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instants philosophie

Arc de conscience d’une cervelle

11 Février 2016, 10:43am

Publié par pascal doyelle

Le système de conscience, ce mécanisme extrêmement formel, a pu s’imposer de par lui-même séparément de tout contenu et élaborer son architecture tout aussi formelle, mais ce ne fut pas sans mal d’une part et d’autre part de manière tout à fait pauvre et extérieure ; et la faute en revient à notre espèce, apparemment très peu douée et congénitalement ramassée sur elle-même, elle s’est ramassée tout court en fait …

Le mécanisme de conscience, soit donc le rapport à (soi) ; en lequel le dit « soi » est non pas une identité mais est le rapport lui-même et manifeste sa nature propre, purement formelle et arcboutée au réel (l’arc de conscience crée la position du « réel il y a ») ; ce mécanisme de conscience aurait du s’incruster bien plus avant dans l’épaisseur humaine, mais ça résiste et ça en trouve pas du tout son cheminement.

Un arc de conscience ça surgit d’une cervelle et se tend vers le réel, par quoi cette cervelle cesse de se morfondre dans l’irréel, dans la masse cervicale du rêve éternel, atemporel, aspatial, emplie de déterminations mais perdue, engendrant l’irréalité mentale ; et surgissant de la cervelle et n’ayant rien au-devant de soi qui puisse le combler, cet arc doit créer de toute pièce sa propre élaboration et sa construction ; il crée littéralement le cheminement ; jusqu’alors il recevait cette voie, cet accès au réel en posant l’absolu au-delà (puisque toute conscience en quelque monde humain que ce soit sent bien qu’elle relève d’une dimension et peut même travailler très rigoureusement, ,hors occident, sur non seulement l’expérience de cette altérité de la dimension, mais tout aussi bien la cohérence et la doctrine de cet absolu), mais en décidant de trouver ici même, ce qui veut dire maintenant dans, sur ce point d’espace-temps très précis, dans le monde (grec) et dans un corps (christique), de trouver l’articulation suréminente ; celle qui commande tout.

Et contrairement à toutes les habitudes elle s’en ait saisi ; ce point est amené tout doucement à sa conception exacte ; l’arc de conscience ; dont la description, passant en plus et s’ajoutant aux grecs et au christique, commence par Descartes, Kant, les idéalistes allemands, Hegel, Husserl, puis les éminentes pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) ; de sorte que ces intrusions dans le donné là ramènent sous notre regard la description de l’état du Lieu, unique et exclusif ; l’arc de conscience qui crève la réalité puisqu’elle revient du réel (toute conscience-de est déjà arcboutée au réel, c’est sa structure même). il faut donc cesser de rattacher l’arc de conscience à ses contenus, idéalistes en un mot, de Husserl ; sinon on continue de courir après on ne sait quel « sens » ; et ne percevoir plus que la description formelle ; Husserl, comme Descartes, Kant, etc, mais aussi les grecs, utilisent tel ou tel contenu extrêmement distordu afin de montrer (qu’ils le sachent ou non, comme dit Kant ; un philosophe ne connait peut-être pas réellement ce qu’il montre, et réclame ensuite, en une autre pensée, d’être compris), de montrer ce qui réellement ex-siste ; soit donc l’ex-stase qu’est toute conscience prise de « soi », du soi comme identité et non comme rapport simple et brut.

À quoi s’oppose donc la conscience déprise de toute identité, de tout sens, ce pour quoi s’élancent les pensées de l’altérité, qui comprennent parfaitement que ça n’est pas le « sens » qui compte, mais qu’il fait symptôme pour une autre logique et une autre description du réel (les épigones aboutissant à « croire » les technologies de Nietzche Heidegger, etc, et à les prendre au pied de la lettre, à les chosifier ; se prendre pour des surhommes ou des nihilistes ou des poètes de l’être, etc). C’est que la conscience déprise de toute identité n’en est pas moins individuée et même hyper individuée ; son individuation est plus profonde que l’unification du moi, ou du groupe ou de la représentation ou du contenu ; c’est à une effective ascèse qui ne le cède en rien aux ascèses compliquées des autres pensées, que Descartes ou Rimbaud ou Nietzsche invitent ; la technologie mentale « occidentalisée » est encore plus irréductible, si l’on veut, que celle qui nous cherche par l’absolu situé au-delà ; de là qu’on peut ne plus comprendre la pensée comme grecque, le christique et le prendre pour une « morale », le cartésien et couper les ponts de cela même dont on est né, et ne rien saisir à Heidegger puisqu’étant assigné à la formulation du moi, si restrictif. Le moi croit toujours qu’on va lui voler quelque chose et ne perçoit pas du tout qu’il existe un sujet (impossible, ce qu’il comprend encore moins !) étrangement individué par en-dessous. Que les racines communiquent.

