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instants philosophie

Bonheurs, heurts et malheurs des mois

31 Janvier 2016, 13:22pm

Publié par pascal doyelle

Il est bien clair que le sujet impossible est une horreur bien profonde. Mais c’est qu’il est perçu et ressenti par un sujet noyé, enveloppé dans un moi, et évidemment le moi se prend pour lui-même ; en quoi il a bien raison mais excepté que « ça » ne s’arrête pas là. Si il y a un moi c’est qu’il est perçu lui-même et la question est ; de où est-il perçu ?

C’est ce lieu qui est enquêté par la philosophie puisque tout moi, ayant été inventé à la suite de la réalisation de l’universel comme humanisation, tout moi est infiniment proche de l’arc de conscience ; du rapport au réel ; et ceci dans la perte de tout lien immédiat à quelque groupe humain, monde particulier, parole-langage que ce soit (lien que conserve le langage puisqu’il forme système, de question en réponse, l’autre étant la réponse à la question ou inversement, le langage est renversable), de sorte que tout moi est, sans protection, à proximité de la source éruptive, du structurel céleste. Mais le céleste immergé dans le monde devient fou.

Le lieu à partir duquel se perçoit un moi, cet Autre regard, n’est pas autre chose, remarquons le, que le pour soi sartrien. La définition très étrange et insituable qu’il en donne ; sa description à vif, sa dominante cartésienne parfaite. La vérité est que toutes les descriptions philosophiques se tiennent au plus près, strictement précisément, de « ce qui réellement existe ».

On a vu que l’accès à ce qui existe dimensionnellement passe forcément par le monde, le donné, mais qu’étant dimensionnel l’arc de conscience se sert de ces représentations pour renvoyer à la structure. Et la structure, l’arc de conscience, n’est pas du tout un contenu mais l’ancrage mobile sur le réel ; non pas la réalité mais le réel soit donc la position qu’un réel il y a. De fait cela s’ancre par le réel mais le réel n’a pas de détermination, ni de visage, aussi l’arc prend-t-il des appuis dans, cette fois, la réalité ; il n’y a que ces appuis dans la réalité ; de même il n’est que des mois et aucun sujet, mais le sujet, comme le réel, ne se perçoivent pas.

Rien ni personne ne perçoit le sujet, l’arc de conscience ; le moi lui-même ne se perçoit pas comme sujet. Pour admettre le sujet il faut désimpliquer la conscience du moi, et cela signifie qu’il faut dresser une dimension spécifique ; qui s’interposera entre le monde humain, le moi, le corps donné, l’immédiateté et la dimension pure et brute un jeu de consciences, d’intentionnalisation.

Si l’on administre soi-même cette suréminence il faut y travailler. Mais l’humanisation (de quelque monde que ce soit) travaille vers et pour chacun ; à sa manière ; selon l’absolu reçu de là-haut et collectivement ou selon la séparation que crée l’absolu imposé comme Un ici même et, imposant le Un, chacun est séparé puisque le un ici-même crée les représentations distordues qui contiennent la dimension ; le distordu ; en ceci que toute pensée, ce que l’on nomme pensée depuis les grecs ; l’universalisation de l’intentionnalisation, (l’extensivité) ; ou ce que l’on nomme le corps (du christique, qui maintient la naissance-mort de chacun et plus encore par son point au-delà, selon l’intensivité) ; puis par les mille accès qui se constituent autour du sujet impossible (à base christique) ; les mille accès sont rendus possibles par l’extraction si soudaine du christique qui a arraché chacun à son être donné là pour précipiter chacun dans la conscience qu’il en a, qu’il en prend , d’un point externe, forcément au-delà ; cette extraction est le prototype absolu ; manifesté comme Un ici même, et comme il est Un ici même et que le Un est Autre et structurel et dimensionnel, il se doit d’être ce corps transfiguré, et que lui-même, le christique, soit insaisissable ; il est l’excavation qui n’est effectivement pas de ce monde ; il est au minimum sur le Bord (et au maximum on ne sait où ni comment, éventuellement, lorsque l’on croit à une surexistence, que rien ne contredit ni n’affirme ici bas).

L’exigence de structure

Et on sait bien que le christique comme le grec se veulent d’une exigence très difficile, inatteignable (puisque la structure est impossible) ; et exigence que le moi, à partir du 18éme mais auparavant également (philosophie et mystique et esthétique n’occupaient que très peu en nombre de sujets) refuse et insupporte.

