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instants philosophie

Le sujet impossible

20 Janvier 2016, 09:06am

Publié par pascal doyelle

Si l’on se fixe le regard rivé sur l’être ou sur dieu ou sur le sujet, et que l’on caricature cette positon comme chosification, on ne voit pas comme du dedans de ces intentionnalisations ça a splitté extensivement et grec, intensivement et chrétien, singulièrement et cartésien, et finalement recueillant les effets cela splitte et redivise plus encore avec la volonté nietzschéenne, l’être heideggérien, le pour-soi sartrien et l’inconscient, le parlêtre lacanien ; et c’est uniquement dans le dépli créé par la pensée, dieu ou le sujet que le sur-pli ajouté des pensées de l’altérité joue ; approfondissant la même volonté de scinder, découper, exploser la réalité dans la Même forme intentionnelle, parce que cette forme intentionnelle ne se constitue pas d’idées ou de systèmes ou d’idéologies mais d’une structure qui fut extraite de tout monde humain, de tous les mondes humains particuliers et s’est voulue, elle, cette structure, elle-même.

Ce sont donc les descriptions de cette structure avançante dans la réalité et prenant appui sur le réel antérieur à toute réalité qui se déploient là au-devant lorsque l’on remonte tout le fil de la même structure jusqu’à son origine autour de la méditerranée.

C’est une fois ayant acquis tous les mouvements que l’on s’est au contraire reposé sur la montagne et que c’est d’une structure uniquement dans le move depuis 2500 ans (au minimum) que l’on a concocté plus ou moins, en bricolant, une version molle, inerte, plate, pâle de notre réalité. ce que l’on désigné de raison réaliste naturaliste humaniste (en somme de l’établissement de la pensée comme universel, extérieur, alors que la pensée déployait son contenu réflexif et non de réflexion).

Le déploiement est dans la prise au vent qu’offrirent la pensée grecque, le sur-devenir christique et le sujet suspendu cartésien ; le reste ce sont des retombées, excepté les grands délires ontologiques de Nietzche, Heidegger, Sartre (mais qui prend en marche le marxisme) et Lacan, qui s’enfonce bien profondément au-delà de la limite extérieure et intérieure.

Ça n’est pas que la science, le sociologisme, psychologies diverses, linguistiques, anthropologies, etc, soient sans un prodigieux intérêt, mais il leur suffit d’être (selon) un moi, tandis que la pensée, dieu-le christ et le sujet les pieds en l’air, dénoyautent intégralement notre être et le transmute en Exister. En réalité sciences (rétribuées comme technologies), Etat universel (bientôt dévoré par la société civile travaillant en son creux), psychologies et autres n’ont de perturbations effectives que dans le giron structurel inventé et découvert qui s’est stabilisé, figé, gelé comme sujet abstrait (le sujet abstrait est, contrairement au sujet impossible qui est insupportable, est le sujet tel qu’ignoré par le moi, absenté par l’objectivisme et l’étatisme, annulé par les théories en vogue).

On se prend pour un moi, (on a raison en partie et d’un certain point de vue), mais en fait on est un sujet et, manque de chance, on est un sujet mais abstrait et des tas de pseudo vérités nous entrainent à interpréter le sujet impossible comme si il n’était lui-même qu’une composition du moi, du groupe, du langage, de l’Etat, des réalités (ou plutôt des discours qui rendent compte des réalités, et réalités qui passent en dessous de leurs discours, lesquels seront repris par des systèmes humains, des groupes, et on évitera soigneusement de ramener le structurel en interstices ; les discours particuliers recouvriront la surface et étoufferont les sujets impossibles).

Il est clair que couve sous la glaise, pour ainsi dire, qu’il y ait dans l’idéologie de la raison raisonnante que d’une manière ou d’une autre ça nous satisfera … Sauf que si il est un sujet impossible, ça ne risque pas.

