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instants philosophie

De la liberté secrète

9 Mai 2015, 09:13am

Publié par pascal doyelle

Le moi est provoqué (à être) de sa proximité radicale avec la structure de conscience. La conscience est produite dans la cervelle, directement, et se rapportant au réel donné « là ». En ceci la conscience a instantanément affaire au corps. La plus fulgurante articulation est la restructuration esthétique, poétique qui crée un autre-corps ; ce qui veut dire une autre perception.

Parce que si la structure est instantanément au plus proche et qu’elle se donne comme corps supplémentaire (au-delà du corps donné là, qui n’apparait jamais, et est recouvert par l’image-idée du "moi-même"), c’est que la conscience-de est perception.

L’esthétique, la poétique, le littéraire formulent des technologies qui prennent en charge ce qui autrefois fondait le monde ; la Parole, celle du groupe-langage-monde localisé qui fut l’organisationnel même de tous les mondes humains précédant la réflexivité (grecque puis monothéiste et chrétienne, qui opère comme réflexivité dans la réflexivité judaïque). De même que la Parole s’est reportée sur le Texte Sacré, et que le Texte Sacré redistribué comme Œuvres.

Et comme nous sommes passés des sujets (potentiels ou fous, le citoyen était un sujet, le créateur un grand sujet, aussi abstrait fut le premier et délirant fut le second) aux mois, c’est l’image-idée qui canalise constamment, depuis, l’inflation de la personnalisation, des années 60, le flux tout puissant du structurel, basculant du mass médiatique aux micro médiatisations, aux profusions des individualismes, aux détraquements des mois dans leurs dégradations sous le poids de la structure de conscience qui ne comprend plus mais aussi est assommée par les déterminations dont on et dont elle s’abreuve, qui se déversent et dispersent la structure sans que celle-ci puisse se récupérer, qui de toute manière ne peut pas se trouver dans le mass ou micro médiatique, pas plus cependant que dans le monde, le vécu, le corps, qui ne peut se trouver que "n’existant pas", c’est-à-dire selon le Un, la forme, le "qui n'est pas encore".

La pensée, dieu/le christ ou le sujet (par exemple le citoyen qui a alimenté la révolution unique partout sur la planète, mais aussi le sujet en tant qu’acculturation profonde et intellective, nourrissant les esthétiques et les poétiques) formulaient des arcs de cercles horizontaux gigantesques et bourrés d’effets en tous sens et investissant l’humanisation, puis la personnalisation (même les grands sujets qui torturaient leur propre corps ou moi ou humanisation, dans la violence, l’étrangeté ou la cruauté ou la folie ou la destruction dégradation fonctionnèrent comme des potentialités accélérant la personnalisation, la personnalisation qui est fondée par le sujet en tant que ce sujet (étant impossible) aboutit à un moi, lequel moi est donc non pas le corps-langage que l’on voudrait qu’il soit, d’un discours extérieur, mais est un sujet-moi, ou non pas une image-idée (de soi) mais une idée-image ; le moi n'est en lui-même pas raisonnable, ne peut pas être raisonné, par une science extérieure, puisqu’il est à proximité du sujet, il est sur l'autre versant fou).

Mais toute cette architecture interne de la structure qui couve sous le moi, est recouverte par l’actuelle acculturation de l’épistémologie ; celle qui veut que le donné explique le donné, que la raison remplace la pensée, la naturalité se substitue à dieu/le christ, et le moi concentre seul la structure du sujet (le nie, l’ignore ou l’absente, selon les théories antiphilosophiques, les mois et la science, respectivement).

En ceci rien que de très logique ; parce que la pensée, dieu ou le sujet ne peuvent pas étreindre le monde, le corps, le donné comme l’opèrent la raison, la naturalité ou le moi … c’est la structure qui a créé raison, nature et moi afin de s’étendre. C’est simple ; on ne peut pas ou plus se servir de la pensée, de dieu ou du sujet, pour réélaborer le donné là ; leurs articulations gigantesques qui fondent absolument et radicalement notre réalité humaine, s’est convertie en raison, naturalité et moi (cad personnalisation intérieure à l’humanisation, la personnalisation effectuant la réflexivité à l’intérieur de l’humanisation).

