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instants philosophie

La puissance du Un comme anthropologie radicale

26 Septembre 2015, 12:43pm

Publié par pascal doyelle

On explore donc la zone interstitielle ; celle qui borde le monde, le donné, la réalité. L’arc de conscience est tendu au travers du monde vers le réel. Et le Bord lui-même se déplie, se plie, et se replie, en fonction des explorations de la dimension que ce bord a ouvert.

Comme il s’agit d’une technologie de la structure même, elle ne se dit, ne se représente qu’en tant que technologie, technologie non seulement philosophique mais dont il faut étendre le cercle ; technologie de conscience, qui s’impose tout autant par les monothéismes et fondamentalement par le christianisme, qui appuie là où il faut (la conscience que l’on a de soi, on l’est ) mais comme la compréhension, à laquelle la pensée, occidentale, veut parvenir, définit l’absolu comme ici et maintenant , et que donc celui-ci prend l’énonciation du Un, elle ne table sur la distinction sujet-objet, que de manière tout à fait tardive, puisque dans la pensée grecque le sujet et l’objet sont communément la pensée elle-même (ce qui est compris est égal à la compréhension), et que la séparation sujet-objet ne fait que caricaturer la suspension cartésienne (et cette distinction sera appliquée indument et rétroactivement à la pensée grecque, en croyant soupçonner une préfiguration de la séparation qui viendra bien plus loin, dans la restriction de la raison), croyant bien faire.

Alors qu’elle interrompit, littéralement, la pensée (qui est et doit toujours être celle de notre-être/dans-l’être, ce rapport lui-même ; Kant ne vise rien d’autre que l‘établissement par-dessus la raison communément admise d’une structure transcendantale qui décrit le plus précisément possible la forme de notre être). Et cette coupure épistémologique (de la raison) sera à nouveau dépassée par les proactivismes (Nietzsche, Heidegger) qui réintroduisent ontologiquement toute la sauvagerie (cad l’altérité de la pensée, cad de la réflexivité, du retour effarant sur le (soi), dont on ne sait toujours pas « ce qu’il veut » ; il veut « pour rien » Nietzsche, ou il veut l’Etre, non accessible, dont on est saisi, transi).

C’est donc de manière vraiment limitée que la pensée s’est récemment restreinte en séparant le sujet de l’objet, croyant par là en réduisant tout à la considération objective ignorer, biffer, annuler, répudier le sujet. Le ramenant à une disposition « subjective », ce qui veut dire psychologique (Husserl refuse qu’il y ait simplement psychologie), ou usant des sciences humaines afin de le forclore, de l’absenter. Et d’annuler la révolution ; que la révolution soit stagnante, stoppée, gelée, puisque réactiver que les mois soient des sujets impliquerait un traitement de chacun tout à fait autre et pousserait à un renouvellement du possible.

Lorsque l’on dit que l’on explore la zone interstitielle, c’est celle qui se déclot à partir du moment où l’occident prend sa part dans la pensée générale humaine, en transposant l’absolu comme étant ici même en tant que Un ; le Un est l’insécable, et commencera donc de se décrire la présence, l’activité du Un ici même (au lieur de réserver le Un là-haut, au-delà ou ailleurs qu’ici même). C’est cette inflexion singulière qui va découvrir, dé-couvrir, lever le voile sur la structure ici-bas.

Etant entendu que par ailleurs on peut croire ce que l’on entend croire quant à l’au-delà, l’absolu lui-même tel qu’en sa suréminence ; la pensée occidentale décrit seulement le décalage qui s’existe ici, sans préjuger ni méjuger de ce que cela laisse supposer de son au-delà éventuel ; le contraire serait une trahison de la lucidité même de la réflexivité ; en aucun cas on ne peut prouver l’inexistence ou l'existence de quelque absolu que ce soit ; et le décalage entre soi et (soi) ; dont le deuxième terme est in-connu, non connu, ce qui veut dire que le rapport (que l’on est), on ne sait pas en quoi il consiste et pour quoi il existe. (En réalité le deuxième terme (soi) est lui-même le premier terme, soi, puisque c'est un rapport qui se nomme mais se nommant il glisse dans son énonciation et se croit être cette énonciation ; il n'est en réalité que le rapport lui-même qui n'est pas, qui Existe).

