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instants philosophie

L'arc instantané par dessus le monde

16 Août 2015, 10:07am

Publié par pascal doyelle

Le pensée, grecque, dite archi, qui découvre la possibilité de surintentionnaliser, par-dessus la nasse du groupe-langage-monde immédiat et localisé (qui se fermait par une synthèse incommunicable au-delà de tel ou tel monde particulier, enroulée sur elle-même et entre soi parlante), et de cette sur intentionnalisation (qui a nom « idées » et puis systèmes), l’activisme de notre être comme structure intentionnalisatrice se déploie en tous sens ; éthiques, politiques, idéels, esthétiques, humanisation et début de personnalisation (accrochés à l’universelle perception du monde unique universel par un-seul être (archi), une seule structure acté par chacun)

la réflexivité, chrétienne (et mono), dite hyper, qui découvre le point de vue externe à tout autre, qui exporte soudainement notre vécu, de naissance à mort, se tient, nécessairement en-dehors de tout (au-delà) et nous délivre du point externe absolu (dieu dans le cieux, pour ainsi dire) en s’incarnant ici même comme corps intense (hyper), libérant totalement que nous soyons Autre que nous-même, et élaborant ce point externe de toute entrave du monde, certes, mais de tout enchainement à « soi », puisque cela remplace notre corps-individu par une présence active hyper individuée,

la sur réflexivité dite méta, de Descartes et suivants, qui tente de prendre conscience par la conscience de l’activisme, du nœud de conscience, comme structure active sur elle-même (Descartes et sa suspension méta objective de son être existant), par rapport au monde (Kant et son architectonique générale de notre activité) et dans son déroulement historique (Hegel, qui rassemble dans le vide de l’esprit, tous les devenirs de conscience, négatrice, immenses facettes dupliquée)

et la pro réflexivité des pensées se jetant dans les altérités ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan et autres, mais aussi la déclinaison de la pensée en raison, de dieu en naturalité et du sujet en moi, soit donc l’objectivisme et l’objectalité. A partir du point de vue méta, radicalement technologique du sujet qui s’absente dans l’objectivisme, s’ignore dans le moi et s’annule ou s’abolit dans la pensée de l’altérité nietzschéenne ou heideggérienne, jouant de sa propre apparition-disparition, mais se donnant le spectacle selon ce point de vue (unique) interne-externe qui offre tout à la vue, à l’exposition de l’être (déposé là) par l’exister (activisme producteur de toutes les dépositions),

suivent le même exact trajet qui s’est épris du mécanisme de base, l’arc de conscience vers le réel, et usent de tous les moyens afin de séparer, de diviser, de démultiplier, de décupler la réalité, le donné là, le monde, l’humain, le moi et le corps.

C’est la séparabilité maximum qui est imprimée au donné monde vécu. Puisque depuis grecs et chrétiens nous nous tenons dans le un, dans la vue, la vision, le regard du un, non comme soumis à lui mais parce que nous le sommes.

Il ne faut pas se tromper et croire que la raison, la naturalité et le moi, qui sont des acquisitions récentes, finalisent le mouvement d’ensemble ; raison, naturalisme et moi ne sont que seconds, non pas secondaires (étant effets du mouvement d’ensemble) mais seconds ; de sorte qu’il est impossible de les comprendre sans prend en compte ce dont ils se produisent.

Ce qui est sur-essentiel (cad suréminent, étant question de structure, de forme et non pas de déterminations, de contenus) c’est l’élaboration de l’arc de conscience de base, le mécanisme, qui s’est créé une architecture d’autant plus rapidement que l’arc de conscience renvoie à chaque conscience, accélérant tout son devenir potentiel ; par exemple il devient possible de multiplier les systèmes de pensée pour les grecs, les corps à partir des chrétiens, les expérimentations de soi à partir de la renaissance et de Descartes, etc ; le mécanisme, étant forme vide structurelle, est applicable partout et par tous ; de même il n’appartient pas à la philosophie qui est « seulement » la discipline qui se charge d’exprimer ce mécanisme, mais mécanisme se déploie selon les esthétiques, et littératures et poétiques, les éthiques et politiques, politiques du corps ou éthiques de l’individualité ou de l’individualisme, selon ses propres exigences, parfois effarantes, et idéels, maths ou sciences.

Tout ce désordre est relatif à un être qui ne l’est pas, relatif ; la structure unique et dupliquée en et par chacun. De fait. C’est chaque conscience qui interrompt la réalité. Et comme ce mécanisme est un rapport à (soi) (en lequel le dit (soi) est le rapport lui-même et non on ne sait quelle identité, essence, moi, esprit, etc, et n’est pas même, donc, le corps en question en ceci que la structure, l’arc de conscience casse, littéralement, le corps qui la supporte) ; ce rapport est réflexif et donc se-sait ; il ne sait rien d’autre que « se » du savoir. Mais cela suffit amplement et lui offre la possibilité de se gorger de contenus, de tas de contenus issus de tous les dispositifs qui le précédent (corps, cervelle, langage, groupe, autrui, acculturations, etc). Le libre n’est pas de choisir entre ceci ou cela (ancienne version de la raison qui croit détenir « ce qui est » alors qu’elle ne possède à peu près que quelques donnés déposés dans le monde), mais de créer, d’inventer, d’ajouter, de se partager et de se propager.

