations ont lieu.

Ce présent désigne l’acte même d’y être ; l’exister comme tel ; et si l’on s’y abîme soudainement, c’est que le réel y apparait en la conscience. La conscience est retour à partir du réel ; ce faisant elle clôt le réel en tel ou tel contenu ; mais l’arrêt soudain qu’impose la distance neutre de tout d’avec tout, de chaque particule de telle autre, de toute conscience séparée du reste du réel, interrompt le contenu ; excepté celui-là, qui interrompt partout jusqu’à l’espace et le temps, les déterminations et les choses. Il est un fracas vertical de la réalité qui l’extrait d’elle-même d’une part en l’extirpant de tous ses contenus, et d’autre part annule notre conscience en tant que s’incluant dans ses contenus et la court-circuite.

Et ce court-circuit existentiel est son extase. L’outrepassement ontologique qui flashe son être tel que « là ». Et lui donne l’avant goût de ce qui est réellement. L’altérité profonde du réel en-deçà des choses et des êtres, l’étendue neutre mais aussi actuelle, toujours actuelle ; et comme la conscience n’en est pas l’acte elle-même, mais qu’elle subit cet assaut monstrueux, l’ »tendue neutre en-deçà des choses et des êtres, c’est elle qui vient nous saisir. C’est cet acte pur d’exister qui porte sa propre onto-logique ; si l’on est saisi et déporté soudainement dans l’acte neutre qui place et déplace les choses autant que les êtres, les atomisations comme les instants, les consciences comme les réalités diverses.

Le basculement qui a lieu dans le lieu, offre et tend le miroir de l’exister à cet être de conscience qui non seulement est exporté dans l’acte d’exister, mais se révèle à lui-même sa structure ; son articulation brisée par l’interruption du réel « là », s’avère n’être que telle ; un rapport formel dont seul l’exister réel abandonne le transfert dans des contenus. Le garçon de café cesse d’être son essence, d’être le contenu de sa conscience et devient la conscience de ce transfert.

On peut tricher avec n’importe quel et tous les contenus qui se forment aux réalités, mais on ne peut pas intégrer l’exister comme un contenu ; on est administré par l’exister externe, le donné indifféremment neutre qui est-là, qui est intégralement là, qui est le « là » en lequel on existe soi-même comme conscience absorbée dans la seule évidence non réductible.

L’irréductibilité (on a vu que le moi est l’entité la plus proche qui soit de la structure de conscience) entame et modifie intensément la forme même de la conscience ; or celle-ci qui croyait se tenir de telle identité, se révèle dépassée par autre chose qu’une identité ; le schéma ontologique qu’est une « conscience » qui se rend compte qu’elle ex-siste, déroute instamment tous les circuits intentionnels, et par-dessous les intentionnalités perce vers l’articulation même au réel.

L’hypothèse est évidemment que l’expérience existentielle ne brise pas seulement les circonvolutions identitaires, mais qu’elle porte en elle-même l’épreuve de l’ontos réel et insondable du « là ». Non de sa motion subjective, mais de ce que précisément cette « subjectivité » est en réalité une forme réelle, dans une cervelle, qui en sort et en sort vers le donné « là » ; c’est son rapport natif qui est, de lui-même et en lui-même, ontologique.

Dans le vide qui s’ouvre entre la conscience formelle d’exister et la conscience en tel ou tel contenu, que peut-il advenir ? La récupération par tout moi de son sujet.

La réintégration de tout ce que nous sommes devenus, de tous les cheminements, dans les mille tissages déjà effectués ; la reprise de toutes les performances grecques, chrétiennes, cartésiennes et suivants, grand sujets et instanciations existentielles et ontologiques.

Autrement dit croire que l’on va résoudre notre état donné ici et maintenant en se contentant de stagner dans le monde devenu clos des mois, de la raison raisonnable et du donné expliquant le donné, est une absurdité, mais la restriction imposée aux mois, à l’universel ou à la réflexivité est telle et la pression s’appesantissant sur les mois et les corps, qu’il est devenu impossible d’outrepasser l’assujettissement des sujets, écrasant toute libération par des retours incessants à la clôture du réel par la réalité.

C’est qu’à partir de la pensée, du dieu-christ, du sujet et détenant alors le Un, c’est la réalité qui s’est imposée, qui a absorbé la structure qui lui a pourtant donnée naissance ; comme il était « prévu », ontologiquement, le donné là n’apparait que dans l’horizon du « là » du donné, mais une fois le donné là acquis, il annule cet horizon et s’enferme en son cercle restreint.

L’articulation a pu déployer l’intégrité de son être en se métamorphosant et en suivant le vide formel ouvert par l’idée-rapport absolu de l’être et l’hyper-idée de dieu, en ceci que l’une formule comme l’autre offre un déphasage formel complet ; le devenir onto-logique a pu de la sorte se reprendre sans cesse dans sa certitude intègre et maintenir sa possibilité. N’oublions pas que la formel vide de l’être et le dieu hyper réel, rendirent possible le sujet ; soit donc l’acquisition par chaque conscience de son être en présence ici même.

La caricature qui consiste à croire qu’un tel sujet croyait se connaitre ne tient pas compte de ceci que le sujet n’est massivement pas en tant que tel mais qu’il existe, super légèrement, allégé ; il sort de soi ; ce qui est tout à fait incompréhensible pour des mois qui croient qu’ils sont « ce qu’ils sont », ( et qui interprètent le sujet cartésien comme un objet, tout comme ils interprètent out selon une telle objectalité, en réalité l’objectivisme est pris dans l’objectalité psychique du moi) et il fallut que se dévoilent une auto affirmation folle du sujet ou un être réel pharamineux et hors d’atteinte, intouchable, ou un sujet parfaitement structurel, soit Nietzsche, Heidegger et Sartre.

Nietzsche, Heidegger et Sartre ne s’effondrent pas dans la négation, mais exposent l’altérité dont le moi et son cocon sont envahis en l’ignorant ; ils apportent l’aperception externe, mais tout aussi externes étaient la pensée, dieu et le sujet. Que devient la structure qui a traversé la surintentionnalisaiton grecque, l’hyper chrétien et le méta cartésien ? Cette structure s’évalue dans le réel et la réalité, cartographie son être dans le « là », et se décide d’exister à partir de son seul tour de force. Ce qui revient au Même dans les trois cas ; prendre position dans l’existentiel ontologique.

Conscience élaborée et conscience morte

Sauf que l’aperception externe qui se perçoit et se juge à partir de la structure interne (l’interne de la structure est externe elle-même ; le Un n’a pas de « dedans » sinon le dedans structurel, cad vide et formel, et expose absolument à la cohérence du pur présent), l’aperception externe de la pensée, du dieu-christ et du sujet, orchestrait une conscience élaborée et non pas inerte ; le sujet cartésien refoulé est un zombie dans le moi, qui l’ignore et le répudie et le nie et l’annule et l’absente (par la raison fadasse, le scientisme technologique, l’économisme comme idéologie, l’étatisme soft, artificielle démocratie qui n’interroge pas même son essence à venir, les théories négatrices ou antiphilosophiques).

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