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instants philosophie

La pointe-qui-pique

19 Août 2015, 08:30am

Publié par pascal doyelle

L’actualisation ici même de ce-qui-est

On en est toujours le symptôme, du rapport du sujet, impossible, mais réel, au donné-là, qui cherche dans la réalité ce qui en fait vient de et par le réel. Et y retourne.

Mais donc notre être est toujours déjà en réflexivité ; on sait déjà ce que l’on est.

Mais on a vu la différence entre connaitre et savoir ; le connaitre installe là au-devant un objet, ou un contenu ou une identité, dénommée (et identité nécessairement dans le regard des autres, parce que l’on parle pour se faire entendre et que donc on parle dans la bouche de l’autre). Le savoir est ce qui se-sait en tant qu’il l’est.

Le rapport que chaque conscience est au-réel, est déjà dans le réel et déjà joue avec la, les réalités ; cela ne signifie absolument pas que ce savoir sache « ce qu’il fait », mais par contre il le fait et agit avec délire et puissance dans l’arrangement du rapport concentré de la réalité (insupportable) au réel (de puissance, ce qui veut dire de la potentialité même).

Et on a dit que notre conscience est pure et brute ; pure au sens de formelle (elle ne contient aucun mélange de quoi que ce soit, et surgit nue et sans rien constamment de la cervelle en un arc réflexe, arcbouté au réel même, formel tout autant ; le « là » de tout donné) et brute au sens de littéralement brutale.

Il est clair (si l’on peut dire en l’occurrence) que notre réalité étant a priori le système le plus complexe que nous connaissions (il en est sans aucune doute d’autres, non connus), il faut recourir à plusieurs pénétrations dans cette complexité pour commencer d’en obtenir un aperçu ; philosophiquement on se place et déplace sur la pointe extrême que d’aucuns ont cru interpréter comme étant le conscient ou le sur-conscient ou la super conscience qui connait tout ; ce qui n’eut jamais lieu (sinon dans les plagiats ou les commentateurs ou les secondes zones). Toujours il fut avance philosophiquement comme notre être, en sa pointe, est si délicatement et subtilement et dans l’élévation articulée qu’il est très inexact toujours de la définir ou de la manifester.

Si la philosophie s’entendait du conscient, ça se saurait et il y aurait une moindre difficulté en soi (de la comprendre) ; mais comme elle entretient de la pointe articulée, il faut toujours s’y engager à partir de l‘investissement maximum de notre être, et cesser là toute facilité de vivre, afin de basculer soi-même comme conscience pointue et de pousser le conscient hors de ses gonds. Ce qui ne désigne pas évidemment un inconscient, mais une surconscience « débile » sauf que bien plus précise et exacte alors que n’importe quel conscient … puisque si le conscient se limite à l’énoncé, la conscience se glisse dans tous les dispositifs, perception ou vécu, cervelle ou langage, etc ; conscience éjectée hors du connu, de la connaissance, mais récupérant tout ce qui vient en intégrant l’énoncé comme moyen.

Or il se trouve que positionnée telle , cette sur conscience (que l’on nomme archi intentionnelle par les grecs, hyper intentionnelle par les chrétiens, méta intentionnelle par Descartes et suivants, Kant et Hegel et autres, et pro intentionnelle par les pensées de l’altérité, Heidegger et Nietzsche, Sartre et Lacan, et autres) non pas seulement permet d’atteindre un état subtil nirvanique, mais comme elle est grecque et qu’elle veut ici et maintenant que « cela soit », elle entraine avec elle tout ce qui est ; le donné là, le monde, la réalité, le vécu sont poussés hors d’eux-mêmes par le là du donné, le point d’être, le réel, d’une part et l’acte de conscience d’autre part (comme point au-delà, chrétien, point suspendu cartésien, point planté là sartrien, etc). Il faut parcourir tout l’énoncé, tout le connu, tout l’exprimé et le montré et le perçu pour rétablir en seconde part celle qui est la première.

Le propre de la philosophie n’est pas de produire de la connaissance mais le se-savoir du point de conscience et ce faisant étant exclusivement et décisivement ici même, elle entraine le connaitre lui-même ; elle est ancrée dans le présent même.

Ou donc elle n’attend pas de l’Autre la révélation ; elle l’est. Elle est la révélation effectivement présente. L’absolu ou dieu ou la totalité sont renvoyés comme contenus, et seul s’impose la structure ici même présente qui veut réaliser, rendre réelle l’articulation même. C’est ce qui distingue la pensée, grecque, de n’importe quelle réception de l’absolu ; l’absolu est approprié et c’est al structure suréminente ici même qui est voulue et elle se nomme Cohérence. Sinon se l’approprier on ne peut pas. C’est la possibilité même que cela soit nôtre qui veut que cela soit cohérence ou rien du tout.

