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instants philosophie

Le recueil de l’expérimentation d’exister

6 Mai 2015, 09:12am

Publié par pascal doyelle

Le miroir dans le miroir

La philosophie produit le savoir (qui n’est pas la connaissance) de la position de conscience sur le sol réel (l’étendue du monde), et comme tel cela ne s’acquiert que techniquement, puisque notre-être est cet-être (cette étrangeté) et qu’il est une technologie produite par le monde, le corps, la cervelle, qui se retourne sur le « là » du réel.

Raison, nature, moi

Ce monde çi, celui actuel, repose sur sa base ; elle se définit par la raison, le naturalisme et le moi (le moi étant lui-même la réflexivité dans la réflexivité que fut l’universel, qui survécut un peu par la Révolution, par cette possibilité réflexive historique). La raison remplaçant la pensée, le naturalisme se substituant à dieu et au christ, le moi se tenant du sujet.

La formule étant ; le donné explique le donné. Et la raison se comprenant elle-même comme réflexion de notre nature humaine sur elle-même ; sorte de tourniquet qui revient à poser le même donné là, la même réalité, mais raisonnée, régulée, planifiée par la rationalité.

Mais si l’on admet que ce ne fut pas la réflexion qui eut lieu, mais la réflexivité, ça n’est plus le retour sur elle-même de notre nature humaine qui s’est emparée de notre humanisation, c’est la réflexivité en tant que celle-ci est une forme existante et dont les réflexions diverses sont les effets. De sorte que les avancées au sein de cette structure se définissent comme technologies (ou révélations telles qu’elles se donnent puisque la forme qui apparait au sein de l’humanisation ne se tient que d’elle seule ; elle est l’arc de conscience qui surgit de toute cervelle vers le réel en réutilisant le monde-langage-immédiateté, en surintentionnalisant, hyper et méta intentionnalisant et ramenant ceux-ci à titre de moyens).

Sans doute aucun la raison, le naturalisme et le moi sont essentiels ; ils figurent dans le monde une précision plus grande de la réflexivité, ce qui n’empêche nullement de reconsidérer les configurations antérieures (la pensée, le dieu-christ, et le sujet) selon la même sorte de logique ; que l’immanent est absolument là. Ce qui ne fait aucun doute. Sauf que l’immanent est singulièrement insuffisant pour penser, intentionnaliser, instancier le réel.

Ce qui est réclamé par le réel (le présent) est tout autant ce qui est exigé par notre être spécifique (en tant qu’il est « cet-être », une étrangeté sans nom). Ce qui réclame l’archi, l’hyper et le méta comme la pro-activité enclenchée par la raison, la naturalité et le moi, est, dans le réel, le présent.

Ce qui revient à ceci ; comme il est impossible de penser le donné là selon la raison, et comme cela s’aperçoit par la pensée grecque (qui instancie toujours un Un suréminent qui fait-retour vers le donné-là, qui supervise le système, qui instrumente et resitue la pensée même, et offre ainsi un point externe à la pensée, ou comme en usera la pensée chrétienne qui s’entend à la fois comme philosophie et théologie et mystique, parce que seuls ces discours là permettent d’orchestrer « ce qui nous arrive », et de même que la pensée antérieure à la pensée se décriera comme méta, méta par Descartes, Kant ou Hegel, autorisant une permutation interne à la structure qui se dénommera et se placera et déplacera sur le sol réel, en instruisant les architectures descriptives de notre être, et qui se continuera par Husserl ou Heidegger ou Sartre et ce encore plus près, encore plus extrayant cette structure là où elle existe),

comme donc il est impossible de penser en objectivité cela ne signifie pas qu’il soit impossible de penser ; à condition que l’on comprenne bien que penser est tout autre chose que rationaliser selon l’épistémologie naturaliste, et encore que ne pas rationaliser selon cette épistémologie (du donné expliquant le donné) ne soit pas, en aucune manière, délirer. Ou s’illusionner, ou imaginer magiquement. Il faut considérer que la pensée grecque ou chrétienne ou des sujets est une effective pensée (ni objective, ni subjective), et qu’en cette optique, elle est plus exactement encore la description, le compte rendu, la répercussion la plus exacte qui soit de « ce qui s’est réellement passé » pour l’humain et de « ce qui se passe pour chaque conscience-de » ; de là que l’on ne philosophie pas sans y être, et que le moi préfère rester le même, plutôt que de se modifier là où il s’ignore de toute manière ; de son sujet. Soit donc la révolution anthropologique qui prit l’humanisation de surprise et laissât derrière elle les mondes humains particuliers, et tout monde clos qui aurait pu se refermer ensuite (tout monde humain tend à se refermer et s’enclore dans sa propre « facilité »).