On peut soit encore et toujours croire soit que l’on est ceci ou cela (et se prendre les pieds dans un objectivisme, un scientisme, un inconscient ou un homo economicus en prétextant une révolte contre le christique, l’idéalisme ou la société bourgeoise, est un symptôme d’une plus grande historicité), soit passer par le chas de la réflexivité ; et cette entrée s’effectue à l’exemple ; il n’est possible que de se couler dans une autre conscience ; puisque ça n’est pas d’idées dont ii s’agit mais d’une disposition, d’une articulation ; et comme la formulation actuelle de l’humain, de l’humain comme processus et non comme « nature humaine » universelle, éternelle, naturaliste, comme cette formulation est celle du moi

(ce qui est absolument légitime et un acquis, une acquisition décisive mais qui n’est pas le bout du bout, étant entendu que la suite à venir du moi, de l’humanisation dans la situation de moi, doit être interne au moi lui-même, de son propre chef et en aucun cas imposé extérieurement, puisque l’on n’est plus dans intériorité-extériorité, mais dans interne-externe),

puisque la formulation est celle du moi, et que le moi est un corps, pour qu’il puisse passer outre son unification, l’unification qu’il est, c’est le sujet qu’il devrait reprendre ; le sujet mais qui tout en se reconnaissant dans la pensée grecque, le christique, le cartésien et suivants et dans l’éprouvant sujet de l’altérité (nietzschéen, heideggérien, sartrien, lacanien) ne peut plus s’identifier à ces repérages (radicaux et absolus, marquant intégralement et avec toute leur intégrité la réalité et le réel), et doit donc inventer, créer sa propre structure mise à jour.

Sujet grec (que reprend finalement Badiou ; le sujet générique, le sujet créé et soumis à la vérité, alors que la vérité est une extension du sujet et que le sujet commençât d’être décrit dans sa structure par Descartes, Kant, idéalistes, Hegel, Husserl, Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan), sujet christique, sujet cartésien, sujet de l’altérité, restent parfaitement tout ce qu’ils autorisent, mais ne sont guère navigables dans le monde donné là des mois vécus en un corps …

Et c’est ce que recherche le moi dans sa Grande Représentation que sont les mass et puis micro médiatisations qui sont des mass et micro médiations (méditations de soi vers (soi) ) ; le mouvement est excessivement rusé … c’est lentement que l’image-idée de « soi » vire à l’idée-image de (soi). Il faut qu’elle pénètre le corps même. Les religions elles-mêmes (toutes, chrétienne, musulmane, hindouiste, toutes les idéologies dont on voit bien qu’un grand nombre furent défaites par l’image-idée, et rusant d’autant plus dans l’idéologie, non péjorative, du libéralisme et capitalisme, et via le réalisme naturaliste de cette idéologie) sont prises dans la refonte intégrale du corps-qui-se-voit. Et personne ne sait ce qui se passe réellement ; parce que l’on atteint alors la modification de la perception du corps qui œuvre sa surface.

Le moi recherche la sécurité en complète panique de n’être plus identifiable par quelque bout que ce soit, mais c’est qu’il (se) perçoit de l’arc de conscience, du sujet impossible, et cela n’est pas du rassurant, puisque l’arc est perché sur le Bord du monde, le Bord du corps. Et comme il est l’aboutissement de 25 siècles de réflexivité pure et dure, il est investi, qu’il le veuille ou non, de la structure vers le réel telle quelle, sans rien ; rappelons que l’aventure qui nait de la méditerranée veut le Un, ou l’absolu en tant que Un, et que donc lorsqu’il s’engage dans le monde il va remuer toute la réalité pour rassembler tous les éléments découpés, divisés par le réel ; ce qui veut dire qu’il est le réel lui-même comme éreintant le monde, le donné, le vécu et le corps.

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