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instants philosophie

La destruction et la création de la forme de l'exister

23 Juin 2015, 13:31pm

Publié par pascal doyelle

Si les manifestations de la structure (la structure de conscience, mécanisme purement vide et sans rien, mais formel et si absolument positif puisque formel, sans composition, sans détermination, constamment parfait et strictement un en cette forme de « conscience ») sont la pensée, dieu-le christ, le sujet puis l’altérité (des pro-activistes Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc), il apparait qu’il faut abandonner que l’être, le « ce qui est » (le donné là et le « là » du donné, le réel en un mot) puisse se comprendre via la pensée, dieu-le christ ou le sujet mais tout autant via la seule altérité pure et dure.

Toutes ces manifestations positionnent notre être sur le sol effectivement là, et s’emplissent de la rumeur extensive, intensive et dense de l’altérité (en tant que l’altérité est tout aussi bien le Un de la pensée, dieu-le christ, le sujet comme évidemment l’altérité externe intégralement-là exposée par Nietzsche et suivants ; toutes attirances extrêmes (le Un des manifestations et l'Autre des activistes purs, se formant comme interne exister et externe exister) , extrémités exubérantes et prolixes et articulant par la flèche le plus lointain bien au-delà de tous les mondes, tous les systèmes, philosophiques et théologiques, toutes les personnalisations des sujets méta (philo) ou des grands sujets (éthiques, esthétiques, politiques). Parce que la flèche est tirée sur le plan fixe unique radical du « là », du « là » qui contient tous les donnés, tous les mondes ; la flèche tirée est la structure arcboutée sur le réel, au plus loin.

Elle est tirée en une fois (grecque et chrétienne) et s’ensuivent toutes les conséquences ; ce qui veut dire l’exploration des effets, des effets dans le monde, le vécu, le corps, l’humain ; c’est ce qui ne va pas se développer étal et sans soubresauts ; parce qu’un tel devenir est réflexivité pure voir brutale ; ça ne crée pas un en soi , là au-devant, une sorte d’acquisition terne et morne, mais cela se creuse. Se creuse du dedans. Or on a vu que c’est un dedans sans dedans, qui n’a pas d’intériorité à proprement parler, et s’exporte intégralement de plus en plus sur l’externe, l’exhibition, la monstration ; et cependant ce dedans sans dedans est un interne ; en ceci que nous ayant projeté sur le Bord du monde, la structure qui est elle-même un Bord de l’immanence, cette équilibriste conscience, et sur ce Bord elle avance, elle se crée non une intériorité mais un réel interne (interne est autre qu’intériorité qui correspond à extériorité, tandis qu’interne se conjoint à externe réel donné là).

C’est en cela que pensée, dieu ou sujet peuvent apparaitre comme intériorité et inversement dans l’extériorité posés (comme illusions ou chosifications ou facilités ou idéologies pour la théorosation objectiviste de la raison , naturalité et moi), mais en réalité il n’est rien de plus écartelant que la pensée, dieu-le christ ou le sujet ; qui étirent notre réel bien redoutablement et impitoyablement.

Lorsque l’on abandonne pensée, dieu et sujet, on aboutit donc sur l’externe dans les grandes largeurs (tandis que raison, naturalité et moi s'étalent sur la simple extériorité) ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan (etc ; Bergson, Wittgenstein, l’existentialisme, de Stirner à Lacan en somme, des sciences aux sciences humaines qui prennent appuient sur l’extériorité, pour le coup, en révolte tous et toutes contre la prétendue intériorité (caricaturée comme telle afin que l’altérité puisse survenir à nos yeux), alors qu’ils continuent, à leurs manières, l’effarant Interne du Bord du monde.

Interne et externe sont à la fois le Même et autres ; l’interne est le Bord se déployant sur, par et vers l’externe ; pensée, dieu-le christ, le sujet explosent littéralement le donné là autant qu’ils se tiennent du « là » du donné (le « là » du donné et le donné là étant l’être/le monde, dieu/la création, le christ/le corps, le réel/les réalités, le sujet/l’altérité). Il se crée donc la dimension interne à l’externe ; seul ce qui est formel devient.

