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instants philosophie

Le mouvement qui bouge

25 Octobre 2015, 15:02pm

Publié par pascal doyelle

Dès lors se pose la question ; pourquoi désirons-nous un point fixe en tout ce qui se meut ? Parce que nous sommes nous-même cette fixité du point.

Ce qui existe en tant que "conscience" , existe comme rapport à (soi). Comme rapport et donc il faut mettre entre parenthèses le dit soi, parce qu’il n’est pas ; il existe ; il existe comme rapport au rapport qu’il est.

Ce qui existe comme rapport, est, de fait et immanquablement, son propre point.

Donc ce rapport se-sait ; il ne sait même que cela ; tout autre contenu est passager. Il est menteur si l’on veut. Mais menteur en une manière bien stricte ; le mensonge sera toujours parlant, signifiant, redésignant le monde, le donné, le corps, et se désignant lui-même, la structure du point qu’il est.

Ce qui est rapport à (soi) est rapport à (soi) comme et tant que rapport. rien d'autre. de même que toutes les réalités ne sont que le seul et unique présent, unique réel instancié.

Le se-savoir est absolument (au sens propre) vide (au sens propre aussi). Il ne connait rien, de là qu’il puisse connaitre quantité de liaisons, de rapports différents, mais il ne se confiera en aucun contenu (il croira seulement qu'il se fige en tel contenu, tel signe, telle identité).

Et donc il faut le dire, ce rapport, ce se-savoir vide mais formel, et le dire autrement que selon telle ou telle détermination, et c’est pour cela que la philosophie est incompréhensible.

Parce que ce qui se montre ce ne sont pas les contenus ni l’argumentation, la rationalité, mais ce qui se montre c’est la rationalité comme mise en forme (la rationalité est prise dans une cohérence plus grande) ; il faut que « cela » passe d’une conscience à une autre, que cela passe de cette conscience à elle-même, que l’attention, l’attentionnalité soit suspendue et reprise, de telle sorte que ce ne sont pas seulement la cohérence des contenus qui est en jeu, c’est la forme de votre conscience, de votre attention, de votre attention à être, ce qui veut dire (puisque cette compréhension ne suppose rien au-delà ou ailleurs) attention à exister ; à actualiser ce que la fine structure de l’attention peut.

Et ainsi le procédé « philosophie » veut modifier votre attention, soit donc ce qui entre et qui sort dans votre cervelle, mais pareillement et surtout et suréminent ce qui change votre statut de corps. Que l'on peut entendre comme tricot de corps ; l’apparescence de votre corps au sens de « sa position sur le monde ». Cette surface de votre corps que vous donne, vous offre, vous fournit l’idée, l’image, les esthétiques ; les esthétiques sont ce qui recouvre votre corps, en lui donnant une autre perception, une autre dimension et dimension s’applique absolument à « corps » ; ce qui doit être évoqué ici est formellement et rigoureusement la spiritualisation du corps, comme il était dit jadis, ou si l’on veut la sublimation. Un processus, un procédé totalement complexe et autre, un maelstrom étourdissant. On n'y est plus soi-même, on est Autre.

On comprend bien que cette surface du corps contre la surface du donné, là, réel, engage plus que totalement notre réalité ; plus que totalement parce que la dite surface se passe par-dessus notre corps ; elle est en plus, elle est la dimensionnalité en plus (de la cervelle par ex, ou du langage ou des autres ou donc en plus du moi que l’on est, et pourtant on n’est que ce moi et il n’est que des mois, sauf qu’ils existent, et que la dimension est justement « là », dans le présent qui ne dit rien, qui attire, qui tire vers).

On assiste donc, esthétiquement, à la transfiguration du corps, ce qui veut dire de l’attention à exister, de la forme de votre conscience, du circuit de votre intentionnalisation du présent ; en tant qu’il condense et concentre, en tant qu’il disperse et s’étend sur la surface, la surface du réel. La transfiguration est la modification du corps requise par l’esthétique, la poétique. on a inventé l’esthétique, afin de transfigurer les corps, ou de se situer dans le point d'attirance hors de la cervelle, dans le "là" du réel, afin de se re/percevoir à partir du "là", du présent indéfiniment réel.

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