C’est pour cette raison,(le principe de ramener l’absolu vers le un), que l’on ne s’étonnera pas (comme nous en rabat les oreilles le rationalisme prétendant occuper toute la pensée, mésinterprétant lui-même ses propres fondations grecques, chrétiennes, cartésiennes, ou même les « délires » heideggériens ou nietzschéens, passant tout à l’aune de telle ou telle psycho-manie ou idéo-manie, ne respectant pas même les pensées pour ce qu’elles se disent et les réinterprétant en son immédiateté), on ne s’étonnera pas que la philosophie s’entremêle de religion, de dieu, du sujet , de métaphysique, d’ontologies, mots grossiers parait-il, aux oreilles du rationalisme plat (et inerte, mort).

Non pas que nous entendions ici défendre la religion, dieu ou le sujet ou ce que l’on voudra de si condamnable (…), mais bien qu’il faille les penser comme technologies tout à fait précises et articulées sur l’épreuve même du réel ; en ceci que le réel, la science et la raison ne s’en occupent pas, ils ne s’intéressent qu’à la réalité, et c’est très bien ; qu’elles se limitent à leur domaine propre, hors duquel de toute manière, objectivement, elles n’ont aucune validité (sinon elles cesseraient d’être des sciences et de la raison ; qu’elles s’appliquent à elles-mêmes leur épistémologie).

Ce que l’on dit c’est ceci ; il est une hyper objectivité et on en existe depuis au moins 2500 ans. Si l’on se demande qu’est-ce que ce monde, humain, à ce point si puissamment élaboré et organisé, c’est sur cette hyper objectivité qu’il repose ; l’assise des sciences, du droit, des esthétiques, de l’Etat, de la personnalisation, de l’humanisme, des cent mille récits et poétiques, reposent sur une aperception extatique qui consiste en ce que l’absolu fut basculé par les grecs, d’abord, vers le Un, le Un ici même. Et que le basculement du Un ne pouvait certes pas s’arrêter aux grecs ; c’est l’agissement anthropologique entier qui est renversé, en ce qu’il permet une systématisation de « ce dont on prend conscience ». Ce qui veut dire de la fine pointe articulée au réel.

On n’a pas seulement décidé que la réalité est le monde, le donné, etc (version rationaliste), mais que le Un a réellement et effectivement investi, de par toute son Altérité, le monde, le vécu et le corps. Ça n’a pas consisté à organiser la détermination du donné, du monde, mais à élaborer l’architecture de conscience ; par-dessus les contenus il y eut l’architecture formelle de l’attention au réel qui s’est imposée.

La raison et le réalisme continuent de comprendre lorsque l'on dit "conscience, structure, forme" comme étant des "choses" ; c'est pourtant assez clair ; ce sont des formes sans rien. Et si on réclame encore une visualisation, songeons au présent ; le présent est un forme pure et brute, sans rien.

Et la possibilité d’une telle articulation, nommée ici suréminence, qui est abrogée par le réalisme (qui en partie est totalement justifié, il adapte la pensée, la dimension-autre, répertorié par le christ, dieu, et puis le sujet, au monde donné vécu, et en partie purement idéomaniaque et s’utilise afin que la révolution soit gelée historiquement et que par delà l’universel ne s’exige pas le structurel, cad les sujets réels), la possibilité donc d’une telle articulation permet de reprendre la Source ; soit donc la structure dégagée par la transformation de l’absolu vers le Un (commencement grec repris et surabondamment réarticulé par les réflexivités, dans tous les devenirs de structure ; en cela l’hégélianisme est fabuleusement lucide et suite à Kant qui impose à nouveau la structure de la réflexivité, Hegel décrit les torsions de prise de conscience dans le cœur, le centre du rapport lui-même) et la volonté, impérative et de toute manière instantanée, de rendre réel toute la puissance de l’altérité ; le Un qui est introduit dans l’humanisation amène invinciblement sa capacité de séparation, de division, de distinction ; si le Un est ici, il faut suivre constamment toutes les unifications et ce jusqu’au temps lui-même, et même par-dessus le temps.

C’est ce que l’on ne voit plus en se fiant au réalisme (qui annule la suréminence) la pensée grecque dans sa spécificité intégralement exclusive (elle est littéralement épuisante de distinctions puisées à même le surgissement de la réflexivité, de la redimensionnalité intentionnelle de toutes choses),on n’aperçoit plus la dimension-autre de ces religions du Un (ce qui doit fondamentalement mettre hors course les églises ou les communautés ; la religion du Un est Autre et absolument Autre et aucune représentation ne lui est adéquat), la méta réflexivité qui pense, qu’on le veuille ou non, la révolution unique radicale (de Descartes à Hegel, y compris tout l’idéalisme allemand) ; en bref on se prive au nom du réalisme de la Ressource même qui a orchestré la métamorphose anthropologique ; ramenant l’absolu vers le un.