Et étant structure elle revient parfaitement identique, et parfaitement parce que formelle, vide, sans rien, sans composition possible ; intégralement autre que tout (le rapport est « pour-lui-même » dont exclut, formellement, tout le reste ; il est, ce rapport, la conscience en chacun, l’Altérité radicale, à la racine Autre (étant rapport à (soi).

Comme on est libéré de ne pas restreindre « ce qui est arrivé à l’humain » à une sorte d’inspiration gréco-chrétienne, ou à un corpus limité par et dans la « raison » (version créée lorsqu’il fallut amener la réflexivité dans et par le monde, le donné et le vécu, et qui raison remplaçant la pensée, naturalisme remplaçant dieu et moi remplaçant le sujet est parfaitement justifié, sauf en ceci qu’un tel mouvement, retournement qui est une réflexivité dans la réflexivité générale, oublie son architecture en cours de route et prétend se tenir de par soi dans le donné là en annulant, abolissant toute réflexivité qui ne s’intégrerait du donné expliquant seul le donné),

il est clair que ce qui soudainement se veut lui-même par les grecs et les chrétiens (et monos), la renaissance et les modernes, nos classiques proactifs et nos contemporains, cette réflexivité est un être en-deça de toutes les illustrations-mondes-personnalisations ajoutées et existant, cet être, de et par lui-même comme forme pure et brute, aussi ce qui travaillait autrefois à l’intérieur de chaque monde humain dans, chacun, leur séparation ; elle se voulait en ce cas comme synthèse du donné là, mondain, immédiat, et tentait de représenter le monde, le groupe, sa propre représentation de groupe en une seule fois Parlée, entre tous, dans la tribu, le mot est la chose parce que la chose est le mot, tout s’enroule à la fois distinctement et en une fois et il faut naitre au-dedans de chaque monde pour l’éprouver, percevoir, parler, échanger, etc. Mais par les sommets et les sommets des innombrables civilisations, l’arc de conscience s’y exprime et recherche la saisie mais passive alors de l’apogée de la réalité, l’hyperbole qui se déverse comme monde donné là. Depuis l’éternité, le non-là, l’ailleurs, l’autre élevé jusqu’à l’incompréhension qu’il y ait ici un monde et une vie.

Les grecs inversent le rapport comme instantané ; c’est d’ici et maintenant que l’hyperbolique réel surgit. Le Un est ici et maintenant. Et c’est la description, la monstration ou parfois la démonstration mais toujours le démontage de cet arc du réel qui s’opère à même son apparescence et se crée l’architecture au plus près, au plus juste de ce rapport-à, au travers des systèmes grecs, de la réflexivité chrétienne, de la précision cartésienne, de l’explosion des altérités objectivistes, d’objectalités (le désir est notre être, de même que le donné est censé expliquer le donné, le désir est typiquement celui d’un objet, dans le monde, et cela devient un leitmotiv accepté généralement, et passivement), mais tout autant philosophiques ou diversement esthétiques ou politiques ou éthiques (de ces 2 derniers siècles, depuis que le sujet prît pied dans l’historicité par la révolution unique universelle, et individuée). Tout est explosé certes, mais en vérité tout est explosé depuis les grecs et les chrétiens (et antérieurement dans les sommets des autres civilisations) ; la pensée, dieu-le christ, le sujet diffractent radicalement le monde, le donné, le vécu (que l’on ne nomme tels que depuis ces diffractions radicales).

La structure de l’arc de conscience au réel donné là, distingué comme donné là et comme « là » de tout donné, expose donc au-devant la pointe de notre être et l’on doit séparer l’être (le donné, l’acquis et le dépôt) de l’exister (le « là », le réel, et l’activisme de conscience). L’hypothèse étant par ailleurs que c’est l’exister, le présent qui produit l’ensemble de ce qui est (il n’est aucun « tout » de l’être parce qu’il n’existe que le Un du présent).

Ceci doit donc se redire comme tel ; notre être n’est pas de « désir », supposant par là qu’il lui manque un objet, serait-ce un objet « déjà perdu ». Notre être est et n’est que de réalisation. Ce que l’on divise en se tenant dans la division, crée les symptômes de son existence en fait toujours réelle et une.

Se tenir dans le manque à être, c’est ne pas investir le lieu. Parce que si le un existe (il est le présent et le présent existe, il n’y a même que le présent pour exister) il existe entièrement, sans manque aucun (il n’est simplement pas ce que l’on attendait du Un que l’on confondait par exemple avec le tout) et c’est en tant que un, en tant que structure formelle que l’on réalise le réel. Et on réalise toujours le réel. On est ainsi le symptôme, le signe, le renvoi, mais donc le rapport dans le donné là, le monde, le vécu, du "là" du donné, du présent, du renouvellement du corps (notre amour de l'esthétique du réel est particulièrement sensible évidemment, mais pas uniquement, "ça passe par les nerfs" disait l'autre).

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