Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

L’autre Corps commençant

13 Janvier 2016, 09:57am

Publié par pascal doyelle

Que tout cela n’ait pas de sens, n’implique pas que ce ne soit pas réel ; mais si le réel est, alors c’est le réel qui est le sens.

Il y a le Présent, et il faut retrouver tout ce qui constitue le Présent, tous les éléments, un par un, mais ils sont splittés (ces éléments) comme des feuillets, des surfaces, et non comme des objets... de sorte que la conscience que l'on en a, rippe, glisse sur ces surfaces, et qu'il faut travailler cette conscience qui est pourtant structurellement articulée au, dans et par le Présent. Elle est cette structure, mais elle ne connait pas comment elle y fonctionne, bien que par ailleurs elle sache qu'elle y existe (différence entre être-connaitre-savoir-exister).

Et si nous sommes cet arc de conscience vers le réel, et qui surgit de la cervelle, alors le corps est la passerelle vers le dit réel et c’est cela qui l’inscrit radicalement, cet arc, dans le donné là, le monde, le vécu, le corps physiologique. Mais par-dessus.

Ainsi le corps est possédé. Et ce que l’arc de conscience invente, durant une vie, est le renouvellement du corps ; soit donc la surface du corps, le corps comme surface ; et qu’il est suressentiel que l’arc de conscience puisse se tenir du corps. Et que ces opérations forment l’éthique, et l’esthétique et la politique et l’idéel, et au tréfonds la pensée (comme réflexivité et non pas seulement comme réflexion qui laisse quant à sa part le moi comme elle l’a trouvé, pas la réflexivité). Mais puisque ça n’est plus seulement l’universalisme humaniste, mais à tout le moins l’élaboration des personnalisations, le corps va se creuser par la surface ; l’injection de la structure, de la proximité de l’arc le bouleverse. La structure, arc du réel, provoque l’extension de la dimension (qui n’est plus seulement universaliste, « plus seulement » signifiant qu’elle l’est nécessairement mais ajoute à l’humain, le phénomène de complexité exigeant que soient conservés les acquis antérieurs), l’extension de la dimension dans ou plutôt « sur le corps » (ce qu’expose fondamentalement la psychanalyse et la circonvolution de cette « surface »).

La réflexivité fut donc dès le début, grec, chrétien, ou autour de la méditerranée, le déploiement du corps dans l’interstice du là ; la forme même de l’exister acquis (soit dans le retournement grec, soit dans le renouvellement christique) consiste à trouver le moyen de se glisser en cet interstice ; il et très clair que ça n’est en aucune manière évident. C’est pour cela que l’on a condamné la pensée, dieu-le christ (les deux), le sujet, à la revendication de leur moralisme particulièrement … mais les pensées qui suivirent ; les pensées de l’altérité, de Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan ; n’en sont pas moins strictes, voir plus encore exigeantes, sous couvert de révolte, de multiplicité ou de profusion ; c’est la structure même de conscience qui est depuis le début en équilibre sur le fil du réel, le bord du monde, le maintenant unique.

Encore plus exigeantes parce que la structure gratte le réel, non suelement la réalité, et toutes ces représentations du monde, du donné, du vécu et du corps, mais le réel même et c’est le réel, l’articulation au réel qu’œuvre la philosophie ; c’est là qu’elle creuse, et qu’elle creuse la dimension ; celle qui a rompu tous les mondes, toutes les humanisations, et rompt toutes les personnalisations (puisque les mois, cette formulation hyper pointue qui poursuit la réalisation de l’humanisation au plus loin), les mois sont en première ligne ; au plus loin, cela veut dire au plus près de la matérialité (donnée là) et sur la possibilité de la matérialisation ; en un mot Dylan, Hendrix, les Beatles ou Led Zep réalisent incrusté dans leur ouvrage la surface du corps. C’est une illustration, parce que toute la représentation s’y adonne absolument, dans tous les domaines, jusqu’aux acquis et aux droits de chacun, et à l’exigence civilisationnelle intégrale, sans laquelle ne se maintient pas le degré d’acculturation.

Et on comprend bien que l’on est bien plus au-delà des esthétiques ; les esthétiques avançaient classiquement dans le rang de l’humanisme, de l’humanisation à venir, et qui fut réalisé, de l’unique révolution ; une fois acquise c’est Autre Chose qui commence. Et ce qui commence se fut la différenciation des corps eux-mêmes ; l’autre surface, la surface pénétrant le corps par le bord ; il faut bien que ça rentre, la suréminence structurelle, comme du plomb fondu par les pores.

