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instants philosophie

Les conditions de l’Exister, selon l’extase

8 Août 2015, 09:41am

Publié par pascal doyelle

Le centre de notre être est « là où nous ne sommes pas », et donc le centre est ce qui est toujours déjà réalisé, ce que vous ne pourrez pas ne pas réaliser, ce qui déjà vous a atteint, cela même, venu du réel (soit donc ce que vous ne contrôlez pas), qui vous aura touché, et non pas seulement ému ou éploré, mais ce qui vous aura rendu l’extase.

On a vu déjà que l’extase est comme c’est dit (multiplement) l’ex-stase ; la suspension étourdie et étourdissante de notre être, supposant par ceci non pas l’être donné là comme entassement de mémoire, mais notre être selon l’exister, absolument un et articulé au présent pur et brut, à et en l’ontologie sauvage. Dont il ne fait aucun doute qu’elle permet à Descartes comme à d’autres de renouveler intégralement « ce qui était déjà ». Si l’extase se définissait en un objet, perçu ou acquis, rien ne serait renouvelé. Si la forme, le cœur du centre, n’existe pas, alors il renouvelle intégralement et tout aussi bien selon l’intégrité ; on peut tricher de ce qui est objet à distance, mais on ne peut tricher selon l’insaisissable, l’insituable ; si l’on triche, c’est que ça n’était pas encore le cœur du guerrier.

Il fut dit précédemment qu’envers et contre l’anéantissement menaçant que nous impose un univers quasi complètement délirant et dés-ordonné (ce qui ne signifie pas réellement « n’importe quoi », auquel cas ce serait totalement incompréhensible, non, c’est juste sans ordre), nous menions contre cet univers, une guerre, un refus, et que, en somme, il faut y défendre sa propre intensité, densité, et que sinon l’indifféremment univers partout écrasera et annulera toute cette existence nôtre ; il a lancé probablement des tas de consciences de (soi) (conscience de (soi) en laquelle le (soi) est le rapport lui-même, donc conscience de soi comme conscience, ce qui veut dire rapport réellement existant) ; peu lui importe laquelle de ces consciences parviendra jusqu’au bout ; parce que « conscience » est le rapport à (soi) et que le réel ne peut pas intervenir entre (soi) et (soi), sinon ça ne serait pas un (soi), pas un rapport, pas une conscience ; et cette description n’est pas sans résultat pour le centre de notre exister parce qu’alors une conscience doit se motiver à exister ; ça ne vient pas tout seul, ni de l‘extérieur. Cela vient du rapport vide à (soi). Du dedans sans dedans. Par quoi il faut toujours cesser d’être pour l’Exister.

Ce qui est impossible, mais réalisable néanmoins.

C’est en cela que le cœur du guerrier est super essentiel, c'est-à-dire suréminent ; on ne le connait pas mais il nous sait, ou il se sait au travers de nous, de chacun ; de là que l’on a pu ici et là postuler pour chacun un « soi » ésotérique et éloigné dans les sphères ou immatériel et éthéré, toutes représentations valides à condition de ne rien figer de ces mouvements transfiguratif (on nomme transfiguratif ce qui n’est ni de la configuration (pensée grecque, chrétienne, cartésienne et d’altérités), ni de la figuration ( raison, naturalisme, moi), mais se déploie comme libérations mentales en général, souvent tout à fait effectives et réelles, mystiques pour ainsi dire).

Remarquons que les visions transfiguratrices de notre être (les trucs éthérés) ne sont pas moins ridicules ou symptomatiques que les amalgames stupides des matérialismes et scientismes et objectivismes et objectalités diverses et variées dont on nous abreuve ; en vérité les trucs éthérés ésotériques seraient même bien plus sympathiques et parlant, et causant, explorant des entrechats passionnants, que les réductions exotériques de notre être, écrasés dans la conscience de quelques uns qui s’attribuent, bien certains de leur toute-validité (de leur science, de leur étatisme idéologique, de leur pharmacologie, de leur marketing) le droit sur notre être ; de le figer en des sortes d’objets issus de leur besoin de pouvoir (ignorant leur conscience existante, ils croient au moins à la nôtre qu’ils s’empressent d’anéantir).

Inatteignable est le centre et donc subrepticement présent continuellement, il est ce qui nous atteint déjà et dont nous sommes la potentielle réalisation. Parce que ça n’est pas joué.

Le centre de notre être est déjà là, mais il dépend de ce que l’on en pense, en pense au sens de réflexivité parachevante, cad qui ne se reprend que de son invisibilité, qui réatteint encore une fois, une fois de plus, toujours encore une fois motivée à exister, ce qu’elle est. De là la tournure étrange que prend la philosophie dés le début ; il tend à se saisir de cet être extatique, interne, de le serrer au plus près, de ne pas ou plus se laisser investir (comme les anciennes pensées, les religions, les élévations mystiques et les nirvanas s’y prolongeaient), parce que la passivité doit être précédée.

