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instants philosophie

L’exister, la découpe et le Un

13 Juin 2015, 07:41am

Publié par pascal doyelle

Alors l’absolu (s’il peut se nommer encore tel) est tout vide. Ça mène à cela la réduction formidable de la philosophie sartrienne ; ça coupe et ça tranche. Tous les développements anté-sartrien sont annulés et réduits à rien. Au rien justement qui s’active pro-activement par Sartre (d’où son intransigeance, son exigence, sa responsabilisation intégrale, sa négation même de l’inconscient) ; le rien ne peut vouloir que selon le rien et surtout il ne peut que « vouloir ».

Or il est clair qu’il faut déconnecter la conscience du conscient ; de sorte que lui soit accessible ses inconscients, ses physiologies, son corps, les donnés conditionnés mais aussi non conditionnés (autrement dit les désordres ou les non-ordres, les possibilités de rencontres, de heurts et de coïncidences, qui emplissent nos existences, pour de vrai, objectivement, des interlocutions pour ainsi dire des réalités ; la base du donné là, de la réalité est la rencontre, puisqu’originellement ça n’est pas la réalité qui existe mais le réel, que dans le réel il est des tas de réalités, de niveaux, de domaines, de régions, d’entrelacs). Puisque de toute manière c’est ce qui se produit effectivement ; une conscience réinstalle en et par ses déterminations ; il n’est rien de plus poreux qu’une conscience ; peu lui importe puisqu’elle est attachée au réel, par-dessus les réalités, au sens de « en plus des réalités » qui abondent.

La technique du sens

En ceci que l’acte de conscience s’effectue dans l’actualité et face au donné-là et par le « là » du donné ; que cette articulation ne soit pas tout, ni ne puisse tout est évident ; mais le moindre écart est autre et en plus de ce qui est déjà engrammé. Pour cette raison elle a inventé, créé, injecté des signes ; par le moindre signe on change la phrase. Et donc le sens.

Le sens est radicalement ce qui change tout ; mais il faut entendre le sens comme direction, littéralement. Direction vers « ce qui a lieu », réellement effectivement « là », dans la perception et par le corps (puisqu’il n’est rien que le corps qui soit à même le donné là et tout autant le corps qui soit dans et selon le « là », le réel, le présent). En cela il faut postuler que le sens est « ce qui détermine et redétermine » mais on voit bien alors que « ça ne fait pas Sens », ça n’indique pas ailleurs et autrement que dans l’actualité du corps percevant. Et donc ça signifie, mais vers le corps, et toute production est en définitive relative à la position, aux déplacements, à la surface du corps portée vers la surface du donné là.

Lorsque le sens, la signification aboutit au donné là, dans et par le corps, il ne fait pas sens en reflétant seulement le donné, mais en produisant du donné en plus. Qu’il se répéte constamment ou recycle ses causalités, d’abord et avant tout, certes, mais les quelques échappées ici et là, elles peuvent être elles-mêmes répertoriées dans le circuit souple de conscience ; et ces échappées indiquent précisément non pas ce qui est, mais ce qui n’est pas ; ce qui n’est pas mémorisé, n'est pas déposé.

Il faut imaginer que le dit circuit se crée une planification en propre ; d’un côté des mémoires (du corps, des inconscients, des cervelles, des langages, des acculturations, etc) et de l’autre les quelques engrammations du circuit souple ; et qui n’existent que si ils sont réactivés dans l’acte actuel du réel. Ces quelques circuits n’existent que recrés, d’une part (cad voulus à nouveau dans des actes actuels) mais d’autre part cette recréation puisqu’elle active l’acte actuel produira des créations tout court.

Et comme cette activité est un acte, elle ne peut pas ne pas être réflexivement et donc doit avancer non seulement dans le donné là (le monde, les réalités), mais aussi dans le là du donné (le réel, l’exister même comme positionner et positionnement qui se crée en inventant ses performances sur, dans, par le réel, l’exister). Toute connaissance (du donné là) se double d’un savoir (du là du donné). Parce que c’est le même ; il n’y a pas doublement comme dualité mais simplicité d’un seul arc boutant qui à chaque fois vise autre chose dans l’altérité. Le mécanisme de conscience, nue et sans rien, est toujours activisme dans l’altérité ; il est lui-même comme forme et structure, purement Autre. En fait n’existe que de l’altérité.

Autrement dit encore, cette simplicité est redoutablement complexe … mais c’est l’acrobatie que l’on exécute constamment. C’est cela que cet-être réalise. Toujours au bout du champ de la réalité en re-paramétrant d’une part les réalités (ce à quoi se doit toute activité de conscience qui intervient ponctuellement, et dispersée parfois, dans l’actualité), mais renouvelant imperturbablement l’actualisme de « ce qui est », du réel ; elle repositionne le réel et ce diversement.

Depuis qu’elle a quitté les mondes, toujours se refermant vers leur synthèse (qui les réouvre mais dans leur monde séparément chacun), l’activisme de conscience ne peut que créer, en plus, dans l‘actualisme qui correspond intégralement au « là » du donné ; au présent. Et ce présent n’est pas la présence, une sorte d’hypostase, d’hypertrophie, mais le chaque présent de chaque conscience (la pression est intégrée en et sur le moi) et de chaque champ donné là, de chaque état du monde, de chaque corps. Et toutes les consciences-structures sur la surface participent statistiquement ; en gros de toutes il y en aura bien une de ces consciences qui pensera ou décidera ceci ou cela.