Mais donc raison, naturalisme et psychologisation ne sont pas les termes derniers mais les effets d’un mouvement plus ample, tout à fait structurel et qui plonge jusqu’aux grecs, chrétiens et sujets. Et il ne s’agit pas d’un « héritage culturel » mais d’une structure (existant physiquement) parfaitement identique qui est actuellement telle qu’elle fut découverte alors ; ce sont seulement les mois qui croient que le monde est né avec eux. La structure, elle, est apparue antérieurement et on ne comprendra rien, sinon à refermer ce monde sur lui-même, en excluant les articulations métaphysiques et ontologiques, et les mois resteront aveugles et sourds de se recroqueviller sur leur matérialisation en et par des discours objectivistes ou objectaux (le marché par ex est une objectalité, tout comme la psychologie qui assigne constamment notre être au désir, cad à des objets, désirs et objets sont interchangeables).

Mais encore faut-il alors reprendre ce qui eut lieu, et saisir ce qui s’est joué, parce que c’est toujours la même archi grecque et hyper chrétienne et méta cartésienne, qui s’est jouée et s’existe encore ; c’est un être spécifique qui fut extrait, tiré, exporté et qui a outrepassé les contenus par la forme de conscience qui les contient, qui les a surpris, repris dans un renouvellement intentionnel.

Pareillement, les mois resteront livrés pieds et poings liés, à eux-mêmes, si il ne leur vient pas à l’idée, à l’idée en tant qu’elle est rapport (existentiel, ontologique, corporel, perceptif, d’acculturation), que c’est « ce qui n’existe pas » qui les fait être.

Rien ne pardonne aux mois ; tout leur tombe dessus et les écorche vifs, (parce que mine de rien les objectivismes et les objectalités nous dépouillent tout en nous augmentant) excepté le Un qui pardonne (littéralement). Il donne en plus ce qui n’est pas ; le réel n’est pas encore, il arrive. Il s’engendre dans l’inaccessible actualisation de l’articulation, qui n’appartient à personne, qui se cherche au travers de tout et de n’importe quoi. C’est au Un qu’il faut accorder sa confiance, et si l’on se demande ce qu’il peut bien être, pour nous, pour chaque moi, engoncé dans son corps et l’image-idée de son corps, il faut saisir que le Un a déjà commencé. Il a commencé depuis le début.

Et pour un moi il est la conscience qu’il est depuis sa naissance ; le Un n’est pas la « volonté » ou l’intellect ou la réflexion ou le conscient du Un mais l’intentionnalisation née (comme mécanisme fondamental et comme machineries intentionnalisatrices, selon l'archi, l'hyper, le méta puis la pro-activité du monde des mois) à l’œuvre sur le donné-là, sur le vécu, le monde, le corps ; l’autre dénomination de l’intentionnalisation est la grâce du dedans (ce qui réclamerait une autre définition encore, et surtout la description, prescription de l'advenue à elle-même de la structure, de la consciene-de re-dépliée sur elle-même).

Autrement dit, le processus veut que le moi, délimité et étouffé entre sa naissance et sa mort, bornes ultimes plantées par le naturalisme et la raison, la psychologisation et le corps donné, (produisant des mois rabougris, terrorisés, tétanisés, physiquement écrasés, dans leur corps même, comme on voit des mille et une dégradations psy qui envahissent) le processus donc veut que le moi puisse récupérer son intransigeante structure aberrante, toute son antériorité, toutes ses formes précédentes, ses formulations et son historicité, qu’il reprenne sur lui-même et par lui-même la folie héritée, le creusement de l’affirmation, serait-elle délirante, parce que ce qui est, ce qui est réellement, c’est « ce qui n’est pas », le Un qui sera.

(Raison pour laquelle il est un présent.)

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