Ceci s’explique de cela ; c’est la réflexivité qui apparait par les grecs, elle est un être en elle-même (et non le transport de la nature humaine vers la nature humaine), et donc cette réflexivité se-sait. Ce qu’exprime depuis le début la philosophie ; elle se-sait et le dit. Cette certitude est structurelle et passe outre les systèmes, qui sont des manifestations de la structure, mais nullement la structure ne bascule dans les systèmes ; elle est en-plus et manie les systèmes comme des moyens.

Noyée dans les langages (la parole du groupe)

La réflexivité était ce qui, dans le langage, était manipulé par le langage, le groupe et le monde localisé immédiat (on admettait ce que l’on percevait en tant que parlé par le groupe dans un monde donné là immédiat, le groupe faisait, office de vérité et chaque groupe formulait une synthèse, singulière, et séparément des autres), mais elle s’extrait de tout monde de synthèse et aboutit sur le sol donné là (ce qui est répertorié par et selon l’idée de l’être ; le « là » du donné permettant de montrer le monde comme donné-là, relevant de la pensé, cad de la surintentionnalisaiton par dessus le groupe-langage).

Extraite de tout groupe-langage, la réflexivité est en elle-même une structure ; le rapport qu’elle entretient avec le donné, ce rapport se sait lui-même ; il est conscient de soi comme activité de conscience-de. Et le langage nouveau, créé sur pièces, possédant sa propre expérimentation, sa constatabilité, sa transmission, sa réduplication de conscience en conscience (puisque cela n’apparait qu’au sein de chaque réflexivité, de chaque conscience et ne peut pas se poser « là sur la table » mais se signifier, se signifier sur deux surfaces réelles, la conscience-de et la réalité donnée-là et le « là » du donné réel, expérimentable autant de fois que l’on veut ; puisque chaque conscience est toujours la Même conscience et que le réel est toujours « là » le Même réel ; deux surfaces sur lesquelles on revient sans cesse, inépuisables et radicalement autres, cad n’obéissant pas du tout au langage, aux systèmes, aux idéologies, etc), le langage nouveau se crée donc lui-même comme métaphysique et puis ensuite (avec Descartes) comme ontologie.

On sait bien qu’habituellement ontologie est une partie de la métaphysique, mais on réserve ontologie pour cette réflexivité qui ayant découvert que la pensée s’origine dans une structure antérieure à elle-même, la conscience , ce qui commence alors est tout autre chose et ecnore en plus, que le discours métaphysique qui eut lieu jusqu’alors (avant Descartes), et qui s’instaure comme méta-discours ; cad comme description de cet être antérieur à la pensée, par Descartes donc, Kant et Hegel, jusqu’à Sartre et même Lacan.

La philosophie est donc le recueil de l’expérimentation que la structure obtient en centrant son attention sur son être ; la philosophie rend compte de « ce qui arrive » à l’humain, en tant que bouleversé par cette émergence au-dessus et hors mais aussi en-dessous du groupe-langage-monde particulier, manifestation de ce qui menaçait le groupe en interne, et qui se connaissait selon telle ou telle représentation, qui croyait en son contenu (que son contenu était le perçu, le corps, les fleurs ou la lune). Pour cela il est inutile de refouler hors du champ de réflexivité non seulement la théologie mais aussi l’esthétique, le poétique, l’éthique et la politique (étant entendu que tout cela poursuit ses propre expérimentations réflexives et le renouvèlement de l’humanisation qui eut lieu, a créé depuis le début ses propres possibilités dont la philosophie se fait seulement l’écho, mais aussi dont elle est l’accélération ; puisque la réflexivité engendre la réflexivité, la vérité se partage et le libre se propage, pareillement la réflexivité s’accumule ; on peut relire Platon, on en apprend, on s’y augmente le nœud, le centre, l’unité insituable, puisque l’articulation au réel et au donné s’y positionne en conscience, ce qui vaut pour tout système). Et impossible alors de refouler autant l’acculturation gigantesque et la personnalisation à feu nourri qui eurent lieu mille et mille fois ; chaque réflexivité avance armée.

Libération du Corps supplémentaire

Armée parce que, comme sa dénomination l’indique, elle Est réflexivité. Elle se-sait. Et ce serait la réduire de croire qu’elle est une connaissance … elle est un se-savoir ; elle sait instantanément sa structure ; non sous forme d’un programme, engrammé, mais de son activité même, de son activisme ; sa forme est son être et son être est une structure qui agit. Elle Voit ce qu’elle Cause. Elle agit de et dans la perception même de son état d’être, et cet état est celui du corps.Elle le voit sur son corps.

