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instants philosophie

Le Je purement réel dans un univers non-sensé

17 Octobre 2015, 08:57am

Publié par pascal doyelle

La brutalité de l’univers

Ce qui est, l’univers ou les éventuels multiples univers, n’a pas de sens en lui-même ; la réalité est le devenir de l’indéfiniment Autre, et pour qu’u réel existe il faut qu’il soit empli et même constitué d’altérités ; ce qui visiblement ne signifie pas « n’importe quoi ». si il n’existait que du n’importe quoi, ce serait tellement indescriptible d’une part mais surtout inorganisé que ça ne cesserait de s’effondrer continuellement jusqu’à la dissolution (et peut-être existe-t-il quantité d’univers indistincts). Quoi qu’il en soit le dés-ordre que nous observons et qui constitue la réalité est apparemment au minimum un ordre dit statistique ; en somme l’énergie part dans tous les sens, mais les éléments qui la constitue ou qui en découleront s’ordonnent non pas selon un Ordre qui aurait un Sens, mais comme une partie lancée qui forcément mobilise quelques éléments ( seraient-ils extrêmement complexes pour notre pensée) lesquels plus ou moins et selon s’organisent relativement en certaines couches de réalités à peu près stables, et c’est le nombre statistique qui les combine et leur permet de durer ; l’ordre dans le statistique est ce qui dure dans le temps, étant organisé a minima. Le tout donne quand même l’impression d’une sorte de bricolage, probablement bien plus souvent raté et dispersé et se dissolvant à plus ou moins long terme, plutôt que d’un ordre ou un sens expressément disposé.

Ou donc ; si il est ici ou là un minimum d’organisation ou de sens, c’est par effet de nombre.

Cela veut dire évidement que l’ordre peut apparaitre et se maintenir (par définition, l’ordre perdure), mais cela signifie surtout que le réel devenir est le jeté de possibilités tout à fait indifférent et autre et que cette altérité gigantesque est le « sens » (insensé pour nous) de tout le bricolage. Cette indifférence aboutit néanmoins à des sortes d’êtres spécifiques ; ceux qui ont avec eux-mêmes, un rapport.

Une chose est une identité ; mais les êtres spécifiques ont un rapport à (eux-mêmes). Le rapport à (soi) est l’unité du dit rapport ; ou donc ; le rapport à (soi) ne contient pas de (soi) ; c’est le rapport (puisqu’il se rapporte) qui est le dit « soi ».

Si l’on est un moi, par exemple, le dit « moi » n’est pas le contenu du rapport ; mais en est l’effet (ou un des effets). L’humain n’est pas le contenu de « conscience », mais « conscience » est le rapport lui-même ; puisqu’il apparait que ce qui a un rapport à (soi) dénomme spécifiquement ce que « conscience » veut dire (ou donc elle ne veut dire rien que cela ; le rapport ; lorsque le rapport du début n’est pas le report de la fin ; dans le « je suis conscience de moi », le je qui énonce n’est pas le moi de la fin, le moi est juste et rien que le représentant momentané du je du début qui lui n’apparait jamais, qui recule indéfiniment).

On a cru que la pensée, dieu ou l’esprit ou l’universel ou la vérité ou enfin la nature humaine et dans la nature humaine le moi de chacun, la personnalisation, était le Sens du rapport ; mais tout cela ce sont des effets ; des représentations et de plus en plus précises et incrustées dans la réalité (on ne se conçoit plus comme unité dans groupe humain, mais un par un, un par soi, c’est le moi qui récupère toute l’identité).

Ceci étant cela ne signifie pas que l’on n’existe pas comme Un. Parce que l’unité de rapport que chacun est, est bien plus formidablement Une que n’importe quelle identité personnelle ; le moi demeurera le moi, bricolé, qu’il est, nanti de son vécu, de son inconscient, tout cela étant livré au hasard, et souvent au n’importe quoi, sur le type de la rencontre, du traumatisme ou de la stupidité, mais le Un du rapport que chacun existe peut cabrioler en quelque sens ou non sens ou orientation ou désorientation qu’il veut, qu’il souhaite, qu’il désire, qu’il construit , qu’il crée ou creuse.