Mais le moi la retrouve sourdement et profondément dans sa constitution même ; l’extensivité grecque, de l’universalisation de l’intentionnalisation, qui passe outre tout groupe et tout langage, et l’intensité du christique s’ajoute la densité des arc de conscience sur et par un corps, un corps effectivement réellement « là », comme désir et angoisse, dépression et distorsion de et dans la cervelle par la folie ; le moi, son énorme quantité de malheur ou de dégout (rimbaldien, célinien), lui qui pensait retrouver concrètement sa perfection, sa perfection mais naturelle, naturaliste, réaliste, mais qui s’aperçoit ou soupçonne que son exister n’est pas son être, que jamais son être ne sera à la mesure de son exister et que l’exister se recèle dans le virtuel pur et antérieur et ne peut pas se rendre dans la réalité, le vécu, le corps naturels ; contrairement à ce que l’idéologie réaliste, naturaliste, rationaliste lui laissaient présager, de sorte qu’il se sent abandonner et franchement nul lorsque « ça n’arrive pas » …

C’est que le moi, ayant avancé par-dessus l’universalisation et l’humanisation, gardé l’inscription ; l’exigence structurelle dans, vers le réel et repousse son être par son exister ; quelle que soit la représentation dont s’affecte cet exister, la volonté pour Nietzsche ou l’être pour Heidegger ou le pour soi écrasant sartrien ou l’éthique psychanalytique lacanienne, celle de l’analyste mais surtout celle qui surprend l’analysant ; et la représentation pour un moi, de cet exister, de sa position, ici même, ici et maintenant, est à la fois une représentation mais qui signifie son corps ; pour cette raison, la psychanalyse qui avance au plus loin dans la conjonction de l’être et de l’exister, pour un moi, devient, se produit comme philosophique (lacanienne).

En somme le moi désire, mais il croit désirer selon le monde qui « naturellement » le réalisera, mais s’aperçoit que ce qu’il intégrait dans son « désir » ne relève pas du moi, ni du monde, ni à vrai dire de rien du tout, mais lui vient de la structure de conscience ; du sujet (forcément impossible) et l’atteinte uniquement structurelle, formelle ; atteinte reléguée dans le virtuel pour le moi et en accès libre dans le virtuel pour le sujet (qui accepte, accède à son impossibilité) ; la puissance indivisible du structurel, de l’antérieur pèse dans les envies que le moi croit tenir du monde, du vécu, du corps, jamais il ne s’y découvrira.

Notez bien ; il découvrira plein d’autres choses, mais pas celle-là … Il pourra être heureux, malheureux, satisfait de ceci ou cela, réalisera et inventera toutes les occurrences de la puissance du structurel lorsqu’il s’adapte au monde et passe de la pensée à la raison, du sujet au moi ou du dieu-christique à la naturalité, mais il ne trouvera pas la structure même, son impossibilité (qui est également et selon l’externe, la structure même du réel).

L'arc de conscience

L’arc de conscience (on a définitivement quitté que la conscience soit le conscient ou quelque contenu que ce soit, de même qu’il n’ait aucun « sens » mais la source même unilatéralement surgissante) est l’interpolation du corps comme surface ; ce qui bien sur n’implique pas que l’on veuille réduire l’arc de conscience au corps mais que le corps se subtilise, se vole et s’affine comme surface ; l’arc remonte le corps, mais petitement, point par point, de telle éthique soudaine ou de telle esthétique attirante ; le désir amoureux étant le très commun dépassement de soi du moi, mais qui d’une part tend à se créer, éventuellement, comme vraie possibilité, et d’autre part à retomber dans l’ignorance du sujet qu’il est ou que l’autre est ; puisque un « sujet » (dit impossible) n’apparait pas ...

Pareillement sur le prototype du christique ayant intégré le grec et se déployant par les mille accès sur cette base qui tendent à explorer l’exister en plus de l’être, et ceci en cela ; la survenue dans l’historicité de la décision de trouver ici même, grec, et ici et maintenant, christique, l’absolu en tant que Un (cad intégralement sous le yeux, de dénoyauter la structure où, par laquelle nous sommes ceci ou cela, quel que soit le ceci ou cela), la décision a basculé l’humain dans le régime second, la puissance deux ; non plus de se focaliser sur les contenus (qui aboutissaient à une synthèse toujours particulière), mais de remonter dans la structure même (les conditions de vérité plutôt que la Vérité, le conditions de liberté plutôt que tel ou tel sens de la vie, les conditions du corps plutôt que tel ou tel moi humanisé). Et il s’est trouvé que les conditions menaient bien plus loin que telle ou telle vérité et permettait de créer encore plus de vérités, de libertés, de corps. Et ceci est la grande invention, la découverte de la puissance structurelle.

Ce qui veut dire de la potentialité.

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