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instants philosophie

Le Un qui mord à même le réel

24 Octobre 2015, 09:33am

Publié par pascal doyelle

Nous ne sommes pas nous-même. L’absolu ou le un. Les trajets du moi.

Dans la déliquescence commune, très banale, on ne voit pas bien ce qui pourrait en ressortir ; l’abandon complet de l’universalisation au profit de l’invention dernière venue ; la personnalisation et son effet la privatisation ; met à bas, abolit tout développement concerté du devenir humain ; l’universalisation devait assurer la passation des contenus et de telle sorte que via les contenus, les déterminations, les intentionnalisations puissent se construire en et par chaque conscience l’aperçu intellectif, intelligent, réfléchi par lequel gouverner, au vu et au su de chacun, les finalités inscrites, écrites, explicites.

Or ce qui remplaçât l’universalisation, soit donc l’individualisme délirant, n’est pas l’individualité cohérente ; mais une représentation psychique absurde tenant en ceci ; que la réflexivité humaine qui devait créer l’architecture intentionnelle, s’est pliée aux finalités du monde et qu’il n’existait plus de ce fait d’espace, de temps, de dépliements susceptibles d’être alloués au retour sur soi de l’individualité cohérente.

Il est évident que dans les conditions qui leur sont faites, les mois sont dans l’incapacité de dénouer quelque cohérence que ce soit, puisqu’elle n’est pas, dans l’humain, connue en cet état déplorable du monde, et dans l’incapacité de se construire eux-mêmes comme cohérents. En somme la cohérence a complètement déserté la réalité, et celle-ci est retombée au niveau du monde donné bêtement là, de cet état généralisé du donné qui se délimite par la ligne de mort.

Rappelons que la ligne de mort est ce qui donne le sens brutal, l’orientation du monde lorsque le monde, le vécu, les corps ne sont pas relevés par la réflexivité ; en tout conflit on cherchera à massacrer autrui, en toute organisation on voudra l’exploiter, toute conscience du moi s’effondrera dans le bricolage indéfini. Tant que cette ligne ne sera pas remplacée par l’horizon du réel, celui qui transforme la réflexion en réflexivité, le sens du monde demeurera inchangé, et la porte ne s’ouvrira pas.

Bien sur il y eut quantité d’occurrences dans l’historicité afin que le réel puisse accéder à la réalité ; religions, mystiques, dieu, pensée, sujet, révolution ; tout ceci visait à se substituer à la ligne de mort. Le réalisme, celui de la raison, naturalité et celui de l’humanisme et du moi, croient que cette ligne s’effacera toute seule, de par elle-même, qu’elle se dissoudra dans la réflexion ; lorsque la réflexion aura mis au jour la nature humaine et la nature tout court, la bonté naturelle de la réalité se déversera.

Or manifestement il n’est pas de sens dans le monde donné, de sens tel qu’il puisse déplacer les lignes, les lignes de dégradations qui ordonnent l’humain. Cela seul qui soit en mesure de passer outre le monde, le donné, le vécu, est le réel. Ce qui dans la réalité est dissimulé. Et il n’est rien de dissimulé dans la réalité sinon le bord de la réalité.

Et donc le bord n’appartient pas à la réalité.

La ligne de mort est ce qui nous contraint ; elle n’est pas seulement ce qui sera imposé aux autres, et malgré des détours bien intentionnés qui reviendra puisque collé à même le monde, elle est ce qui oriente nos images, nos désirs, nos pensées, notre intention de vivre. Le problème est que toutes ces finalisations qui tombent dans le monde, et que rien ne relève, n’a pour les contrarier rien d’autre que le réel, ce qui veut dire le bord, la limite interne et externe (puisque de ce point de vue il n’est pas l’épaisseur d’une feuille qui sépare l’externe et l’interne, bien qu’ils soient distincts) ; et que cette limite du monde n’a aucune représentation dans le donné monde vécu. Ni dans le corps.

