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instants philosophie

Devenir du temps

3 Janvier 2016, 16:37pm

Publié par pascal doyelle

Ce qui est arrivé ça n’est donc pas un système d’idées, des idées, des pensées, des représentations mais bel et bien une structure qui s’est extirpé de tout monde donné particulier, un groupe-langage, un monde localisé et son immédiateté (y compris l’immédiateté que tout groupe génère et dont il mythologise l’acquisition).

La structure qui nous est arrivé, sur la tête, en nous défenestrant, est unique et parfaitement identique en toute humanité, en toute personnalité, partout, tout le temps ; qu’il existe au moins des êtres humains, bien que l’on puisse se demander si précisément cette structure n’est pas une forme qui arriverait à quelque « intelligence » possible, qu’elle possède quatre bras ou trois estomac ; si l’on définit cette structure comme « conscience de (soi) » (en lequel le « soi » est non une identité mais le rapport lui-même, la conscience est la conscience du rapport que ce rapport est, pour lui-même et , tout autant, est en général. Si « conscience » est et n’est que le rapport qu’a le rapport de lui-même, le dit rapport est absolument comment à tout être qui n’est pas une pierre ou un courant d’air.

Exception faite pour l’animal ; en ceci que l’animal si il ne possède pas le retour, est à tout le moins sa propre peau. Sa propre peau, ce qui veut dire son corps comme interface distinctive d’avec le milieu. On y reviendra une autre fois.

Or cependant elle n’est pas évidemment seulement le rapport à soi ; parce que des « sois » il y en eut des tas ; des mayas aux égyptiens, et des tas, des tas de tribus, royaumes, empires même, etc. des tas de mondes humains qui dans le rapport qu’est n’importe quel humain, ont identifié le dit rapport à un contenu.

Lorsque la structure s’extrait de tout monde humain particulier, elle crée instantanément son langage ; qui relève non de telle expérimentation communautaire et localisé mais cible de fait le monde unique donné là et la même nature humaine en supposant que cette nature humaine est le fameux retour vers soi de notre être ; excepté qu’alors notre être devient totalement indistinct. Est-il constitué de langage ? Mais il existe des milliers de langages. D’un corps, mais je vois bien que je n’est pas le corps ; un corps est « là » et n’a pas conscience de lui-même, auquel cas cette conscience serait certes conscience de ce corps mais parce que conscience de (soi) d’abord.

Il est ainsi une verticalité, totalement incompréhensible, mais qui commence, à peine née, de dresser sa propre dimension et depuis c’est non plus dans monde humain donné ou dans un corps ou dans un langage, que nous vivons mais c’est dans cette dimension que nous existons.

Jusqu’alors prise dans tel ou tel contenu, tel ou tel monde humain, groupe, langage, synthèse, mythologisation, la structure est instantanément indépendante de tout, et chaque fois recommencera son propre trajet à partir de zéro ; n’étant pas relative aux idées, systèmes, mondes humanisés ou non, elle revient, intacte et vide, ce qui veut dire formelle.

Et c’est le portrait de ce dressage vertical qui peu à peu prend formulation, dans les heurts et les délires, les explorations et les trajets ; parce que cette structure étant parfaitement vide et par nature vide et sans rien, n’est en quoi que ce soit écrite mais n’en est pas moins un réel, un être effectivement réel et qui balaie toutes les vérités, parce qu’elle les retient toutes, mais creuse sa propre articulation et nous pousse à avancer sur le fil du réel, par-dessus les mondes.

Comme ça ne se passe pas dans le monde mais sur le bord du monde, il faut tendre son arc de conscience en propre pour pénétrer dans l’interstice entre le monde et le monde, et par cela seul le réel apparait.

Remarquons que l’idéologie habituelle veut que le donné soit seul réel ; le donné explique le donné. sauf que d’une part notre être ne coïncide de fait pas avec son exister, et que d’autre part le réel lui-même, le donné se tient d’un présent, d’un présent continuel qui parait la seule constante dans tous les mouvements.

On veut dire que le réel est déjà lui-même intégralement articulé et que son articulation tient de ce qu’il est un présent.et qu’il n’y a, en quelque sorte, rien d‘étonnant à ce que notre être propre, l’arc de conscience, soit lui-même inquiet du présent, puisque c’est justement de cet arc de présent qu’il se tient comme arc de conscience. L’arc de conscience est le repli dans le pli déjà effectif du présent.

On a dit ; non seulement il est un présent, mais le présent est « cela même qui existe ».

Lorsque l’on sort de tout monde particulier on a tendance à retomber dans un nouveau monde particulier ; parce que n’apparait que la détermination et que la détermination conduit au monde ; mais ayant été saisi par la forme sans rien, la structure, tout monde particulier, même nouvellement construit, sera bien vite abandonné et repris en un autre ; on pourra interpréter le christique par le christianisme, celui-ci ou celui-là, le christique continuera son élaboration (parce que le christique est une technologie créée pour coller adéquatement au monde donné là, sous la formulation de tout vécu tenu à distance, hors de soi, d’un point-autre radical qui rend perspective mort et naissance de chacun et tout ce qui en est contenu).

La structure est donc lancée, en plus de n’importe quel monde, de n’importe quelle humanisation qui s’établira à sa suite, mais comme la dimension du présent, activée en et par chaque arc de conscience, est la puissance même, cad la potentialité, elle outrepasse constamment toute représentation.

On a cru et on croit encore qu’il y aurait une stabilisation possible de cette structure ; en transformant ce qui relevait de la réflexivité et mettait en branle toute l’articulation dimensionnelle, qui eut un mal fou à s’élaborer et trouver quelques représentations adéquates, et qu’elle basculerait en réflexion ; la pensée, dieu, l’universel lui-même seraient simplement le rapport du donné avec le donné ; la nature humaine parvenant à la satisfaction … puisque se retrouvant dans la nature d’une part et dans la réalisation, le rendu-réel de son être.

Or la dimension, ouverte et de toute manière non refermable, cherche immanquablement à s’investir et se prend antérieurement à tout l’être ; tout l’être, ce qui signifie que l’on part et on ne cesse de partir de l’exister, on y revient de fait (puisqu’il n’est qu’un seul et unique fait et que c’est de là dont on part, constamment, dont tout part constamment) en ceci que l’exister est le Bord même de toute la réalité et évidemment antérieur à n’importe quelle représentation.

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