Il n’existe donc pas de contenu ou de super contenu (la pensée, l’esprit, la raison, etc) mais ces contenus électifs (qui n’existent cependant qu’activés, volontairement, intentionnellement et d’une décision) sont les moyens d’une archi-grecque, hyper-chrétienne ou méta-cartésienne (et suivants) ou pro activation (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) de conscience arcboutée au réel effectivement « là ». Et les grecs, chrétiens, cartésiens et pro expriment, manifestent l'effectif positionnement de l'activisme de conscience sur le réel (entrainant la réalité, le monde, les connaissances, les déterminations par le réel, le "là" du donné, l'être, le un, la structure)

Il n’est pas seulement une connaissance du donné là, il est en surplus une intensité de performance dans le réel ; et qui requiert pour se décrire une ontologie, une philosophie, d’une pensée au sens radical ; la description de l’arcbouté lui-même au réel.

Autrement dit il est possible et effectif que l’on avance sur la corde raide de l’arc vers le réel. Les descriptions de cet arc (de conscience vide au réel là effectivement présent comme présent(s) ) sans doute se dénomment comme telle ou telle ; il faut intégrer Platon ou Descartes ou Nietzsche ; cela prend une appellation qui correspond à l’état du monde mais c’est le mouvement qui lui est unilatéral qui compte, c’est sur cette corde que l’on s’archi, s’hyper ou se méta ou se pro active.

Pourquoi sommes-nous encore platoniciens, cartésiens ou nietzschéens ? Qu’est-ce qui parle au travers ? Ce qui se montre.

Le retour indéfiniment réel

Ces exposés sont des expositions ; les retours sur le retour, la complexe relation actualiste au réel dans les réalités qui ne s’expriment que via et dans ce retour. On montre ce qui ne se perçoit pas parce que c’est « cela qui perçoit ». Aucun des retours sur le retour (ontologique) n’est adéquat ; parce que tous ils reviennent à indiquer, font le sens même de ce qui montre l’apparition. Ce qui est, est actuellement toujours en arc tendu, est toujours intégralement réflexivité, mais la réflexivité n’y apparait pas puisqu’elle est cette intégralité et pourtant est requis qu’elle se dise à elle-même afin de se tendre plus encore, que la flèche porte plus loin.

C’est que l’arc de conscience est ce qui existe, lancé vers le réel et le ramenant en le portant plus loin encore ; non pas le ramenant pour le ramener, pour former une sorte d’unité ou d’unification, mais formant une unification afin de l’outrepasser. Jamais les Uns (de Platon, Descartes ou Nietzsche) ne sont revenus ; ils sont utilisés au contraire parce que le Un est l’altérité même.

Pour cette raison les Uns de Platon ou de Nietzsche tombent toujours à plat ; parce qu’il faut les reprendre (et c’est seulement ainsi qu’on les entend, sinon on n’y comprend rien), les re-créer et entendre cela comme « re » plus loin « créer », à partir du même sol qui ne peut pas se dire ; le donné là pris dans le « là » du donné. il ne peut pas se dire non par défaut ou manque, mais parce qu’il est. Tout l’inverse. Ça retourne au donné là et au « là », puisque ça surexiste, et ça sur-existe constamment ; il y a un présent. Ça ne se stabilise pas, ça existe comme instabilité, comme altérité. Ça ne sera jamais perçu, parce que ça perçoit.

Et notre être si bizarre, est non pas l’annulation de cet « en cours » de réalisation (vers une unification ou un absolu ou un tout, qui sont uniquement des raccourcis utilisés jadis pour et par le circuit souple de l’acte de conscience, par les absolus divers et variés on découpe), mais est une accélération de ce qui est en cours. Il est toujours déjà pris dans le seul-réel, et pourtant doit réfléchir, acquérir, étant le mouvement et se côtoie par le Présent même ; il double le présent (sans en sortir puisque le présent est l’être et est tout ce qui a lieu), au sens de le redoubler mais sans obtenir autre chose que le présent, puisque le présent est l’altérité même.

C’est donc dans l’immersion intégrale (il n’est rien d’autre « ailleurs ») qu’est l’altérité que nous apparaissons ; mais si l’altérité est le fait même de « ce qui est »… jusqu’où s’avance-t-elle ?

Et si l’altérité est la « loi », n’est-ce pas pour nous, pour nos excès ou notre quotidien, pour notre développement ou nos désintégrations (les mondes humains s’effondrent, depuis toujours, l’ordre surnage sur le désordre, les acculturations progressent et régressent, les psychologies individuelles se dégradent ou se libèrent, etc) la constatation même de notre état, de l’état du monde ou du lieu des existences ?

Selon que l’altérité s’écroule sous son propre poids, ou selon que l’altérité s’assure et se rend encore plus autre et porte la flèche plus loin continuellement.

Or on a vu que si l’on veut cibler plus loin encore, il est requis de manier le Un, parce que le Un (étant sans aucun tout, de sa nature mystérieuse et il-logique) découpe, s’interpose, intercesseur qui apporte la division, mais tenue, portée par le Un (sinon les divisions n’apparaissent pas, sans le Un les découpes fonctionnent mais d’une courte flèche).

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