C’est sur (soi) qu’il faudra prendre, tirer du rien, soutenir à partir du formel l’horizon susceptible de remplacer la ligne de mort. Comme « ça n’existe pas », et que rien dans le monde ne prouve ni de décrit ce qui « in-existe » formellement, il faut pour chaque conscience qu’elle fasse surgir de sa structure ce qui lui confère l’effroyable ou extraordinaire distance qu’elle est.

Que nous ne soyons pas ce que nous sommes, c’est la pensée de Sartre ni plus ni moins (qui durcit les découvertes antérieures, essentiellement en ramenant la distance interne jusqu’au plus proche d’un corps existant ici et maintenant, qui a affaire à l’ici et maintenant, aux autres, aux choses, à sa propre densité effroyable). La non coïncidence.

Et si l’on suit l’idée, le principe que jamais la philosophie, la pensée, la réflexivité ne dévie de sa logique, il faut reprendre littéralement et en tout sens ce qui fut énoncé par quelque explorateur, créateur que ce soit.

Si il est une telle « logique » c’est que ce qui fut inventé-découvert (la réflexivité ou pour la philosophie la réflexion sur cet être nouveau que fut la réflexivité extraite autour de la méditerranée de tout monde particulier), ce qui fut découvert est une structure et non une idée ou un système (sinon le système formel des conditions de notre exister) et que cette structure agit et réagit selon son activisme de structure ; aussi engendre-t-elle les pensées qui lui suffisent, qui lui permettent d’avancer selon son exister.

Une pensée étant un rapport, c’est le rapport comme ce qui excède absolument (étant formelle) au donné monde réalité corps, c’est ce rapport qui se montre ou affleure dans la réalité.

Le tout étant de créer, comme dit, le système formel, celui qui est antérieur à toutes les vérités ou énonciations et qui décrit la position de notre être sur la réalité ; soit donc l’exposition de l’articulation au réel, le réel étant dans le donné là - le « là » du donné, et cette position décalée, cette distanciation de la non coïncidence, mais qui vient soudainement remonter dans la structure même de conscience lorsqu’elle constate que le présent est dans la réalité la réflexivité de l’être, au point de formuler que l’exister est ce qui est, et le reste est le dépôt de l’actualisation.

La pensée au sens propre et unique, est de trouver l’articulation que l’on situe soit au-delà (auquel cas on se décide pour l’absolu et toutes ses versions, interprétations) soit ici même le Un ; auquel cas on poursuit l’atteinte décidée depuis les grecs qui consiste à intégrer l’ici même, le réel, le « ce qui se passe ici et maintenant », et à interrompre l’humanisation selon la synthèse pour l’humanisation analytique ; celle qui décortique notre activité de pointe, la pointe de conscience, la pointe qu’est la conscience qui veut que dans le présent (de cohérence) se manifeste tout ce qui est. La pensée est soit ce qui assure que vous accèderez à l’absolu au-delà, soit que vous assumerez le un ici même ; ce qui veut dire le réaliserez.

Par la pensée dans les deux cas on s’en prend soit à l’absolu soit au un ; et ce sont deux positions dans l’exister qui ne se contredisent pas ; elles partent simplement d’un principe de vue distinct (et dans les deux cas est admis que l’on touche à la racine ou à la source ou à l’originel lui-même ; puisqu’il n’est aucune raison de ne pas supposer, admettre que si l’absolu ou le un existent, ils sont infiniment proches de notre exister même… le contraire serait plutôt absurde, et ce quel que soit cet absolu ou ce un ; le réel, quel que soit son acception, est écoulé d’une seule fois).

Cependant comme la pensée selon le un de « ce qui est » ici même, étant insécable, est tout entièrement « là », et en lequel principe le un ou dieu ou l’esprit ou la pensée ou le sujet ou l’altérité sont les opérateurs de division indéfinie, accumulant les distinctions, puisque le un amené ici même travaille tout le donné et se travaille lui-même en remodelant sans cesse sa propre distinction ; il n’échappe pas à la divisibilité, il est la forme qui se change elle-même.