La position archi active, ou hyper active ou méta ou pro, signifie que dans l’ici et maintenant cela est voulu et décidé et qu’on ne le lâchera pas. Par la structure qui se-sait et sera saisie par elle-même, la révélation paraitra. Et c’est ce qui eut lieu.

De fait.

Ceux qui contestent que le Fait ait eu lieu, désirent remplacer l’acquisition par une vue imaginaire ou un comblement de contenu, en lieu et place de la structure même activée ; de même le christ est celui qui ramène ici et maintenant ce qui était tenu au secret par le Père et que l’on recevait passivement de là-haut ; si « cela » se rend réel ici même, de où « cela » vient-il ?

Qu’il y ait un absolu quelque part, pourquoi pas. Mais qu’il soit ici et dans notre acte même … c’est un tout autre branchement, embrayage, actualisation. Il ne faut pas seulement se disposer à recevoir Cela-qui-est … il faut l’acter déraisonnablement et plus l’on s’y investira, plus l’actualisation sera impitoyable et extatique. Et le mouvement qui met en jeu l’absolu (ou quel que soit son titre) si on décide de l’acter dans l’acquisition de par la structure vide, formelle exige de chacun une toute autre instanciation ; c’est cela même que l’on nomme l’instanciation ; que l’on se prédispose, que l’on redistribue son être par la pointe, et que l’on y supporte l’insatisfaction.

Parce qu’il est évident que la conscience ne se satisfait spontanément que d’obtenir son contenu, mais qu’aucun contenu ne correspond réellement à une telle structure et qui plus est, n’étant pas un face à face, mais étant le rapport du rapport lui-même (conscience de (soi) sans aucun soi à se mettre sous la dent, puisque le (soi) est le rapport lui-même), il n’est aucune identité du moi qui puisse s’y substituer, s’y interposer ; toute identité tombe en ceci que l’on sait par le corps, les nerfs, l’attention même, l’intentionnalisation en ce qu’elle a de plus précis, comme aucun objet ni comme aucune identité ne s’y satisfait. Le rien est étourdissant et doit expressément continuellement être reconquis sur lui-même, s’oublier encore une fois, en plus, toujours plus loin dans le dedans sans dedans. C’est ébouillanté vivant que le corps s’en sort, par le haut, par le vide, ce qui veut dire par la forme même.

L’actualisation de la structure, de la conscience comme forme, ne peut pas s’effectuer « en soi » (cad dans un « soi » autre, une identité rêvée, une représentation forcément non adéquate) et donc commence de s’obtenir au bout de la réalisation elle-même, lorsque la cohérence est poussée jusqu’à son terme « historial » propre ; par historial il faut comprendre la saisie du donné, du monde, du vécu, et du corps à tel ou tel moment historique ; c’est uniquement lorsque aussi complètement possible le donné là monde est connu, éprouvé, perçu (esthétiquement suréminemment mais pas seulement), que l’articulation renvoie le donné là au « là » du donné lui-même, lorsque la réalité montée en conscience revient au réel même.

Il n’est pas, il n’y eut jamais (sauf interposition molle ou de commentaire ou de plagiat ou de dogmatisme) de saisissement du « là » du donné sans le donné là poussé à son extrémité historial. Parce que depuis les grecs et les chrétiens, comme la réflexivité se veut ici même, c’est le donné là du monde qui est emporté par le « là » du donné, et c’est pour cela que l’être en tant que grec, le dieu mono et puis chrétien insufflent une autre perception, et une autre vie, à la réalité à partir de la structure du réel.

Il y eut donc non plus l’acceptation du donné là et la réception de l’absolu venu den haut ou d’ailleurs, mais l’activation ici même qui parcourt de plus en plus intégralement le corps, le vécu, le monde, le donné (la personnalisation et l’humanisation, l’éthique, le politique, l’esthétique et l’ »idéel, plus ou moins respectivement).

Cette accélération considérable est l’augmentation considérable qui eut lieu autour de la méditerranée.

Il n’est donc pas étonnant que les esthétiques, les politiques, les éthiques, les idéels se déploient insensément et intensément, ni que l’on ne puisse pas trouver spontanément l’absolu ou la réception du dieu immédiatement puisque la cohérence grecque et chrétienne imprime que c’est au bout de la connaissance du donné, l’épreuve du vécu, le partage de la politique, la règle assumée des éthiques que le « là » du donné monte à partir du donné là, que le réel nait en créant de la détermination dans la détermination.

La raison, le naturalisme et le moi croient que cette détermination est relative à elle-même, mais en vérité, cad selon la structure, la dite détermination est conclue de l’articulation, de l’actualisation, de l’effort interne-externe ; du positionnement de cet-être sur la surface du donné d’une part mais d’autre part il faut se méfier de l’universalité, de cela qui est employé par les sciences. Si il n’était que l’universalité on ne comprendrait que difficilement que la réflexivité puisse progresser tout aussi bien dans l’éthique ou l’esthétique, ou la politique ou la personnalisation ou l’humanisation ; et si l’universalité n’est pas le seul critère de réalisation, alors l’universalisation, et ce qui s‘emploie dans l’esthétique, éthique, etc, est plus grand, plus structuré que l’universalisation.

