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instants philosophie

Structure du réel

10 Octobre 2015, 09:13am

Publié par pascal doyelle

La pensée antérieurement à la philosophie s’est attaché à l’absolu (et prît une forme synthétique fondamentale, se produisant dans tous ses détails et sa richesse par la structuration de tout ce qui, l’absolu étant supposé ou admis « là-haut », il nous était accessible de déployer toute les caractérisations d’une telle Distance) , en aucune manière il ne peut s’agir de nier, renier, abolir quelque formulation de la pensée que ce soit ; les pensées de l’absolu développe hyper objectivement tout le pensable à propos d’une présupposition, d’un intuitionnisme argumenté et infiniment élaboré.

Ça n’est pas cela qui est en cause ; les grecs initient de se saisir dans le ici-même, la dite distance, le décalage, et si l’on peut nommer cela la dimension, c’est que contrairement à l’élévation vers l’absolu hors du donné là, la dimension s’ouvre ici et maintenant.

C’est donc imposé de tout le poids de l’ontologique que cela s’introduit, dans le monde par les grecs et dans le vécu par le christique, et qu’effectivement tel que cela se dénomme ; se nomme cette ouverture comme ontologique ou métaphysique ou l’inscrivant comme la divine pensée, ou christiquement comme la pensée divine, c’est réellement que l’absolu s’est transformé vers le Un ; le poids, la diffraction, la puissance, la potentialité même de « ce qui est », qu’il soit absolu ou qu’il soit selon le Un, sont effectivement en présence ; ce qui signifie « si l’on veut se réaliser, se rendre réel, avant de mourir, il faut en passer par là, il faut actualiser ce qui est seulement replier sur le Bord du monde ».

Peu importe donc les absolus que l’on a pu explorer auparavant, ça recommence ici même autour de la méditerranée. Et sans peur. Doué de l’âme du guerrier qui ne lâchera rien. Les grecs, les chrétiens, Descartes ou Nietzsche ne lâcheront rien. La rage.

Mais ce qui va s’instrumenter sera donc les technologies adéquates. Il existait une technologie selon l’absolu au-delà, il existera ainsi une ou des technologies selon l’ici même. Technologies qui permettent d’avancer dans la structure même qui se déplace sur elle-même comme Bord du monde. Plotin est un tel déplacement, Descartes ou Lacan, et puisque ce dont il s’agit n’est pas un domaine séparément, comme serait l’éthique ou l’esthétique ou le mystique, mais est la Même exacte structure à chaque occurrence domaniale appelée, le déplacement s’inscrit tout autant comme Rimbaud ou Chopin ; c’est à chaque fois intégralement que la structure s’active et pose un Point là au-devant, forcément dans le monde, forcément comme d’une part être et d’autre part exister, qui réenroulant l’exister recompose l’être.

Si l’on active la structure de conscience ici même, elle se prend dans le seul présent (puisqu’il n’est plus d’absolu là-haut qui soit postulé), et tout autant recherche le monde, le donné tel que là que la structure du réel, telle qu’un seul présent actuellement existant (et il n’en est qu’un à chaque fois) ; l’acte de structure est à la racine lié au présent, ce qui veut dire que la pensée se relie à l’exister, à la surprise de l’exister, et veut le surprendre là où il se produit ; la raison d’être des grecs est littéralement entendue comme telle ; ce qui « produit » les choses. C’est en cela que l’on substitue à la conscience de l’absolu, l’actuellement intentionnalisé ; puisant dans la constatation du visible. Les hindouistes raisonnent tout autant que l’occidental, mais les éléments qui s’incluent dans le raisonnement philosophique sont répertoriés ici dans le monde, et c’est donc une position ontologique spécifique qui définit l’orientation du raisonnement ; c’est parce que l’occident repose sur instanciation, actuelle et ici même, qu’il ramène les éléments du donné là vers le donné là ; la question est donc l’étendue, l’ampleur du donné là.

