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instants philosophie

Le fou, le martien et l'idiot

11 Novembre 2015, 20:15pm

Publié par pascal doyelle

Chacun est largué dans le désert. Il est deux synthèses opérantes ; d’une part l’humanisme, fondé sur l’universel, le partage du beau, du vrai et du bien, et d’autre part la personnalisation, le moi, le vécu, le corps. La vérité se partage (comme universelle) et la liberté se propage d’un moi à l’autre ; le réalisme de la rationalité remplaçant la pensée, de la naturalité se substituant à dieu-le christ (ou toute forme de "spiritualité", organisation religieuse du monde donné vécu), du moi humanisé s’imposant au sujet réel, le réalisme est ce qui se déploie intégralement sur toute la planète.

Le réalisme de la raison-naturalité-moi humanisé a remplacé les réflexivités archi (grec), hyper (chrétienne et monos), méta (Descartes et suivants) ; puisque ces configurations n’étaient pas en mesure d’assumer telles quelles un monde, un donné, un vécu et qu’il devait se concrétiser un réalisme de figurations adaptées à tout le donné. C’est contre ce réalisme que s’insurgent absolument les sujets fous ou les grands sujets mais aussi les déchainements qui devaient autodétruire l’humain ; fascismes, communismes (pour des raisons et des logiques évidemment différentes) mais aussi auto destruction de l’humain par ce qui apparemment assume plus concrètement la réalité, auto destruction donc par le libéralisme ou l’ultra libéralisme.

Parce qu’en toutes ces options il n’est aucune intelligence réelle. Le fascisme est dans l’image du retour du groupe, langage et monde localisé, qu’il prend pour la réalité totale du monde (la race, une idéologie délirante, une mythomanie hallucinatoire, etc). Le communisme croit encore que la Vérité (universelle) doit s’imposer à l’humain (recyclant donc une vieille version de la raison) et ce indépendamment de l’individualité, qui ne peut être pris en compte que dans le libéralisme et la réflexion sur soi qu’est chacun, de fait, dans cette redistribution qu’opère le renvoi de l’Etat vers, par, pour chacun (du moins idéalement).

Mais le libéralisme se prend lui-même les pieds dans le tapis, parce qu’en approuvant l’individualisme il oublie totalement qu’il est un humanisme et donc qu’il se doit à l’universel ; en somme il faut impérativement qu’une société humaine soit à la fois communiste et libérale ; que soit abolie la hiérarchie des salaires, des revenus (du moins qu’il existe un minimum assuré pour chacun, une redistribution fondamentale qui permette à l’économie, enfin pensée, de se soustraire à l’économisme, d’échapper au nécessitarisme et qui annule la ligne de mort, de massacre et d’exploitation généralisés), que l’intégralité de la société humaine soit délivrée de la privatisation (comme unique mode d’organisation des réalités, ce qui est une aberration).

Autrement dit on a choisi au plus immédiat, au plus court ou au plus stupide. Soit l’idéologie délirante du groupe humain mafieux, soit une version recyclée de « la vérité », soit un individualisme effondré vers son immédiateté. Dans les trois modes, aucune réflexivité interne à l’humain, au moi, à l’organisationnel de la société, aux finalités électives.

Pas de finalités électives en ceci que dans les trois cas il est laissé à la discrétion du donné là (qui diffère à chaque option) que notre réel soit plié en des désignations tout à fait mondaines et pauvres ; le groupe rendu fou, la vérité abstraite ou le moi imbécile.

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