Il est clair que le groupe-langage opère et opérait une main mise sur le corps ; on perçoit ce que l’on parle et on parle dans un groupe. Il est donc déductible que l’expérimentation que lance la réflexivité outrepasse et c’est pour cela qu’elle crée l’éthique, la politique, l’esthétique et l’idéel. L’esthétique ne fait pas seulement « joli » ; elle produit la perception selon le nouveau corps. Et qu’ensuite cela s’assume nommément par le corps (du christ, si l’on veut bien), et mène tambour battant une immense acculturation qui excède de fait et la pensée grecque et chrétienne et ouvre sur les avenues que dessinent tous les sujets et tous les grands sujets ; non seulement la soif de remonter dans la structure même (dans l’impossibilité mais effective et réelle) mais aussi de dé-couvrir le corps en multipliant les possibilités à même la réalité, le donné là et le « là » du donné, le réel, l’être.

Il ne convient donc absolument pas de séparer la réflexivité en « disciplines » ou « régions » du monde donné là (c’est une découpe objectiviste, pratique mais qui ne rend pas compte de ce qui agit), mais de concevoir en une fois la totalité du champ, étant entendu que ça ne se totalise pas, jamais, et que ce sont des «expérimentations », de fait et structurellement indépendantes à chaque fois ; mais indépendantes à partir et sur une seule structure, ce que l’on résume par ; de conscience-de il n’y en a qu’une, une seule sorte d’être qui est-conscience, et elle cherche le Même. l'humain n'est nullement divisé par tous ses groupes, langages, personnalisations : il n'est qu'une seule sorte d'être-humain, parfaitement identique en chaque. (Ce qui existe formellement peut être parfait, non composé).

Le Même réel

Si le Même était un objet on pourrait compiler toutes les expérimentations en une fois, écrasante, mais tel n’est pas le cas ; le Même est le Un et le Un découpe. Le Même est précisément cela qui agit et divise et démultiplie ; il existe quantité de systèmes philosophiques (comme d’éthiques ou d’esthétiques plus encore), mais cela n’importe pas parce que la forme même du philosophique ou de cet-être que montre comme existant et actif la philosophie, est au-delà (ou en-deçà) et antérieur à ces systèmes ; plus il en existe, plus il en existe, ce qui parait clair et net, évident.

Pareillement le Même n’est pas une unité ésotérique ; la pensée, dieu ou le sujet dans leur séparation même agissent. Ils sont « effets sur le monde, le corps, le groupe », parce que le « là » du donné (l’être, le réel, le présent) seul permet de percevoir le donné-là (le monde, l’immédiat, la réalité, le corps). Il n’y aurait pas eu de constitution d’un donné là sans le « là » du donné, pas de monde sans l’être, de réalité sans le réel. On accorde bien que la raison pose un monde unique universel, mais on n’accorde pas que celui-ci soit supposé par un sujet, ce qui veut dire un être, une structure existante et valant en et pour elle-même, séparément. Entendant par cet « oubli » que la raison serait seulement la réflexion de ce monde sur, vers, par lui-même tandis qu’est abandonné la structure de conscience. Par quoi c'est le réflexif qui existe (et non la réflexion, seulement effet).

Parce que l’on croit encore que la « conscience » désigne une unité close, formatrice de sens, alors qu’elle est une structure active vide qui produit, qui invente, qui crée ; de l’intentionnalisation sur le corps vers le monde. Nous ne sommes pas, plus dans le monde, le groupe ou le langage ; nous sommes tel corps nouveau rapporté au monde donné là, et nous nous cachons comme moi qu’il s’agit du sujet impossible qui n’est pas (mais attire à lui, de sa structure qui ne se voit pas parce qu’elle voit ; c’est elle qui perçoit et dont le percevoir échappe).

Pour cela il est dit que la philosophie ne formule pas des figurations, des images dans le miroir, mais montre le miroir dans le miroir, ce qui est impossible et doit donc être acté par chaque conscience mise à part d’elle-même, ce que seule chaque conscience en interne peut approcher.

On a donc depuis les grecs architecturé l’expérience ontologique (qui se veut d’abord métaphysique de créer un nouveau discours, une pensée sur la pensée, une sur-intentionnalisation de l’intentionnalité, par-dessus les groupes et langages et corps), et approfondi cette architecture en creusant les os de la structure, en développant la structure même (ce qui relève de la seule pensée technique de la philosophie, approchant cette technologie créée par et dans le « là » du donné et le donné là, le réel et la réalité), architecture dont la raison, le naturalisme et le moi (incluant l’humanisation bien qu’il l’oublie, puisque le moi se tient du sujet et que celui-ci est libre, fait-un avec lui-même formellement et se produisent alors quantité de mois, ça prolifère tout à fait logiquement, selon la logique de l'insensé du Un qui n'existe pas) sont les effets, les figurations, de même que la pensée, dieu-le christ et le sujet en furent les manifestations, les configurations.

La pensée, dieu-le christ et le sujet sont impensables et inacceptables pour les mois, la raison et le naturalisme du donné, alors que les premiers furent des maelstroms structurels qui réorganisèrent l’humanisation d’une part et d’autre part approchèrent au plus près la forme même de notre être, de notre être en tant qu’il ne tient pas au monde, mais creuse le bord du monde, de l’humanisation, du corps.

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