Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

La mécanique d'Exister

2 Mai 2015, 13:23pm

Publié par pascal doyelle

Si le donné n’explique pas le donné, c’est qu’il y a autre chose, et comme on ne peut pas supposer qu’il y ait deux donnés, il existe donc un bord, le bord du donné, le bord du monde, qui n’appartient pas au monde.

Soit donc d’une part la conscience-de (le « de » signifiant que « ça se rapporte au donné » mais évidemment ça n’est pas rien qui se rapporte, c’est un être, et comme il n’a pas d’autre contenu que le donné, c’est un rapport tel quel, une forme, une structure, qui se nomme « conscience-de » et qui n’est pas dérivable, du langage par ex, du corps, etc, sinon il n’obtiendrait pas d’être le bord du monde).

Et soit donc d’autre part le présent. Le présent est le bord du monde, réel.

Lorsque la conscience-de se reconnait comme telle (elle le dit ; elle dit « je pense », soit comme grecs soit comme Descartes, qui resserre l’articulation sur cet-être spécifique de conscience-de), elle installe une cohérence ; ce qui est, est « ce qui a lieu effectivement » ; soit donc le constatable. Mais le constatable des grecs est la pensée, le constatable de Descartes est le sujet qui expérimente l’impossibilité d’être, comme une chose, mais la possibilité d’être comme sujet réflexivement instancié).

La dite cohérence est le rassemblement ici même de « ce qui est », de « ce qui a effectivement lieu ». C’est donc à la fois la pensée, qui coordonne l’ensemble de toutes ses intentionnalisations possibles (idées) sur le donné là (le monde) et le « là » du donné (l’être, puis qui pourra être nommé le réel, et le monde sera dénommé la réalité ou les réalités, puisqu’il n’existe pas de totalisation « totale » mais des ensembles totalisés, ça remonte à Sartre quand même),

Mais c’est aussi la raison, qui supprime qu’il y ait une unité qui rassemble en réflexivité, pour rassembler seulement en et par un objet (l’objet naturel ou l’objet « supposé » d’une nature humaine ; la réflexivité se restreignant en réflexion, cad en retour sur elle-même de notre « nature humaine », au lieu que la réflexivité en propre est précisément à l’inverse « ce qui agit » et produit comme effets qu’il y ait l’humain, le moi, ces figurations, ou la pensée, le sujet, ces configurations ; la réflexion par quoi on définit la raison est intra-structurel, la réflexivité qui lance les grandes articulations est le structurel même).

Mais par ailleurs la dite cohérence est bien plus forte et profonde que seulement la pensée ou la raison ; la philosophie ne crée pas cet-être qu’est la « conscience-de ». cet-être surgit soudainement autour de la méditerranée, empruntant des tas de voies, dont deux seront sur investies ; les grecs et le christianisme (et antérieurement le monothéisme). Qui sont dites technologies ontologiques en ceci que cet-être apparait dans le monde (puisque la conscience-de déjà partout présente dans tous les mondes humains, s’émancipe et se veut comme structure pure et simple et qui n’obéit à rien et ne lâche rien ; parce qu’ici et maintenant cela doit être tenu) et si les grecs créent l’intentionnalisation de la pensée (par-dessus le langage et doué de sa propre expérimentation du donné là et du « là » du donné, de la réalité et du réel), les chrétiens créent (ou il se révèle par le christ, comme on veut) le rassemblement de la naissance à la mort et sur la position impérative de l’au-delà du vécu (qui contient tout, qui prend la racine antérieurement même à la pensée, et pour cela sera en mesure de récupérer toute l’archi-tecture grecque).

Bien plus forte parce que la réflexivité, l’articulation-au-réel (dont la raison et l’objectivisme et les objectalités, psychologistes par ex, ou analytiques, enfin tout ce qui explique le donné par le donné, ce qui est très bien, mais insuffisant), plonge comme rapport au réel, ce qui veut dire au présent, au présentement ; à ce point chaque fois du réel qui est et n’est que « là » (pas ailleurs).