La passivité (je suis saisi de cet exister) doit être précédée, approuvée, entourée et continuée d’un activisme certain, assuré, d’une maitrise ; les grecs inventent cela, et le christ pareillement ; on ne sera plus seulement saisi par dieu, ou par le un ; on en maitrisera la venue. D’une certaine manière, on prévisualisera l’interruption que l’exister causera dans l’être, comme le présent abolira la mémoire.

Toute la philosophie est de montrer comme ce qui est absolument totalement imprévisible, peut d’une certaine manière être provoqué. Ce qui jusqu’alors faisait l’objet d’une attente passionnée et passionnelle, devient par les grecs et les chrétiens un appel, intransigeant, impératif, une volonté de fer mais qui va ruser et ramener à soi ses possibilités, requérant une maitrise très exacte, déplaçant au préalable que le « là » permettra de rassembler le donné ; le donné là, le monde n’est que dans la vision du « là » du donné.

Ça n’est pas seulement qu’il faut penser le monde et puis tout à trac, le un surgira. Appréciation simpliste et plate. C’est que l’on va créer les conditions d’apparition (et même d’apparitions parce que si le un est formel, et non pas un « gros contenu » poisseux, il apparait décuplé de sa forme même, sinon à quoi servirait-il qu’il soit le un ?), les conditions d’apparition de la structure ; le radical, la racine sera appelée par son nom, susurrée (parce qu’elle est glissée au travers, transversalement, dans le monde, le donné et pour nous les mois, au travers du vécu…). C’est par l’énorme effort d’exactitude de l’appel que naitra pour chacun la passivité (hyper active, il faut s’entendre, c’est la rumeur fondamentale qui existe) qui recevra le un qui n’existe pas ; pour cette raison il faut que l’on se demande à soi-même de s’y motiver à exister ; le un qui n’existe pas ne peut dépendre de rien sinon de lui-même.

Raison pour laquelle il est un ensemble de techniques élaborées par la philosophie qui permettent de placer et déplacer cette technologie inventée par le réel et que l‘on nomme « mécanisme de conscience ». Requérant donc le cœur du guerrier ou le centre de notre exister.

Et ça ne peut plus dépendre d’un maitre, parce que l’accès à l’acte de conscience, au rapport que l’on existe, ne s’effectue que de ce rapport lui-même. Il fut donc question d’établir les règles, les conditions, de réalisation du centre de notre existence, selon une description et un démontage tout à fait précis et selon la cohérence supposée du réel ; ce que l’on a nommé ou ce qui s’est nommé, pour nous, de ce côté çi, la pensée, la pensée comme cohérence ce qui veut dire ; ce qui est, est ici même, pas ailleurs ni autrement que «là ».

On entendait autre chose par ; les grecs inventent les conditions de la pensée, selon l’archi, et les chrétiens créent les conditions du sujet, selon l’hyper, et Descartes reprend et admet les conditions du libre, selon le méta (suivi par Kant pour la conditionnalité « spatiale », qu’il y ait là un monde pour le mieux dire, et Hegel pour la conditionnalité temporelle et de tous ces devenirs de consciences, en une fois), et ce jusqu’à Husserl puis Sartre qui nous simplifie grandement la vie, et les conditions pareillement des altérités effrayantes de Nietzsche et Heidegger , et les conditionnalités du moi (comment faire lorsque l’on est un moi qui se nomme Lacan ?). Mais on peut reprendre et réajointer à nouveaux frais ces conditionnalités investiguant toutes les possibilités de la structure découverte depuis les grecs et les chrétiens, et les renommer comme conditions d’exister du guerrier opérateur de l’être par son exister pur, du centre opérant le réel.

La philosophie ajoute ainsi aux techniques élaborées par et dans la grande passivité (hyper active) un ensemble de moyens (selon le un renouvelé) qui viennent provoquer une suractivité cette fois, tout à fait distincte, et qui ramène à nous, en notre regard même, au cœur du regard, ramène le un effrayant et tranchant. De sorte qu’il serait possible de penser le réel comme réel dans sa radicalité, en tant que racine unilatéral (il n’est qu’un seul côté ; l’exister). Dont l’une part serait la transfiguration passionnelle (hindouisme, bouddhisme, religions et mystiques foisonnantes, monothéismes également dans la mesure où le grand autre nous saisi) et l’autre part la ruse activiste foudroyante des grecs, chrétiens, cartésiens et proactivistes et d’admettre qu’il n’est, en ces mouvements, pas du tout d’opposition mais la continuation du trajet. Du même trajet.

Rappelons que l’on a vu déjà comme le un (la pensée grecque, dieu-le christ, le sujet et les altérités d’Heidegger et de Nietzsche) formule non pas une unification (il faut être sourd ou très lourd pour interpréter comme unifications ces lames d’acier qui nous ont découpé le monde, le donné et le vécu, le corps), mais formule une altérité effarante et terrassante. D’y être. le « y » formulant que l’être existe et que ce sont deux trames distinctes.

Raison pour laquelle il existe un présent.

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