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instants philosophie

Sens de l’historicité

21 Novembre 2015, 10:43am

Publié par pascal doyelle

Retournement de la réalité par le réel, l’historicité avançant.

Tous les mondes humains fonctionnent en vue de leur synthèse ; qu’ils opèrent sur le donné là, le monde d’une part mais aussi leur auto expérience dans leur communauté propre (de là que pour nombre de mondes humains il faut être né au-dedans de tel monde pour le saisir, en être saisi, dans le corps, la perception même, le langage, les échanges, etc).

Il fallait bien que cela arrive, il est quelques expériences qui tournèrent courts ; un raccourci fut inventé. On situe ce retournement avec les grecs et le chrétiens (et en partie les monothéismes). Mais grecs et chrétiens ont néanmoins continué d’assumer leur propre monde particulier ; les grecs n’ont pas converti intégralement leur monde en la philosophie, la pensée ; les chrétiens, les églises n’ont pas réalisé absolument le christique. Parce que la pensée et le christique ne sont pas tels quels traduisibles dans le monde, le donné là, le corps, le vécu.

Pensée et christique formulent deux points d’attirance qui viennent aimanter les intentionnalités et les intentions (soit donc les pensées ou les volitions ou désirs d’être). Ces deux points d’aimantation, d’orientation sont aussi de désorientation (parce que ces deux points sont à ce point Autre et exogènes au monde donné vécu qu’ils interrompent radicalement tous les mondes et déportent les contenus de conscience qui ne se fixe plus sur l’énoncé mais sur la forme de l’énoncé et la structure de cette forme ; développant un sur-discours pour ainsi dire à propos de la finalité, de la mise en forme qu’opère cette aimantation ; soit donc l’ontologie ou auparavant la métaphysique ; rappelons que l’on réserve ontologie pour la description de notre-être transformé en cet-être par Descartes et suivants).

Les points d‘attirances n’ont aucune épaisseur et aucun contenus mais consistent en un réarrangement ; soit un retournement (de la pensée sur la capacité intentionnalisatrice, ce que l’on nomme alors « idées » et puis machineries intentionnalisatrices, les systèmes), soit un renouvellement (de la conscience prise de soi-même, par le Point-Autre exogène, l’au-delà que signifie le christique, le regard tout externe qui crée l’interne de la forme de « soi » ou de (soi)).

Cette rupture est expérimentée en interne de l’arc de conscience, de l’attention à exister, est prise en charge par la philosophie qui se dévoue à penser cette rupture mais la rupture est bien plus extensive et intensive ; la philosophie en rend compte mais ne l’incarne pas (en réalité étant activiste la philosophie va modifier considérablement, pour sa part, cet arc lui-même ; on ne touche pas à l'arc en butée sur le réel sans s'y réorienter) ; cette rupture est relative à elle seule (et se déploie dans l’éthique, esthétique, politique, ou humanisation ou personnalisation, ou instanciation dimensionnelle qui débute par le christique, instaurant un Point-Autre par lequel chacun se saisit hors du couple naissance-mort).

N’ayant aucune représentation dans le monde, le donné, cet arc de conscience doit créer sa propre dimension ; laquelle n’est donc pas la « raison », ne consiste pas en un corpus, mais en un effort, une tension, un rapport en plus, qui demeure toujours et constamment en plus (de n’importe quel donné ; puisqu’il est un rapport, il est ce rapport et donc exclut tous les autres, les exclut formellement, puisqu’il est clair qu’il autorise quantité de vérités, d’intentionnalisations, aussi bien grec que chrétien, qui ouvre instantanément que chacun « ait » une conscience-autre). De sorte que le monde grec continue d’être grec et synthétique, le monde chrétien rétablit une synthèse tout autant et ainsi de suite. C’est uniquement dans la périphérie, le bord des mondes que l’on s’aimante ou non, et que l’on s’y investit et ceci plus ou moins, étant entendu que jamais (étant un bord formel) la dimension de l’arc de conscience, de l’attention à exister, ne pourra basculer tel quel lui-même dans le donné. Il est toujours à distance, étant absolument, parfaitement Autre ; il n’est aucune détermination qui définit son altérité par rapport à lui-même ; nous existons comme rapport à (soi), où le « soi » est le rapport lui-même (et non un contenu serait-il électif). Esthétiquement ou éthiquement, etc, on n’est jamais ce que l’on cible selon l’aimantation ; l’esthétique nous dé-laisse toujours sur le Bord, mais sans cet être-impossible (puisqu’il existe et n’est pas), nous n’aurions aucune expérimentation de notre bordure existentielle.

Et cela signifie donc qu’alors même que nous nous imaginons être, (comme un moi par ex), en réalité nous sommes positionnés sur le Bord, le bord du corps, de la pensée, du monde, etc.