Si dans la pensée de l’absolu il faut tendre à se refigurer (refiguration)dans l’absolu au-delà, alors qu’à l’autre bout de version, selon le Un, il faut pousser à la modification de notre être et approuver la multiplicité de la réalité et l’altérité du Un (soit dans les configurations pensée-dieu-le christ-le sujet-l'altérité, soit dans les figurations raison-naturalité-moi) ; puisque de fait et d’évidence le Un a rendu cette réalité là indéfiniment diversifiée et radicalement autre, c’est que le Un a pour office d’engendrer de l’altérité et de la diversité. Si la pensée de l’absolu doit trouver toutes les raisons de l’unité (et les pensées de l’absolu créent de vertigineuses argumentations intérieures à l’absolu ou son atteinte), la pensée selon le un doit découvrir toutes les raisons de l’altérité et envahit le monde, le donné, le vécu, soit donc la politique et la gestion ou l’organisationnel des corps, la perception et le corps et l’esthétique, l’éthique et son corps spécifique, etc.

Et puisque le un se trame de fait et par principe dans la réalité et le réel (il est insécable ici même), c’est notre exister en propre qui en crée les différenciations, qui se produit lui-même du dedans de l’attention, dans la précision de l’activité de conscience et ce en tous sens disponibles ; c’est la pointe de notre réalité qui n’appartient à rien sinon à ses effets dans le réel. D’où son activisme politique, esthétique, éthique, idéel, son humanisation accélérée et son creusement de personnalisation ; en chaque moi explose, expose la structure.

Non pas qu’il crée seulement les universalisations, la raison, l’extériorité ou la naturalité, il crée d’abord et depuis longtemps les différenciations internes en chaque corps ; en chaque corps travaillé par le Un, par le formel et ça n’est rien d’autre que l’immense acculturation qui s’incruste dans mais surtout de l’individué ; esthétiques, éthiques, poétiques, politiques, idéels et le retournement de la pensée de l’altérité ; Nietzsche et Heidegger, Sartre et Lacan, Rimbaud et Céline, Lovecraft et Ph. K. Dick et tout autant les stupéfiantes, étranges aventures rocambolesques des mois au travers de leur culture mass et micro médiatisée ; médiatisations se dit alors autrement ; comme médiation. Passage, passation entre soi et (soi).

Ce que l’on a acquis c’est d’abord l’acculturation ; grecque, chrétienne, renaissante, cartésienne, idéaliste, puis en parallèle le réalisme du donné, raison-naturalité-moi et apparemment inversement les extensions des sujets puis des mois ; les grands sujets créateurs, dont Nietzsche effectue la pensée, la pensée réellement en acte et qui a déjà eu lieu au moment même lorsqu’il la crée, et les mois aux étranges déhanchements que nous connaissons, puisque nous sommes ces mois.

Mais puisque la réflexivité produite initialement par les grecs s’attache à « cela même qui agit », à savoir l’attention, littéralement l’attention à ce qui est, la dite réflexivité ne s’arrête pas à ce seul devenir ; elle a déjà déployé son aile sur toute sorte de pensée, où qu’elle soit et quelle qu’elle fut, accumulant extensivement et intensément jusqu’à ce qui pourrait paraitre son opposé, faussement, les pensées de et selon l’absolu plutôt que du Un, parce qu’entre les deux versions il n’est pas de contradiction. la réflexivité qui a démarré autour de la méditerranée, s'offre à toutes les quêtes de tous les peuples et tous les temps. La réflexivité recherche dans les mondes humains tout ce qui fut élaboré, travaillé, extrait ou accroché au firmament.

L’articulation que le un explore est ici même, mais rien ne prédit ce que cela peut être, ni jusqu’où cela existe. On ne sait pas ce que « présent » signifie.

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