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instants philosophie

L'unicité et les trajets

8 Décembre 2015, 14:23pm

Publié par pascal doyelle

Chaque trajet est donc l’exploration sur le bord du monde, de la réalité, et ce à partir du réel, du présent, de l’exister ; par quoi, étant donné que chaque arc de conscience est, existe ce bord lui-même, chaque trajet est absolument (puisque la pensée consiste à retrouver dans le donné là, les traces de l’absolu jusqu’alors situé au-delà et ce en tant que Un, tout entier présent ici même) est absolument l’avancée sur le bord.

En ceci les mots, les dénominations sont excessivement précis ; l’ontologie est réellement et dans le fait même « ontologique » ; elle nomme les déplacements sur le bord ; elle cartographie la précision, le détail du mouvement étant donné que chaque pensée, idée, système est le rapport-à, au réel tenu par la structure telle quelle.

Et puisque contrairement aux pensées de l’absolu (qui ne le cédaient en rien à la précision, à la complexité, à la lucidité, à la vérité, à l’argumentation, hindouiste ou autres, mais qui présupposaient, de manière légitime quant à leur finalité propre, que l’absolu se tenait ailleurs, autrement ou au-dessus), ce que l’on a commencé de nommer strictement « pensée » (soit grecque puis autour de la méditerranée) est l’argumentation qui veut trouver dans le « là » et le « ici-même » ce qui se conçoit ; on retrouvera cent fois des parallélismes entre cette pensée du Un et les pensés de l’absolu, mais de la pensée selon le Un, l’absolu est réellement ici même et donc insécable (c’est ce que l’on veut dire par le un ; on ne désigne par là évidemment pas un « un » monolithique ou « quelque part » ou chosifié ; il s’agit du Un dans son articulation ici et maintenant, l’arc entre la conscience surgissant de la cervelle vers le présent « là » du donné, et ce que l’on a vu en tant le Un, dieu, la pensée, le sujet, etc furent utilisés afin de plus encore découper et distinguer).

Et c’est l’orientation même de l’intentionnalisation qui modifie et invente une autre source ; non plus au-delà mais ici même, dans la constatation et l’expérimentation : ce qu’il faut entendre complètement et non pas seulement à demi selon une « objectivité » seconde et plate ; lorsque l’arc de conscience commence de se saisir comme effectivement réel, en tant que pensée grecque ou dimensionnalité-autre christique (par quoi je suis Autre que ce donné là, autre que la naissance-mort, admettant, tout aussi bien que les grecs pour le monde, qu’il y a un « là » de mon être vécu mais perçu on ne sait de où, du Point-Autre au-delà, en plus) il objective là au-devant de son regard son être, et pour ce faire il part de son exister ; ce qui découpe instantanément tout le donné par le présent ; c’est donc la distance, non compréhensible en soi, qui est pensée, parce que c’est la distance qui est l’objet même intrinsèque de la pensée ; non pas donc la réflexion (d’un donné ou à partir d’un donné vers un donné) mais le dégagement hors jeu qui expose la cartographie elle-même. exposant tout l'être, du monde, c'est que l'on est parti de l'instant, du présent et de l'exister, et outre la pensée du monde, il est la réfleixvité de cet exister sur sa nature, sa structure, sa possibilité (sur le "ce qui existe antérieurement à tout monde ou tout moi ou tout corps", Sartre par ex approche l'arc antérieur à tout corps et tout moi).

Comme le Bord n’est pas inclus dans le donné, il faut élaborer de A à Z la description de ce Bord et à chaque fois il faut partir de et par ce rien, mais qui est une forme, et en tant que forme comme retour qu’opère cet être sur son exister. Rappelons que le un, le présent, l’exister n’est nullement le « présent » comme si ce dernier était le résultat, le dernier effet, négligeable, de la réalité ; le présent est l’exister, en acte, et est « ce qui cause la ou les réalités ».

Que l’arc de conscience soit vide signifie qu’il prend en charge l’exister ici même et qu’il en conclut, non pas par un raisonnement mais par une évidence « cartésienne », que le Un est instantanément ici même réalisé ; on ne peut pas outrepasser l’instant (puisqu’alors on en revient à supposer le un comme l’absolu des autres pensées qui le situe au-delà), mais on peut explorer l’instantanéité de ce qui est ; tel que, pour nous, cela se prête mais cette expérimentation est absolument réelle et fouille dans l'instant même du réel. Il ne s’agit nullement d’une exploration subjective ; parce que notre être spécifique existe effectivement et est effectivement articulé au « là » du donné (au « là » qui admet tous les donnés, tous les mondes humains, toutes les réalités).

Cela veut dire que de toute manière c’est le Un (ou anciennement l’absolu duquel on recherchait la conformité, dans les mondes cycliques ou sacrés ou éternels ou supra réels), c’est le Un qui se réalise ; quoi que l’on fasse.

Le « quoi que l’on fasse » parait annuler notre liberté, mais nous sommes situés depuis le début, depuis toujours, sur le Bord ; sur le Bord unique ; antérieurement auquel il n’y a rien. Aussi les décisions, existentiellement ontologiques, sont prises sur ce bord, sur la limite, sur le fil et engagent la structure même ; non seulement la nôtre ou celle de notre-être (transformé en cet-être par Descartes qui l’objective originellement), mais toute avancée sur le bord est en elle-même absolument réelle. Autrement dit lorsqu’on lit Plotin ou Descartes mais aussi Rimbaud ou Céline on avance sur le Bord de la réalité, sur le Bord Réel des réalités. Le trajet est effectivement effectué.