C’st pour cela que l’on a créé la Dimension ; les éthiques (qui ne sont pas et en aucune manière les morales), les esthétiques, les politiques, les idéels, les représentations inventives, les humanisations et les personnalisations ; et donc les mois eux-mêmes qui s’aventurent si aisément dans des zones étranges et autres, dangereuses et absurdes et sauvages, pour leur Grand Bien ou leur horrible malheur.

On ne place pas au-devant le moi, ou le sujet ; on place au-devant le rapport qu’est tout être qui a rapport à (soi), dont le (soi) est sous la formulation du moi simplement une représentation, mais sous lequel couve le Un indivis de la forme vide, nue, sans rien, et sidéralement Autre que tout.

Parce qu’un être dont l’être est le rapport lui-même, expose, exhibe ce qui se tient le plus Autre qui puisse être ; son altérité ne tient pas à telle ou telle différence ou détermination ; c’est sans raison qu’il se tient Autre que lui-même. C’est sans raison, sans détermination que notre conscience ne se confond avec aucune autre ; chacune est purement et brutalement Une. Or pourtant entre deux consciences il n’est aucune différence ; toutes sont absolument semblables (le formel sans composition peut exister absolument, rien ne peut le relativiser à quoi que ce soit, et ce d’autant qu’il est non pas tel ou tel contenu dans le rapport mais est le rapport même). Et parfaitement ce que chacune est ; le rapport n’étant pas composé, est parfaitement et intégralement « tout ce qu’il est », c’est-à-dire « rien » si l’on veut, mais en fait une structure existant réellement.

Ce serait se tromper lourdement (outre que ce serait une absurdité) que de se laisser piéger dans les sortes de « rien », de « néant » ; ça n’est pas parce qu’elle n’apparait pas dans la détermination que notre structure, notre être, n’existe pas.

Et on a vu qu’élaborant cette structure c’est tout le présent dressé à la vertical, en tant qu’exister pur et simple et brut, qui s’ajoute à tout ce qui est donné-là, à tout l’être, et verticalité qui fait l’objet même de la réflexivité qu’instruit la philosophie, c’est-à-dire la discipline qui se charge de suivre le Bord du monde, de la réalité, la transcendance radicalement incluse dans l’immanence la plus complète. Cette verticalité s'est créée comme une architecture ; le Bord du monde n'existe pas dans le monde, il doit, il ne peut que se déplier, se créer en-plus. Le Un est donc ce qui se produit comme instantanéité.

Ou donc, l’immanence, intégrale, réfléchit, et sa réflexivité propre est le présent seul.

La pensée partout ailleurs voulut approcher l’absolu tout là-haut, accroché au-delà, mais la pensée dite occidentale est celle qui ajoute une approche de plus (qui ne contredit ni n’approuve ce qui est hors de son rayon du Un) ; trouver ici même le décalage de notre être d’avec lui-même (ce qu’il est très évidemment). Entre les deux versions il n’y a pas à « choisir » (cela n’aurait aucun sens, sinon pour le réalisme, la raison plate, la raison en 2D, le naturalisme obligé et le moi psychologisé ou l’humain sociologisé) ; on ignore ce que le décalage que le Je sans contenu, le Je énonciateur (qui n’est aucun des énoncés, pas plus les siens que ceux des objectivités qui veulent le coaguler), que la conscience maintient en plus et hors du conscient.

En élaborant l’anfractuosité ontologique (la distance entre nous et nous-même, nous et le réel, le réel et lui-même, en se plongeant dans l’altérité en somme), on a posé à la fois le donné là, la réalité, le monde et le « là » du donné, le réel, l’exister (anciennement l’être, qui se formulait comme limite de la pensée) ; et lorsque l’on explore notre être on ne tombe pas du tout dans la subjectivité, mais explose l’ontologique articulation effectivement liée au réel intégralement Autre. Platon ou Descartes ou Nietzsche nous présentent-ils une subjectivité ou décrivent-ils le plus extrêmement possible notre être en acte ?

L’arc de conscience réflexe qui sort de la cervelle vers le réel donné « là » a ouvert la dimension en plus qui n’était précédée de rien, sinon de ceci ; elle s’arcboute au présent pur et brut. Se plonge dans et ressort de l’immense brutalité du réel in-sensé.

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