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instants philosophie

La Machinerie de l’Exister

3 Mai 2015, 10:52am

Publié par pascal doyelle

L’activisme de conscience c’est ce qui arrive à l’humain et brise tous les mondes clos, aboutissant sur le sol réel, divisé par les grecs en donné là et ce par la positon, le positionnement du « là » du donné (le « là » antérieur à tous les donnés, le réel antérieur aux réalités, la structure formelle préalable, soit donc le présent, le point-instant, l’instantanéité du seul-réel, l’instanciation de conscience y étant provoquée).

Il n’est aucun rapport entre quelque contenu de conscience et la conscience-même ; les contenus défilent et la structure de conscience épuise tous les contenus. Les mondes humains peuvent s’entasser, ça ne change rien.

Mais les grecs de positionner le réel « là », commencent de s’introduire dans la dimension de conscience tendue vers le réel, et de l’architecturer. C’est l’architecture (puis l’hyper des chrétiens et le méta de Descartes et suivants) qui s’élabore, au sens où elle se travaille ; de plus en plus précisément elle se perçoit, se-sait, dans le « là » ici même, jusqu’à isoler son être en propre (l’arc de conscience, Husserl, encore emmailloté, réduit abstraitement à « rien » par Sartre, un Rien pro-actif, l’exigence sartrienne est au sommet de la description ontologique, mine de rien et supprime l’arrière fond heideggérien qui s’enfonçait dans la métaphysique, l’élaboration d’un supra-discours, mais précisément, ce qui le sauve, l’Etre de Heidegger fait-retour ).

Ajoutons que l’arc sartrien est penché vers le réel, le « là » du donné, comme vu par Heidegger (qui tente d’inverser le procès ; c’est le « là » qui nous appelle), et bien que purement isolé à nouveau sartriennement au plus près, suivant la description cartésienne, par Heidegger on aperçoit l’excavation qui creuse en elle-même et ouvre la dimension ;ici supposée comme l’unique dimension du présent instantanément toujours là, et de ce présent on est saisi. L’arc de conscience est donc en lui-même ce qui arrive et ce par quoi la tension pro-active élabore son exister, dans l'exister-même, comme présent.

L’exister de l’arc de conscience peut être lu au travers des pensées en tant que systèmes ; il faut lire au travers de Descartes, de Kant mais tout autant des grecs, et s’attacher non aux contenus ; l’idée, le système, le transcendantal, l’esprit hégélien, etc, qui ne veulent rien dire à qui que ce soit, sauf ceci ; qu’ils montrent, ces contenus, l’architecture, les tensions entre la conscience et le réel. Personne ne sait ce que l’esprit hégélien est … on n’en sait rien du tout, sinon d’être un mouvement ; personne ne sait ce qu’est l’idée du Bien platonicienne, sinon qu’elle sur-organise toutes les autres idées. L’idéel pur et développé d’une telle sur-Idée (pensée de la pensée, dieu, l’infini cartésien, le libre nouménal, l’Etre heideggérien, etc), est celle du néoplatonisme ; Plotin. Là seulement est manifestée la suréminence de ce qui non pas clôt mais relance toute pensée, tout système, toute élaboration, toute élaboration intentionnalisatrice ; que le Un soit mouvement.

Si l’on ne sait pas et ne comprend rien de Hegel ou de Heidegger, c’est normal ; ça désigne. Ça désigne le mouvement, ou si l’on préfère le rapport de conscience au réel. Il faut se positionner soi-même dans ce rapport.

Si l’on commence à croire que l’esprit hégélien, le nouménal ou le Un désignent des « choses réelles », c’est que l’on n’a pas compris qu’ils ne désignent « rien », cad qu’ils montrent la forme active, l’activisme de projection radicale et si l’on croit qu’ils « font sens » vers on ne sait quelle double réalité, on tombe dans le panneau d’un contenu qui serait supérieur à la conscience ; alors que le mouvement de chaque système est de renvoyer le miroir, non pas l’image, mais le miroir lui-même ; qu’il se voit…

Les théories négatrices ne se voient plus, ils se perdent dans le brouillard de substitution, remplaçant les configurations gigantesques par des figurations d’un regard abstrait et innommé, absent (science et raison) ou ignoré (le moi ignore son sujet et ne comprend même plus rien à l’universel, dont il est la réflexivité ; il s’est pris les pieds dans le tapis) ou nié (les théories ou antiphilosophies diverses et variées).

La conscience est ce qui produit, est cet-être, cette forme, ce rapport qui produit des contenus et donc aucun n’est supérieur à cette structure. De même les théories (niant la pensée, dieu ou le sujet, les antiphilosophies ou les ontologies directes, de la multiplicité, ou les philosophies dérivées, de la poésie ou des maths) ou les épistémologies naturalistes (qui expliquent le donné par le donné) produisent des contenus qui croient remonter la structure de conscience qui les a engendrés ; mais tout cela défile devant les yeux de la conscience, regard abstrait et évidé, qui transforme tout en objets, objectivités, ou objectalités.

Il n’est aucun autre moyen de saisir ce que la structure de conscience est, sinon que d’en être saisi. C’est comme ça ; la philosophie veut que le miroir reflète le miroir.

Le côté sympa est que n’importe quelle articulation en fait office ; on appelle cela bouddha ou jésus, Plotin ou Descartes, peu importe ; l’essentiel est que l’articulation soit suffisante … Qu’elle porte loin. Qu’elle ouvre suffisamment d’espace et de temps dans son interstice structurel (qui n'est ni objectif, ni subjectif, cela c'est l'enfermement de la raison), qui est aussi l’anfractuosité ontologique réelle, pour que le réel vienne s’imposer et soit … un mouvement. Si ça cesse de bouger, c’est que c’est mort. Or le présent n'est pas inerte, de fait. Il est pur mouvement.