C’est une adaptation de la pensée (grecque) qui constituera la raison, une adaptation que la naturalité (la nature comme donné là ou la nature humaine supposée) remplaçant dieu-le christ (dieu ayant hypothétiquement créé le monde et le christ convertissant notre vieil homme dans la nouvelle conscience), une adaptation que le moi comme version mondaine et corporelle du sujet ; lequel est tout à fait abstrait, extrait, en plus et doit le rester ; c’est non un défaut mais sa spécificité même que de l’abstraire, c’est parce qu’il est, comme la pensée et dieu le christ, impossible qu’il se tient comme sujet ou comme christique ou comme pensée.

C’est parce que ces configurations pensée-dieu-le christ et sujet sont abstraits qu’ils tiennent et s’instancient du point-autre d’attirance ; et c’est uniquement une réinterprétation par la raison, la naturalité et le moi humanisé qui critique ces configurations. Et tout à fait justement si l’on tient à ce que le donné soit la seule réalité, mais injustement et follement si l’on tient qu’en plus de la réalité il existe le réel, que le monde soit doué d’un Bord et que ce Bord non seulement s’existe dans le donné en tant que présent mais que de plus notre être, cet-être étrange, est lui-même existant au bord de son être, que tout corps est extrinsèquement tenu comme Bord (pour lui-même, pour le moi et l’humain).

L’interprétation réaliste de la raison-naturalité et moi humanisé tend à geler ce qu’elle conçoit et à comprendre comme fixations ce que la pensée-dieu/le christ-le sujet proposent (et à engendrer ainsi des pensées de l’altérité nietzschéenne, heideggérienne, sartrienne et lacanienne et autres qui vont en partie rétablir dans le donné là et la réalité une dimension ontologique, une réflexivité ; par la Volonté, L’Etre, l’inconscient, l’historicité marxiste, le langage, etc).

Rappelons le principe ; tout est bon à prendre. Il est hors de question de renier la raison pas plus que la pensée, la nature plutôt que le christ, le moi plutôt que le sujet ; ce sont juste des ajouts du Même et le Même est l’attention à exister ; soit donc le présent et l’arc de conscience sur ce présent. Hors de question d’ignorer l’hindouisme ou le zen ou quelque formulation que ce soit. C’est uniquement qu’il y eut un dépli soudain autour de la méditerranée qui plutôt que de supposer l’absolu au-delà (sous quelque appellation que l’on veuille) a recherché le Un ici même (le Un est de fait ici même, puisque l’on existe ou comme disent les grecs c’est ici que l’on est) et que cette opération de trouver ici même n’est pas de remplacer l’absolu par le monde, mais de réellement se saisir du Un, de l’absolu entendu comme un, dans le donné « là » ; ça n’est en aucune manière une abdication de l’absoluité, mais son renouvellement sous un point de vue exclusivement présent.

Et c’est pour cela que cette aventure dans le donné « là » (le donné là et le « là » du donné, à la fois puisque soulevant le Un, l’être, le réel on relève le monde, la réalité, le Un n’étant pas autrement que monde, mais forme du monde ou son Bord), cette aventure prend ontologiquement les expériences de la pensée, du christique, de la dimensionnalité, du sujet, puis de ce sujet ignoré dans le moi, absenté dans la raison (et la science), annulé dans les théories ontologistes directes ou les pensées de l’altérité (réintroduisant pourtant l’altérité formelle tout comme l’être des grecs ou le christ imposaient l’altérité structurelle tout aussi Autre).

Les dites expériences ; soit les aventures des arcs de consciences, instanciées par un tel ou tel autre, par Descartes ou Mozart, par Rimbaud ou Rabelais valent force de Règle ontologique sur et dans le Bord formel du réel ; c’est la même structure de chaque conscience arcticulée au réel qui avance ; pluriellement. C’est dans l’apparescence du monde, l’épaisseur des corps, la déflagration du réel, la division indéfinie de la matière énergie que toute l’ontologie se cherche ; et puisque ce qui applique la loi du réel dans l’ici même est l’arc de chaque conscience, c’est tout aussi bien en tant que se réalisant comme mois que la structure veut s’interposer dans la réalité, le corps, la tenue de « soi » ou de (soi) (selon que l’on tendra vers le donné là ou le « là » du donné).

Il n’est donc qu’une seule structure que l’attention, commençant de s’architecturer selon le Un (cad le présent et la précision constatable) par les grecs puis les chrétiens, que l'attention a pu extraire et élaborer, et qui ne tient pas aux grecs ou aux chrétiens mais étant forme supporte tous les mondes humains ou toutes les pensées ou toutes les personnalisations, etc. Qu’elle soit formelle signifie qu’elle est purement agissante ; elle est un rapport et ne possède aucune autre « être » que son exister. Et c’est cette dimension de l’exister qui fut ajouté à l’être, littéralement.

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