Autrement dit l’universalisation, comme l’esthétique ou l’éthique, etc, sont des moyens pour une planification structurelle plus vaste et possédant le potentiel même, la puissance en soi. Et cette puissance interne-externe du réel, de la structure dans le réel. L’universel n’est pas la finalité mais le moyen et autant dire que ce dont l’universel est le moyen conserve intégralement l’universel (ça n’est pas un irrationalisme qui utiliserait le rationalisme, ce qui serait absurde, l’universel perdant alors tout efficace de fait), et que cela qui utilise l’universel, et donc l’esthétique ou l’éthique, etc, relève intrinsèquement de ce que l’on a nommé la cohérence.

Mais ce faisant, de plus, cette cohérence étend jusqu’au creuset même de ce qui est, et c’est d’autant moins un irrationalisme que cette forge est la finalité même de la philosophie en tant que savoir (du se-savoir). On est donc totalement éloigné de sacrifier à l’intentionnel comme si celui-ci sombrait dans le subjectivisme qui est une représentation issue de l’objectivisme récent ; intentionnel qui est notre être lui-même. Non pas notre réalité, qui se déploie en tous sens, mais la pointe de notre réalité, la conscience comme dispositif des dispositifs, dont on a dit qu’elle prenait activement (l’absolu) comme s’actualisant ici même, et dont il n’avait pas lieu de la séparer des autres manifestations (bien que celles-là, religieuses, mystiques, intuitives, reçoivent passivement ce que les grecs et le christianisme rendent actif et ici même).

C’est la même structure qui se réactualise soudainement autrement, puisque c’est le même être qui s’instancie.

L’hypothèse de raison, de naturalisme et du moi (qui se sont substitués à la pensée, dieu-le christ ou au sujet) cherche à dénouer l’un de structure par une composition ; ce qui est tout à fait nécessaire ; la structure de conscience est dispositif en plus des dispositifs (fonctionnalités, facultés, monde humain, physiologies, etc), mais l’incomposition de notre être (qui rend toute conscience parfaitement égale, parce que vide formel pur et brut, à toute autre) n’est pourtant pas, a contrario, la supposition que cette conscience soit un contenu, ni un super contenant ; ça n’est pas dans l’intériorité (contre quoi bataille l’épistémè de la raison, en lui opposant une extériorité, mais aussi les pensées de l’altérité en réouvrant le dossier de la densité ontologique de la réalité, volonté vers la puissance ou Être heideggérien ou exigence sartrienne ou inconscient lacanien, etc) que s’instruit la structure ; c’est selon cette double hélice de l’interne-externe, qui sont tous deux explosés, tendus unilatéralement (la structure de conscience se tient sur le Bord du monde).

C’est ainsi depuis le début (de tout) que se crée la dimension, qui entend explorer le Bord. Que ce Bord soit reçu dans l’hyper passivité antérieure aux grec-chrétiens (étant entendu que cette passivité est elle-même hyper active et intégralement structurelle, il est hors de question de « bannir » les pensées autres que celle « occidentale », ce serait un comble) ou qu’il soit aveuglément et violemment voulu par les grecs-chrétiens-cartésiens-pensées de l’altérité.

Sortir de l’assaisonnement raison-naturalité-moi est une salvation. Parce qu’aussi libérateur soit-il (et il l’est, cet arrangement) il aboutit à la soumission au regard de l’autre, et de l’autre non pas réel mais abstrait, version inerte du sujet cartésien, sujet absenté de la science, ignoré du moi, annulé des théories et des objectivismes et objectalités (notre être désirerait un objet) ; la raison-naturalité-moi assujettit les sujets, en instaurant que le donné explique le donné ; or du donné il n’est que des discours, utilisés, manœuvrés, ourdis par d’autres consciences, qui rende compte seulement de cette réalité en partie(s) ; les discours qui théorisent les réalités (qui ne parviennent de toute manière pas à composer un tout, puisqu’il n’est que le Un qui soit réel, le Un sans totalité) ne sont pas les réalités, et l’écart que subit la réalité est en fait structurel et en son intégrité autre que tout (il n’est rien qui lui soit semblable où que ce soit, en quelque monde ou quelque ailleurs que ce soit ; le rapport est rapport à (soi) ); depuis le début l’humain explose par effet du Un structurel, et l’humain est l’effet de cette structure, personnalisation comprise. Toujours l’assujettissement que produit l’énonciation se heurte à l’impossibilité du sujet de s’atteindre, c’est cette impossibilité même qui le crée. C’est parce qu’il vient de la structure qui n’appartient à rien, pas même à elle-même, qu’il est, qu’il existe un sujet impossible.

La structure n’appartient à rien puisque surgissant en plus de tout, de tout le reste.

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