Ce qui veut dire impliquant radicalement l’altérité en tout et partout, et non cette platitude d’une réflexion et raison de l’objet, pensant au contraire la réflexivité et non simplement la réflexion, qui stoppe net l’historicité, gelant la révolution, abolissant la Source interne de structure réelle. La réflexivité amène la dimension dans l'historicité, la réflexion qui est seconde git sur le prinicpe que le donné explique intégralement le donné. Ce qui est absurde.

L’altérité est ce qui intervient ; en tant que déployant la totalité potentielle de l’archi intentionnalisation grecque à propos du monde donné là sous l’augure radicale du «là » du donné (soit donc de l’être, et Heidegger est parfaitement fondé à sup-poser la suréminence), et créant quantité de machinerie intentionnalisatrices (les systèmes), embarquant en une fois et le donné là, le monde, et le « là » du donné, l’être et le un. La pensée accouche de toutes les distinctions à sa portée et crée toutes celles qui peuvent être inventées, par-dessus les groupes humains.

De même le christianisme (pour ne nous attacher qu’à cette réflexivité interne au Un juif, au dieu-autre), qui permute le Regard ; depuis le christ nous nous percevons par-delà (qu’on l’admette ou non, ça n’est pas la question ; cela réalise une technologie radicale qui permet de commencer d’envisager l’anthropogenèse qui eut lieu alors), par delà ou, mieux, d’un autre point que le corps ; non assigné au corps (qui de toute manière est crucifié, tous les corps, romains ou juifs, citoyen ou esclave, homme ou femme sont crucifiés). La logique du christianisme et de la conversion spécifique aux religions du Livre (se souvenir du départ hégélien de la réflexion sur cette réflexivité) consiste à créer chaque conscience à partir de la conversion ; la conversion au Point externe (à tout) et qui croit engendrer en chacun le Point interne ; soit donc le pur et simple rapport.

La difficulté du christianisme tient en ceci ; chaque individu se convertit et se transforme en conscience mais dans l’uni-conscience du christ ; il faut attendre Descartes pour le cercle réflexif s’inscrive ici et maintenant, ce qui veut dire en tout ici-et-maintenant. Par lequel plus tard se découvrira l'exister ici et maintenant.

Le christianisme pensait que la conversion en une seule conscience suffisait à créer la communauté ; le saint esprit (ou l’oumma des musulmans). Il est évident que cela est absolument un préalable mais vraiment insuffisant. Parce qu’il est vrai et réel que l’arc de conscience se produit vers le réel hors de la cervelle, mais la conversion doit se prendre du dedans (sans dedans) de la structure ; autrement dit s’effectue comme conviction non seulement humaniste (et on connait l’angélisme louable mais inefficace de l’universel, de l’amour universel, de la compréhension toute abstraite de cet humanisme), mais comme conviction du dedans de la structure dans un corps… et cela est une toute autre affaire ; la survenue du « là » du donné emporte et recrée le donné là …

Ou donc ; la puissance de l’acquisition du Un ici-même implique de recréer le donné là, d’engendrer le donné, de retransmettre d’une part ce qui est, mais tout autant sinon plus d’inventer une structuration du donné ; une structuration qui tout en n’étant pas seulement le reflet (objectif) du donné là, du monde, du vécu, soit une invention mais une invention non subjective.

Il faut impérativement sortir de la faiblesse réaliste rationaliste ; il faut comprendre comme l’articulation cartésienne ou celle des grecs ou du christianisme sont la description suréminente de la structure ; en tant qu’elle se crée. Et non pas rapporter (d'un sujet abstrait, annulé, absenté, ignoré) le donné au donné.

Le propre du Un n’est pas seulement d’exploser tout ce qui est, dans son altérité, sa puissance de distinction et de révéler les distinctions de la réalité, mais de créer au-dedans de l’être un Exister intensément Autre, autre que l'être ; créer de la structure existentielle et ontologique. Ce qui entre nous est nettement pensé par Descartes ou Kant en tant que la divisibilité de la réalité (l’entendement) doit être soulevée par la structure du sujet ou du transcendantal, ou comme la pensée phénoménologique hégélienne démarque les architectures dialectiques de conscience mais tout aussi bien comme l’hyper volition nietzschéenne dresse la motivation à exister ou comme le « là » heideggerien se voudrait un plongeon hyperbolique dans le rapport ontologique lui-même (ce qu’il nomme l’Être et surtout le Retournement).

Depuis le début tous les trajets suivent la Même ligne.

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