Pour les grecs le donné là (le monde, les choses, les idées) et le là du donné (l’être, l’idée des idées, le Un) sont enroulés l’un par l’autre (littéralement « par », ce qui veut dire séparément ; le Un suscite les réalités, le Un est opérateur non pas d’union mais peut-être de réunion venant après la séparation, et dans tous les cas d’ analytique des distinctions), tandis que plus tard se sépareront l’être, le donné là, la pensée, et la structure (Descartes sépare la pensée de son origine structurelle, Kant et Hegel et Husserl et Sartre continuent la même opération, au propre ; la découpe).

Il est clair qu’il ne faut pas opposer l’être, l’essence, les distinctions, les différences d’un côté et l’exister, la structure, l’activisme de l’autre ; c’est parce que l’exister produit des distinctions qu’il embarque le monde, jusqu’à ceci ; ce qui compte premièrement c’est l’exister même (le présent pur et brut) et secondement (et tout à fait et réellement en ce cas) la pensée ; c’est parce que la pensée est, occidentalement, la prise en pinces du Bord du monde, que tout y passe et se tenant sur le Bord d’une part elle déplie ce Bord et d’autre part secoue le monde, les choses, une par une. C’est une assumation ontologique qui parcourt le devenir.

Si le Un est opérateur des différences, et porte infiniment plus loin toutes les différences, c’est non en tant qu’idée (le « un »), auquel cas il serait une idée en plus des autres, mais parce que le Un oblige à s’y inclure, oblige à s’inclure lui-même et que nous y soyons engagés ; ce qui attire instantanément que l’ici et maintenant réalise, rend réel, actualise, et soit le temps complet comme la dispersion sur l’étendue ; il n’en est qu’un seul et comme ça n’est pas une « idée » collée là sur le donné, cela veut dire que cette « idée » qui n’en est pas une, qu’elle réfléchit. Le Un ou le Même est ce qui désarticule et décolle le contenu (de conscience) de lui-même (aucune synthèse ne sera plus accessible, puisque la forme est le réel, ou pour les grecs l’a-temporalité de l’idée).

L’idée du Un se réfléchit ; le réel est en lui-même re-doublé, réflexif ; en ce que le présent est avant-tout, ou que l’exister est en plus de l’être. Elle est tordue et la torsion est au-dedans ; le Un est Un non en excluant le donné là, mais en l’adoptant ; c’est donc l’équation d’un monde empli de ruptures mais néanmoins Un, qui est en jeu réel (et non les caricatures que l’on voulut prêter aux grecs, chrétiens, Descartes, etc). Qu’il y ait torsion signifie qu’il existe un présent, et si il existe un présent il n’existe que ce présent ; cela seul qui est, est.

Ce que l’on prenait pour le résultat, assez indifférent ou négligé, soit donc le présent (qui résulterait des causes), est formellement la cause même ; à condition évidemment que l’on quitte l’explication selon la détermination et que l’on passe vers ce que réellement est l’ontologie ; et la raison d’être de toutes les raisons d’être (d’être ceci ou cela).

Le présent, l’exister est tout étal et pure surface là au-devant, chaque point est l’assumation. Lorsque les grecs ramènent ici-même l’absolu habituellement situé là-haut, ils admettent que le réel est lui-même absolument, et non au sens où le monde est l’absolu mais au sens où l’absolu est effectivement ici. Son poids tout entièrement.

Autrement dit le présent est le sens, tel quel, de « ce qui est ». Ou si l’on veut le prendre autrement, le présent est ce Sens Insensé parce qu’un présent il y a (et qui autrement, si il ne portait pas précisément l’entièrereté du réel, n’en aurait aucun, aucun Sens, pas même ce Sens Insensé, sinon d’être le « là » stupide de la constatation par la raison, le naturalisme, le moi, rétrécis). Ou encore le réel loin d’être un simple « là », est en lui-même retors et articulé, et ce ressort est le présent ; articulé non seulement parce que notre structure est en elle-même intégralement articulation (autrement dit elle n’est que mouvement à partir du réel, retour à partir du réel) mais parce que le réel est lui-même un re-doublement ; le présent ; et que notre être est l’articulation dans et par l’articulation qu’est le réel comme présent.

Le présent n’est pas créé de notre être (hypothèse qui court phénoménologiquement, qui croit encore préserver l’intériorité ou un contenu ou un Sens) mais l’inverse ; notre être est créé du présent. C’est sur et par l’exister que nous naissons.

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