Le Un de Plotin, l’idée du bien ou l’esprit hégélien ou le sujet cartésien remuent. Ils relancent constamment la machinerie intentionnalisatrice et appuient de et par l’exigence même ; l’exigence d’exister ici et maintenant intégralement en absorbant tout l’être en l’instant de cohérence. Comme le voyait Nietzsche (qui est le Grand Sujet auto affirmateur de tout exister, celui qui sait comment « ça » existe), c’est la tension qui compte et pour la mesurer, c’est cette archi, hyper, méta ou pro structuré. Rien de plus compliqué, difficile, tortueux à élaborer que la mesure de ce qui est démesurément l’exister, parce qu’il n’y a aucun, aucun point de comparaison. Ça ne se mesure pas, ça est, et de toute évidence c’est en mouvement, il y a du « présent »qui absorbe tout au fur et à mesure.

La tension entre cette conscience (qui est rapport au réel, et rien d’autre) et le réel même, soit donc l’exister, est toute l’ampleur de la philosophie qui est la discipline qui prend en charge de saisir ce dont on est saisi ; l’exigence ici même qui nous creuse. Et en aucun cas il n’est jamais question, en philosophie, de chosifier ce dont on parle … je ne sais pas où les détracteurs ont vu cela, mais croire que l’idée du bien ou le un ou dieu ou le sujet sont des monolithes graisseux est une de leurs vues de l’esprit mangé par l’objectivisme de bon aloi depuis Kant, bien malgré lui, en quoi ils n’ont rien compris à Kant, qui architecture, travaille le sujet en suivant Descartes. La philosophie est la pensée de l’articulation, du rapport sur-essentiel (cad qui n’a rien d’une « essence », objet fantasmatique de leur reniement d’eux-mêmes, il faut croire qu’ils adorent se détester ou qu’ils aimeraient tant que tout le monde se haïsse autant qu’eux-mêmes).

Et c’est dans l’articulation conscience-réel qu’elle pense, ce qui signifie montre dans le vif comment ça existe, ex-siste, sort-de ; dans le mécanisme même de surgissement. Se glisser dans le surgissement, dans l’unisurface unilatérale qui se déverse, qui n’a qu’un seul côté, une seule face. Remonter en amont, et non pas s’affaler en aval. Ce que d’aucuns prennent pour une chosification, un essentialisme ou une onto-théologie est pur mouvement-de. D’une part. Et d’autre part ce que d’autres encore prennent pour des constructions plus ou moins arbitraires, subjectives (comme si Platon ou Descartes étaient des imbéciles) est dans le fait-même la structure agissante montrée, exposée, manifestée.

De sorte que la compréhension des détracteurs (de toute la philosophie dite occidentale, il faut replacer la perspective quand même ; du haut de notre « perfection » toute l’historicité serait une suite d’égarements… ou de subjectivismes, je ne sais pas ce qu’il faut avoir dans la tête pour admettre une telle absurdité) doit se rabattre sur de petites distances. Dieu ou le Un ou le sujet sont de gigantesques distances ; le donné expliquant le donné, une très courte vue.

Ce qui est très bien, nul ne récriminera contre la compréhension du langage ou de la physiologie du cerveau, il faudrait être encore plus obtus que les obtus, mais inutile de jeter les manifestations structurelles avec l’eau du bain (desquelles configurations structurelles les théories négatrices sont seulement les derniers effets répertoriés).

Sinon précisément en ceci que les objectivismes ou les objectalités se font passer pour le réel, alors qu’elles sont strictement parlant des discours (effectivement réalistes) sur la réalité et qui se font passer comme étant la réalité même ; mais la carte n’est pas le territoire. La philosophie ne se prend pas pour le territoire : elle montre le mouvement du réel, et pour cette raison renvoie chaque conscience-de à son propre mouvement ; sinon la philosophie serait aisée à comprendre et il ne serait pas impératif de soumettre sa conscience-de à son mouvement, mais comme nous en jugeons à partir de ce positionnement spécifique du Moi, (la science et l’objectalité, celle de notre être comme désir d’objet par ex, les objets de la production industrielle, les images objets des mass et micro médiatisations, etc, existent à usage de mois, dont l’être de ce fait n’est jamais touché, atteint, converti, transformé, l’objet permet de ne pas se modifier soi, de n’être plus un « soi » du tout, d’être seulement un moi qui nait et qui meurt, sans rien d’autre), la modification qu’exige la philosophie est ipso facto, cad immédiatement, spontanément rejetée.

C’est viscéralement que les négateurs annulent les configurations gigantesques, parce que leur moi est justement l’instance qui ramène ici même, dans le donné, toutes choses, tout être, toute réalité, tout réel. La haine de la pensée, de dieu et du christ (que l'on y croit ou non, qu'il soit une révélation ou une découverte technologique interne suréminente), du sujet et de la structure de conscience fonctionnent instantanément dans l’aperception directement ; toutes les configurations sont chosifiées en figurations, et la figuration reste constamment simplement l’image du moi (ses « objets » sont des images), au lieu que les configurations manifestent le miroir lui-même en tant qu’il se reflète, ce qui est bien plus compliqué et retors, articulé et réflexivement posé.

Si l’on récupère les configurations alors on augmente la tension potentielle, si on se limite dans les figurations on gagne en précision (puisque l’objectivisme et l’objectalité exposent d’effectives réalités, nul ne songe à le nier), mais dans l’insuffisance d’exister.

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