Cela signifie que les technologies anciennes (pour nous), relèvent le cheminement, l’arc de cercle qui conduit à ce qu’elles définissent comme l’absolu (au-delà) mais aussi que les technologies nouvelles (inventées par Socrate-le christ) marquent expressément le cheminement à effectuer ici même, en situant l’absolu ici même en tant que Un (et non plus au-delà) ; que ces technologies créent dans la cervelle ou à partir de celle-ci le trajet, le tracé puis le et les tissages qui dessinent l’articulation de l’arc de conscience au réel ; et donc en suivant Descartes ou Rimbaud (ou qui l’on choisira) on retrace en son articulation individuée, par la technologie en cause, les effets et les atteintes envers le réel.

Ou donc ; il faut lire Rimbaud ou Descartes pour réaliser, rendre réel le tracé vers le réel et réarticuler son arc de conscience … Il n’y a aucun autre moyen. Et ça ne se produit qu’à cet instantanéité là. Puisque le réel est le présent et que l’arc de conscience ne quitte jamais le réel, le présent. Il n’existe aucune « idée » idéelle, pour ainsi dire, qui soit éternellement suspendue ; la suspension, ce que dit Descartes, est en acte et est son propre témoin et témoignage.

C’est dans ce ramassement du réel, non pas des réalités, mais du réel qu’opèrent l’éthique ontologique, l’existentialité même qui met à jour ou entrevoit l’exister dans son mouvement. Lequel est inaliénable. Il est ce dont tout le reste part, se re-présente (se représente à nouveau mais dans des représentations schématiques). Rimbaud introduit à l’uni-réel, et comme l’uni-réel est la base-même de tout, de tout trajet, c’est le même insécable et Autre réel qui revient constamment ; non qu’il soit inidentifiable mais bien qu’il porte toutes les identités, toutes les représentations, toutes les cartes et c’est pour cela que Rimbaud est impossible à comprendre, ou Descartes ou Plotin ou Mozart ; ils renvoient instantanément, au plus possible, du réel uni-plan ; plus l’éthique et l’ascèse sont portées de se rétribuer au réel, plus elles sont incompréhensibles, étant "ce par quoi on comprend". En un mot on est saisi (alors que le moi, le conscient, le discours veulent saisir dans le contrôle ce qui existe originellement ; mais puisque cela existe originellement, cela ne peut pas se contrôler ; il faut prendre sur soi, absorber le corps et l’attention qui se génère de la cervelle).

Et ceci se réalise si l’on prend sur soi les technologies (que l’on voudra, choisira, qui nous saisiront, serait-ce même les anciennes technologies parce que le nouvelles ne contredisent pas du tout les anciennes) et se réalise plus ou moins, proportionnellement à l’investissement, à la suspension du corps, du moi, du vécu, du monde, de la réalité ; parce que ce qui s’articule consiste en l’arc de conscience, en la possibilité d’attention, à sa capacité d’attention spécifique, extrêmement précise et avançante (sur le Bord qui est le bord Réel de la réalité, ou le bord du corps ou le surface et selon l’esthétique, du corps, etc).

Puisque la lecture des signes bouleverse l’attention, et que l’attention est l’arc de conscience, toute modification intense de l’attention provoque une réorganisation de l’architecture intentionnelle ; ce qui ne dépend que de l’arc de conscience qui lit, parcourt les signes ; les signes forment donc de cela non pas du « sens », le sens est relatif au conscient ou à l’identité inerte d’un moi, mais forment des significations, renvoyant dans l’acte dans le donné là, le corps, le vécu ; le territoire qui n’est aucune carte ; le donné dont seuls sont atteints les arcs de conscience, et que l’on recouvre habituellement maintenant par des discours, le discours objectiviste se prend pour la réalité, alors que c’est uniquement l’arc qui est tendu vers la réalité via le réel ; aucun discours n’a conscience-de du réel ; c’est l‘uni-plan qui relève exclusivement de chaque point de conscience et que l’on ne peut pas penser, mais dont l’accès est strictement réservé à, en, par chaque arc.

La réalisation est littéralement une réal-isation ; le trajet à partir de l’arc s’effectue, ou non, avant que l’on meurt. Sachant que l’on ne peut pas en juger. Si l’arc de conscience était le conscient, il se pourrait qu’il puisse l’objectiver. Mais l’arc de conscience est sa seule mesure, loi, possibilité, articulation. La difficulté ne peut donc pas être plus élevée. Et pour cause c’est de l’articulé au réel, cad à ce qui existe au plus instantanément qui soit, dont il faut s’agiter (antérieurement à cet arc-au-réel, il n'y a rien ; nous sommes, nous existons sur le Bord depuis les grecs-le christique, qui révèlent une structure active qui se reprendra sans cesse par la suite, étant originellement)

Ou donc : on n’existe pas à demi (il n’est aucune retenue on ne sait où de soi-même, on est tout entier là au-devant, comme toute la réalité). Tout est « là ». Et pour chaque moi, il est de fait et impérativement un tel arc ; sinon il n’y aurait pas de moi. Le moi est si particulier qu’il contient, recélé en son « lui-même » et en deçà des déterminités psychologiques, une pro activation du réel. Pour cette raison il est un "inconscient" puisque la conscience n'est pas le conscient et se crée de et dans un horizon qui; lui, n'apparait pas ; il fait apparaitre tels et tels objets, représentations, contenus. Évidemment il dépend de chacun de l’activer ou pas … parce que c’est du un dont il est question et que le un ne dépend pas d’un autre que de lui-même ; il se tire de sa propension d’exister.

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