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instants philosophie

Structure de la motivation à exister

17 Décembre 2015, 16:03pm

Publié par pascal doyelle

Ça n’est donc pas qu’il n’existe pas de discours vrai, c’est que le discours vrai est retors et s’adresse à « quelqu’un » et va chercher cet un là où il est ; signifié par l’être ou l’exister, la pensée (qui doit être comprise mot à mot, une par une, et qui veut dire diffractée par la sur intentionnalisation grecque, qui n’est lisible que là, par eux, quitte à évidemment inventer mille mots ou mille significations pêchées non dans le langage mais dans le langage plié par l’expérimentation profonde de l‘intentionnalisation qui crée des différences, des distinctions, des perceptions et augmente notre capacité, ce qui vaut tout aussi bien pour les éthiques, les politiques, les idéels, ou bien sur les esthétiques ; une esthétique nous force à percevoir bien plus loin et tout autrement) ou la conscience de (soi), qu’elle ait modalité cartésienne, transcendantale ou hégélienne ou husserlienne (et alors on voit que si les grecs obligent notre individualité à se dépasser, les chrétiens ou à partir du christique, peu importe l’église en cause, la profondeur intentionnalisatrice est plus amenée encore à proximité du réel, et invente non plus des mots mais des retours sur « soi », intimant de se convertir, d’exister en plus selon un Autre Point).

Que l’on se plaigne de la technicité de ces obtentions, c’est ne pas admettre que c’est de technologies essentiellement neuves qui sont créées ; des moyens d’approfondir notre être et donc ce par quoi il se retourne sur lui-même ou se renouvelle. C’est aussi ne pas s’apercevoir que les cheminements hindouistes ne le cèdent en rien à la complexité ; supposant l’autre version du Même, de la Même structure ; supposant que l’absolu est au-delà, plutôt que par les grecs et le christique que l’absolu est ici même et donc que l’absolu est le Un (en quoi le dieu Un tout Autre est déjà lui-même la singulière abstraction ; la formule purement vide et sans rien, et absolument exigeante ; puisqu’en tant que un il hérité intégralement et avec l’intégrité adéquate de l’exigence et de la radicalité, de l’activisme). Mais c’est aussi ne pas comprendre que les éthiques, les politiques, les esthétiques, les idées et les connaissances ( la science, la technique, l’éducation, etc) ; transmettent selon leur mode la même Structure fine et aérée, de même que l’humanisation sous son universalisation et la personnalisation, figurant la réflexivité en et par chacun dans son acte et son arc de conscience même ; et il est bien clair que ça n’est pas l’universel qui va fouiller jusqu’au-dedans du moi, de par son corps, son vécu, son affect, sa perception ; et que donc ça n’est pas non plus la réflexion.

On a choisi de nommer l’arc de référence, l’arc de conscience (qui n’est pas le conscient) comme réflexivité ; entendant par là que ce qui réfléchit ça n’est pas le donné sur lui-même (la nature humaine sur elle-même), mais que c’est la réflexivité qui se renvoie vers elle-même. Etant le bord de la réalité ou du monde ; qu’elle renvoie à elle-même veut dire qu’elle va tout reporter de A à Z, de la tête aux pieds. Littéralement ; tout le vocabulaire au point d’inventer des mots, des signes, des orientations, et sur le corps du haut de la tête aux bas des pieds, écrivant sur, par le corps même.

Il faut que ça pénètre la peau. Qu’il se métabolise une autre vision de soi ; que le corps, le commun, le donné là, le connu naturellement, se mette entre parenthèses. Que sa surface s’agrandisse et que l’on en soit bien convaincu ; parce que l’on en sera jamais en mesure de réellement outrepasser son corps, mais qu’il faut s’y motiver en interne. Ce qui veut dire que l’on n’est jamais qu’un moi (cette sorte là d’organisation du donné là divers, du corps ou du vécu, ce bricolage, littéralement, qui peut bien croire de temps à autre qu’il est une unification, le plus souvent imaginairement et même constitutionnellement imaginaire, au sens lacanien) mais que par-ci par-là on sous-tend le sujet.