Cette cohérence est dite archi, hyper et méta (grecs, chrétiens, Descartes), selon l’extensivité, l’intensité, et la réflexivité du sujet en ceci que Descartes ramène que « ici même cela a lieu ». Le point central est d’identifier où « cela » se passe, en quel être, sorte d’être, type d’être, organisation, liaison, rapport et c’est ce « lieu » qui est, depuis les grecs, creusé.

Où donc le bord du monde, du donné, est déplié. Et c’est pour cela qu’il formule une dimension. Or comme il est supposé ici que cette dimension est l’affleurement dans le donné de cet-être en nous (ayant percé au travers et par-dessus tous les mondes particuliers, raison pour laquelle il s’installe alors un seul monde unique universel), cette dimension est la dimension, la dimension même (il n’y en a pas d’autre, elle est à la racine de tous les mondes, de toutes les personnalisations, de tous le systèmes ou pensées ou intentionnalisations, etc, et si les systèmes ou les mondes peuvent être lus par leurs contenus, en réalité il faut lire tous ces contenus selon la forme structurelle antérieure et autre que tous ces contenus qui sont donc des manifestations, des figurations de la structure ou ensuite lorsqu’elle se sait, sont des configurations, des productions technologiques de cette structure par elle-même).

Cette dimension engendre la philosophie comme compte rendu de « ce qui arrive à l’humain » (n’ayant plus aucun monde-langage-groupe particulier pour se recouvrir), mais hormis ce compte rendu, cette dimension se porte comme esthétiques, éthiques, politiques, idéels (voulus et assumés pour et en eux-mêmes et hors de tout rituel ou synthèses particulières de tels ou tels mondes ; les maths existent, mais les grecs les systématisent) mais aussi selon l’hyper et l’intensité chrétienne de la naissance-mort-au-delà. Autrement dit la révolution est anthropologique et modifie intégralement tout ce qui est humainement ; créant ce que nous nommons depuis l’humain ou la pensée (puis raison), éthique puis liberté, politique puis révolution, etc.

De sorte que ce qui eut lieu est une immense acculturation (à la fois une culturation effective mais « a » culturelle au sens de fondamentalement non territorialisé, hors peuples, cultures, civilisations, et formant une a-civilisation, ce qui veut dire une civilisation mondiale, ce que l’on perd, les cultures diversifiées, est remplacé par la possibilité de chaque conscience, offrant à chacun de créer son propre apport au langage, au groupe universel, au donné immédiat ; possibilité d’un monde unique universel multi parcouru et d’un devenir de conscience libéré et délibéré, au fur et à mesure bien sur ; sans quoi nous n’aurions ni un monde unique, ni un vécu singulier, puisque jusqu’alors engoncés dans chaque monde particulier).

Cette acculturation gigantesque (la révolution anthropologique, mais fondée sur « cet-être », ce mécanisme étrange et autre, autre que tout, qu’est la conscience-de, la sur-intentionnalisation des grecs par dessus le groupe-langage-immédiat, l’hyper-intentionnalisation des chrétiens (surinvestissant le vécu naissance-mort et ce « soi-même » qui contient tout le reste), la méta-architecture de « ce qui prend conscience de soi comme activisme pur et singulier » (à partir de Descartes), cette acculturation donc ouvre la dimension et celle-ci crée ou recrée toute la perception, toute l’actualisation, tout le corps comme autre qu’immédiat, et autre que n’importe quel monde humain.

Inutile de tourner alentour, cette dimension est radicalement autre. Elle est le bord du donné et si elle est relative au donné, elle n’en demeure pas moins comme « existant en soi » et sous une forme qui n’est pas celle du déterminé, du donné, qui montre par là qu’il contient plus que d’être « donné-là » et nommé par les grecs comme le « là » du donné (le « là » en lequel existent tous les donnés).

Commenter cet article