Aussi toute la représentation possible, toute la synesthésie mentale déroulée par les deux derniers siècles sont absorbées par les corps. Et le travail porte plus loin que de seulement (si l’on peut dire) exposer un spectacle aux yeux universalistes de l’humanisme ; on est par delà le vrai, le bien et le beau.

Et puisqu’il faut relire les idéaux universalistes au regard de l’Autre Chose commençante, les esthétiques antérieures à la révolution étaient elles-mêmes le constructivisme d’un autre corps ; on se forgeait un corps universel, mais quel Autre-Corps commence à partir de la révolution unique ayant déjà imposé l’universel ?

Il est strictement impossible de mécomprendre le déluge d’individualités, d’altérités, de sciences et d’esprits de révolution si on renie l’installation universaliste, mais impossible aussi de nier l’individualisme en croyant construire un homme universel ou n’admettre que les droits de l’homme sans être saisi des droits étranges et étrangers des sujets, des hyper, ultra, supra individualistes (les individualités étrangères) ; et quoi que l’on fasse ce sera ce creusement qu’opère tout arc de conscience là où il est, dans sa matérialité même.

Mais dans le même temps il fallut continuer d’installer l’humanisation comme universelle ; on n’est pas libre sans que l’universel, qui lui parait si contradictoire, n’en forme la construction au moins basique ; il fallut convaincre de la vérité de l’universel et cela même n’est pas encore acquis, du tout, par tout l’hyper individualisme actuel.

Et dans le même temps, comme la masse des individus ne parvenaient pas au niveau des supra individualités bizarres, ils devenaient des mois, des bricolages difficiles et invivables, des maladies et des douleurs, des sexuations et des désirs et volontés, tout un imaginaire et des pans entiers d’esthétiques autres. Il faut admettre que certes l’universel (le vrai, le bien, le beau) doit continuer d’être voulu, mais aussi comprendre que c’est une autre répercutions, réarticulation qui passe outre, partout dans l’acculturation, et cherche plus loin et autrement que selon l’universalisme.

Et n’est pas acquis l’universalisme parce que dans le cadre général de l’universel mais aussi de l’individualisme qui aurait pu s’entendre universellement et structurellement, il s’est développé une vision réaliste, quand même extrêmement monolithique ; naturaliste ou personnaliste (le moi comme destination des corps-langage) ; alors que la rigueur du cadre qui acquérait l’universel et l’humanisation humaniste d’une part ,et son surcroit les sujets dans les mois d‘autre part, recherchait une bien plus constructiviste, créative structuration de l’humain ; c’est par abaissement du degré d’arc de conscience que l’on s’est rabattu dans le naturalisme (la « nature » et la « nature humaine »), le réalisme (le donné explique le donné), l’universalisme plat (chacun est responsable de sa raison, au lieu que chacun soit un sujet et que chacun soit un sujet impossible s’est créé partout et en tous et chacun).

Et en un autre sens on ne pouvait pas faire autrement, parce que la Constructiviste Articulation réclamait une autre pensée, une autre réflexivité, dont on ne possédait aucune vision, imagination, réflexivité.

Et c’est cette autre Grande Articulation que tentent de cibler les pensées de l’altérité ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan (en s’appliquant au moi de chacun, d’un sujet caché) ou la crise de la conscience européenne, ou la nouvelle humanité communiste ou ensuite bien plus tard le renouvellement des années soixante (les individualités, tout un chacun, savent bien « qu’il se passe quelque chose », et il y eut quantité de possibilités, ou de libérations ou de déploiements, Descartes ayant ouvert la voie de la réflexivité autonome ; les sujets, impossibles, se sont démultipliés en tous les sens possibles, ayant affaire justement au pur possible, à la potentialité même) ; et c’est cette Grande Articulation que tentent de coordonner les mass et micro médiatisations (qui devraient, auraient dû se vouloir, penser, imaginer comme mass et micro médiations ; la médiation est tout autre chose et fonde bien autrement la médiatisation, et néanmoins au travers des médiatisations ce sont les médiations qui traversent).

Pour pénétrer dans les corps donnés là, en passant par la surface du corps renouvelé, c’est via la représentation.

Commenter cet article