Alors on est plus ou moins fou de ce sujet réel, (qui est arc-ticulé au réel même), mais on ne peut pas l’être ; il est, par définition, par structure, impossible (sinon il en serait pas un sujet).

C’est bien en cela que les critiques innombrables du « sujet » tombent toutes à plat ; elles ciblent un sujet monolithique qui n’a jamais eu lieu ; tous les sujets réellement existants sont en mouvement ; Descartes est expressément un rapport, Kant est la description du même sujet structuralement, Hegel porte la conscience-de comme pure négativité, le sujet husserlien est d’une complexité inouïe et tout en architecture fine, le sujet nietzschéen est un acte de foi, une auto affirmation incompréhensible (il veut nous, se convaincre de la folie structurelle du sujet), le pour soi sartrien est une exigence éreintante (d’où sa morale impossible, en fait comme il décrit un être, une structure tout relève de cette éthique ontologique ; il n’y a pas une catégorie spéciale « éthique » ou « politique » parce qu’elle est toute ontologique).

Maintenir la loi impérative du sujet c’est donc prêcher de par le vide étincelant de la formule abstraite (l’être, dieu, le christ, le sujet cartésien, kantien, la négativité hégélienne, le oui nietzschéen, l’autre rimbaldien, et de temps à autre selon telle ou telle pensée de l’altérité) ; les autres positions ne sont pas des positions, ce sont des attitudes à l’intérieur de la position (qui est unique et indéfiniment déployable, puisqu’elle est au Bord du monde et ne tient pas dedans) ; on remarquera qu’au fur et à mesure de son instanciation (sur le sol réel), la structure s’enfonce et remonte de plus en plus profondément dans, de la dimension ouverte du réel ici-même ; le pour soi sartrien est plus précis que le sujet cartésien, (etc), de même le sujet lacanien est l’inversion tétanisante du pour soi ; en creux se dessine l’arc absolu, instancié du un, de conscience vide et formelle.

Dire que notre conscience (qui n’est pas le conscient, lequel n’est qu’un effet) se tient du langage est une telle absurdité qu’en aucune manière on est, ensuite, capable d’assigner ce langage ; ça n’est pas le langage qui s’enfonce dans le corps, c’est l’arc de conscience usant du langage ; de sorte que toute assignation par le langage renvoie constamment sur un autre champ. Celui du réel.

Ce que l’on ne comprend généralement est qu’il ne s’agit pas de choisir entre la conscience et le corps, la cervelle, la causalité des sociétés ou l’inconscient, etc ; l’arc de conscience est en plus et est un acte ; il présuppose tout le reste (ce que l’on a découvert comme causalismes et ceux que l’on ignore encore). Il ne faut pas traiter de la « conscience » comme si elle connaissait tout et décidait de tout en toute connaissance ou indépendance ; d’abord parce qu’elle ne décide pas à proprement parler ; elle invente. Et elle invente des liens, très limités mais suffisants, qui ne sont pas ; et selon que l’on va se penser ou se visualiser comme Autre ou non, on inventera des liens inattendus ou non. Et cette «décision » d’inventer de nouveaux rapports, elle ne se prend pas selon le conscient, mais selon telle ou telle bizarre perception de « soi » ; soudainement pour tel ou tel arc de conscience, ça ne colle pas, le réel est plus grand que la réalité ; lui apparait-il.

Il est clair qu’il faut une drôle de perception de « ce corps dans ce monde » pour se décoller les yeux.

Mais en même temps tout le monde le sait, que ça ne colle pas.

Quelqu’un donc, parfois, décide de se saisir du décrochage même. De se saisir de à partir de là où ça zippe, où ça décroche. Il apparait donc que son corps en fera les frais ; c’est une possession.

Parce que si la conscience est un arc, il ne nous appartient pas et c’est pour cela que ça n’est pas la conscience de moi, moi est juste un effet. Moi ne désire qu’une chose ; se lover. Au chaud. L’arc instancie tout autrement tout autre chose.

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