La difficulté n’est pas de développer la structure sur le monde donné là, le corps, la réalité, mais de parvenir à se maintenir sur le Bord. C’est ce à quoi tend structurellement la pensée, la réflexivité, depuis qu’elle a eu lieu ; trouver le moyen de contrôler ce qui contrôle, que le miroir se perçoit dans le miroir et ne soit plus le jouet de lui-même.

Parce que si l’on ne parvient pas à maitriser la structure, on la désirera au travers de quantité d’objets ou de finalités ou de significations ou de corps et réalités, et parce qu’elle est la puissance, ne parvenant pas à entrer dans ces objets ou finalités, elle les détruira, les épuisera, ou éperdue de folie, d’images (toutes absurdes) dans le miroir (et non le miroir lui-même) se dégradera au fil du temps.

C’est la structure, filiforme, qui doit s’apparaitre afin de n'intentionnaliser que la structure ; tout autre intentionnalisation est un désir (comme vu au 20éme) ou une volonté (comme vu au 19éme). La structure n’a ni à vouloir ni à désirer ; elle est au-delà ou plutôt en-deçà de volonté et désir ; elle est intentionnalisation (qui est tout autre chose que la volonté) et source (qui est bien différent du désir).

La suspension de la conscience est ce qui est désigné par la pensée, dieu-le christ, le sujet, ou son aperçu nietzschéen ou sa retenue heideggérienne ou son exigence sartrienne ou le retour lacanien. Ça ne sert plus à rien de vouloir ou désirer, une fois parvenu à ce niveau. On n’est plus ce qui manque au Un, puisque le Un est. Le Un se suffit à lui-même parce que toute l’altérité en découle ; non qu’il soit Un parfait au sens de plein à ras bord, mais il est Un et vide parce que formel. Il est donc source unilatérale (il n’est rien antérieurement) de toute l’altérité et parce que tout est altérité il se produit en celle-ci encore plus d’altérité ; un être spécifique qui est conscience, rapport à (soi), qui est la cause insupportable la plus autre qui soit (autant que l’on sache, autant qu’on en ait l’expérience, on ne connait rien de plus autre que de n’être pas ce que l’on est, Sartre).

On a voulu maitriser la structure dernièrement via l’éthique (Kant mais aussi Sartre, c’est évident qu’il amplifie l’urgence et l’implication, l’investissement), la politique (Marx par ex), l’esthétique évidemment (Nietzsche), et ce sont uniquement les grands marqueurs et la liste non exhaustive. Ceci afin d’élever, de monter, de construire la structure via autre chose que la raison (la réduction de la pensée à la raison abstraite, ce qui veut dire absente ; la science absente le sujet) ou autre chose que, bien sur, dieu ou le christ, ou via la pensée et les systèmes. Tout cela est abandonné.

Et son remplacement par l’éthique et l’esthétique (Nietzsche), l’esthétique poétique et la métaphysique (Heidegger), l’éthique et le corps (Lacan), l’idéel et le monde (Wittgenstein), et il y eut des tas de court circuits de remplacement, ce remplacement n’atteint pas la structure même qui ne s’est apparue que dans la pensée, grecque, la réflexivité, chrétienne et cartésienne (l’unique sujet fondamental, qui se décrit, ne juge pas, montre, expose, in vivo), parce qu’ils étaient au contact instantané avec la structure (qui sortait à peine de sa formulation en mondes séparés dans chacun une synthèse pour soi-même ; il fallait naitre et mourir dans tel ou tel monde pour comprendre ce monde).