Si le sujet est et qu’il est impossible c’est qu’il existe, et qu’ainsi ça n’est pas du tout l’être qui compte mais l’exister ; l’exister ne formera jamais un « être », par contre il est impérativement une logique interne ( ou pour mieux dire interne/externe, aux conditions mais aussi possibilités que l’on indiquera) toute entièrement externe (ce que signifie le dernier grand philosophe, à savoir Sartre qui tire la conséquence toute structurelle des précédents, en durcissant Husserl et ramenant Heidegger, tandis que Lacan se concentrera sur le dénoyautage dans un moi, dans n’importe quel moi, du « lieu » invisible, le vide interne, et se dressant comme la cathédrale noire, négative de l’arc de conscience sartrien).

Qu’il n’y ait que l’insatisfaction, c’est ce que Nietzsche, héraut de l’auto affirmation de la pure structure Autre (qu’il nomme dans le sens radical d’opposition qu’il ne peut manquer, la volonté), ce que Nietzsche recherchera ; l’insatisfaction native, originelle, le sujet impossible, celui qui existe et n’est pas (qui renie qu’il y ait l’être, jusqu’à ne pas, ne plus voir que pensée, dieu christique ou sujet certes présentaient une chosification mais non pas du dedans de leurs réflexivités, qui étaient intégralement articulation insupportables et dures, difficiles, hyper tendues, etc).

La logique surhumaine ou inhumaine ou donc dans l’ordre de la représentation la non-humanité du monde, du donné que nous présentent les sciences (l’univers ne ressemble pas du tout à ce à quoi on pouvait s’attendre), l’historicité, les systèmes (linguistiques par ex), etc. Cette déshumanisation massive du donné , du monde, du vécu (par l’ICS, par ex), se situe tout à fait exactement dans le même mouvement ; de tout il ne reste plus rien, sauf le sujet impossible, qui regarde, observe, laisse défiler devant lui toute cette altérité de ce qui est, puisque, lui, il se tient sur le Bord ; il se réserve intégralement tout le devenir qu’il y eut depuis l’émergence de la structure (lorsqu’autour de la méditerranée s’effondrent les mondes particuliers, que la logique de « monde particulier » disparait ; remplaçant par exemple la Parole, de la communauté, par le Texte sacré, puis par l’Œuvre de quelques uns).

Surgissant la structure est son propre ébahissement ; elle n’en revient pas et ne peut pas en revenir. Il faut s’habituer à ce fait ; on était déjà au bout du monde (avec les anciennes ou simplement autres pensées, hindouisme, etc) mais autour de la méditerranée on choisit, découvre et invente à la fois, un autre cheminement (et dans les deux cas on est au bout/au bord du monde). Toutes les descriptions chercheront à isoler dans le « là », l’instantanéité, la structure, la forme, l’arc, l’articulation et c’est précisément ce mécanisme dans le mécanisme, cet arc de conscience dans le présent, qui se représente dans la pensée ; ce que depuis les grecs on nomme ou ce qui s’est nommé la pensée, réflexive, puisqu’elle inverse que ce ne soit plus l’absolu au-delà, mais le Un ici même. Il est évident que la pensée ne désigne jamais des sortes d’objets, mais que ces « objets » sont utilisées comme machines accélératrices, accélératrices de l’intentionnalisation qui sort de toute intentionnalisation de groupe, de langage, de monde et sort même évidemment de ses propres contenus ; les contenus, les « idées », les fameuses, sont à utilité ; elles s’utilisent à et c’est précisément non pas ces idées mais le goût, l’orientation de leur utilisation qu’analyse la pensée, la philosophie.

Toutes les articulations très étranges de Platon ou de Descartes ou de Kant, le dessin interne aux pensées explicites, recélé. Bref cela même que l’on ne comprend pas… Pour la raison que l’on en est compris. Se tenir juste sur la pente (du Bord du monde) est cela même qui n’est pas compréhensible même pour Descartes ou Nietzsche ou Plotin, lors même qu’ils l’énoncent ; c’est cela qui doit être constamment repris du même degré d’inclinaison.

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