Il fallut donc installer l’intentionnalisation (de la structure) dans la réalité (et non plus selon la pensée, dieu-le christ ou le sujet), et on a créé à cette fin la raison, la naturalité et le moi ; la structure s’est investie fondamentalement dans ces trois ouvertures vers le monde, mais pour ainsi dire ils se sont pris les pieds dans le tapis ; on n’a plus voulu et désiré que ces trois là. Sans que la structure ne trouve de remplacement à la pensée, dieu-le christ et le sujet.

Les sujets qui voulurent encore maintenir leur élévation de sujet devinrent des grands sujets, complètement fous et auto destructeurs et destructeurs tout court, parce que la charge de puissance de la structure ne trouve pas du tout son expression, sa manifestation, sa représentation « naturellement » ni selon le moi, ni selon l’humain (de Sade à Artaud ; des révolutions ratées, la révolutionnite aigue, qui prit tout un siècle quasiment, et voulu imposer par volonté la Révolution ; mais aussi les fous bien sur et les dégradations qui s’accumulent dans les mois, leur corps, leurs désirs, leurs objets, leur folie d’images épuisantes de leur « soi », qui n’est pas, qui est et n’est qu’un bricolage, « psychologique » comme on dit), ni selon la science, les objectivismes et les objectalités qui débordent la puissance indistinctement dans le donné là et le dévorent.

Rappelons que les objectivismes sont pris-dans l’objectalité (objectalité définit limitativement notre être comme désir d’objets ou donc désir tout court), que les sciences sont utilisées par les finalités du moi, de l’étatisme, de l’économisme, soit donc la réduction des sujets à leur moi, l’économisme étant l’idéologie du corps, le corps comme « ramené-dans le donné » du sujet, de la structure, le moi comme corps-langage ; mais la raison, cette idéologie étendue et compréhensible (puisque moyen d’imposer la structure dans le monde), est déjà elle-même l’abaissement des finalités de la pensée aux finalités du monde ; si l’on prend pour principe que le donné explique le donné, on abolit tout le reste. Il devient strictement impossible de passer outre l’état du monde ; l’état du monde explique l’état du monde, on ne peut pas supposer un réel autre que la « réalité » (oubliant de ce fait que l’on n’a pas accès à la réalité autrement que via des discours, séparés, cad finalisés par le corps en fin de compte, et que l’on prend ce qui est « discours » comme étant eux-mêmes la réalité …)

Les anciennes formulations (formulations de la forme, cad de la structure) soit la pensée, dieu-le christ, le sujet (qui ont réellement et effectivement produit une acculturation gigantesque, Descartes aboutissant la Révolution unique par ex, la pensée aux sciences, le christianisme à l’acculturation de sujets bel et bien réels, auparavant il existait des esclaves, des castes, des divinités vivantes, Césars divins divers et variés, bref n’importe quoi ; le christianisme est infiniment plus précis ; tout corps est Un Corps… c’est une cause absolument infinie d’effets innombrables, etc), ces anciennes formulations ne pouvaient pas assumer le monde donné là des corps, et on a tenté, on a tenté très « sincèrement » en somme, de produire des formulations adaptées au monde et aux corps. Ça a tellement bien fonctionné qu’on a oublié tout le reste.

Non pas de recommencer la pensée, dieu-le christ ou le sujet (puisque ce qui est passé est passé), mais d’assurer une pensée, une réflexivité ou une inscription suffisante de la structure dans le monde. Inscription qui soit suffisante qui puisse admettre en elle la puissance de la structure et ne rien annuler de toute l’antériorité réflexive (la réflexivité retient par elle-même la réflexivité antécédente, hégéliennement, la pensée comme archi-intentionnalisation et le sujet comme hyper intentionnalisation chrétienne et méta intentionnalisation cartésienne) et proposer en même temps le redéploiement encore plus exact et précis de cette structure par-dessus la raison, la naturalité et le moi, soit donc par-delà l’immanence entendue platement, sans même perdre cette règle que « tout est ici et maintenant » (Descartes) et que « tout ce qui est sera voulu en une fois » (grecs).

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